En Allemagne, ces patrons réclament les 40 heures, sans payer plus
20 Minutes avec agence
Publié le 09/09/2026 à 14h13 • Mis à jour le 09/09/2026 à 14h13
En Allemagne, patronat et syndicats s’affrontent sur le temps de travail hebdomadaire. Le patron du fabricant de tronçonneuses Stihl appelle ainsi à revenir à une semaine de 40 heures sans hausse de salaire, rapporte BFM Business. Il justifie cette proposition par la perte de compétitivité de l’industrie allemande face à ses concurrents étrangers : « Nous ne bénéficions plus de l’avantage de productivité sur nos principaux concurrents qui justifiait nos coûts de main-d’œuvre élevés. »
La durée légale du travail outre-Rhin est déjà fixée à 40 heures. Mais certains secteurs, comme l’automobile ou la métallurgie, bénéficient d’accords prévoyant une semaine de 35 heures, rappellent nos confrères. Ces accords, obtenus en 1984 après sept semaines de grève, concernent aujourd’hui un cinquième des salariés allemands.
Une industrie allemande fragilisée
D’autres dirigeants industriels partagent cette position. Le président du conseil de surveillance de Mercedes-Benz défend lui aussi un allongement du temps de travail, plutôt qu’une baisse des salaires qu’il juge « pratiquement inacceptable ». « Il est tout à fait raisonnable d’attendre des employés qu’ils travaillent à nouveau plus longtemps », a-t-il estimé.
Ce débat intervient alors que l’industrie allemande traverse une période difficile. Volkswagen a annoncé la suppression de 100.000 emplois d’ici 2030. La production industrielle du pays a quant à elle chuté de plus de 15 % depuis fin 2017.
Les syndicats fermement opposés
Le principal syndicat allemand du secteur, IG Metall, s’oppose fermement à ce retour aux 40 heures. Sa responsable des négociations collectives, Nadine Boguslawski, affirme que « la semaine de 35 heures rigide dont on parle parfois n’existe tout simplement pas ». Selon elle, les accords conclus entre employeurs et salariés permettent déjà d’adapter la durée du travail aux besoins des entreprises. Elle redoute surtout des suppressions de postes.
En pratique, les salariés allemands travaillent aujourd’hui moins d’heures par an que la plupart de leurs homologues de l’OCDE, avec une moyenne hebdomadaire de 37,8 heures. Un chiffre qui s’explique en grande partie par le recours important au temps partiel en Allemagne, notamment chez les femmes, indique BFM Business.