En Chine, l'intelligence artificielle fait émerger une nouvelle génération de travailleurs «flexibles»
En Chine, les travailleurs dits « flexibles » représentent désormais près de 320 millions de personnes, soit 44 % de la population active. Longtemps associés aux livreurs et chauffeurs VTC, ils sont aujourd’hui de plus en plus jeunes et diplômés, portés par l’essor de l’intelligence artificielle et de l’économie numérique.
Publié le : 27/07/2026 - 13:42
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Avec notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst
En Chine, le travail flexible n’est plus seulement synonyme de petits boulots ou d’emplois peu qualifiés. Selon Huang Weiping, professeur d’économie à l’Université de Renmin, les jeunes diplômés occupent désormais une place croissante dans cette catégorie.
« Des caractéristiques dominent aujourd’hui chez les travailleurs flexibles : ils sont plus jeunes et plus diplômés, avec 60 % de titulaires d’un diplôme universitaire. Cela signifie que ce type d’activité ne se limite plus aux travaux manuels traditionnels », explique-t-il.
Contrairement aux idées reçues, les livreurs ne constituent plus le principal contingent de travailleurs flexibles. Et cette transformation est déjà visible dans les chiffres. « Avec l’essor de l’intelligence artificielle et d’internet, les créateurs de contenus et animateurs de plateformes représentent plus de 90 millions de personnes. » À titre de comparaison, la Chine compte entre 25 et 30 millions de chauffeurs VTC et environ 20 millions de livreurs de repas.
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Des emplois moins diffus et plus concentrés
Pour l’économiste, cette évolution reflète une mutation plus profonde de l’économie chinoise. Là où l’immobilier ou l’industrie créaient autrefois des emplois dans des dizaines de secteurs connexes, les nouvelles technologies concentrent davantage les bénéfices.
« Autrefois, un boom immobilier profitait à plus de cinquante secteurs. Aujourd’hui, les grands modèles d’intelligence artificielle bénéficient surtout à un nombre limité d’entreprises et de travailleurs hautement qualifiés », conclut le professeur d'économie. Selon lui, le défi n’est donc pas tant le manque d’emplois que l’adaptation des compétences à une économie chinoise en pleine transformation.
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