« En 58 ans, je n’ai jamais mis le feu à rien » : malgré ses dénégations, l’incendiaire du quartier Caucade à Nice jugé et condamné
« En 58 ans, je n’ai jamais brûlé quelque chose. » Jusqu’à sa dernière prise de parole devant le tribunal correctionnel de Nice, ce lundi 20 juillet, Thierry Drogat a nié être l’incendiaire du quartier Caucade.
Le premier incendie remonte au 23 juin. En pleine après-midi, une voiture prend feu près de la place Flo Bravi. Les flammes se propagent rapidement à sept autres véhicules, mobilisant un important dispositif de secours. Le second éclate le 16 juillet, peu avant 22 heures, au même endroit.
Cette fois, un passant alerte les secours depuis une borne d’appel d’urgence en précisant que l’auteur est toujours sur place. Les policiers municipaux découvrent effectivement le prévenu en train de contempler les pompiers qui s’affairent face aux flammes.
Le quinquagénaire, qui est alcoolisé, est interpellé. Sont retrouvés sur lui plusieurs journaux glissés dans son pantalon, ainsi que deux briquets. Sur les images de vidéosurveillance de la Ville de Nice, on le voit lancer quelque chose dans le véhicule qui va s’embraser quelques minutes plus tard.
Très vite, les enquêteurs rapprochent cette intervention du sinistre du 23 juin. Les images de vidéosurveillance montrent un homme correspondant en tout point au prévenu.
Le crâne dégarni, la peau brunie par le soleil, un t-shirt jaune fluo sur le dos, une valise noire à la main et une démarche hésitante, on le voit s’approcher des véhicules qui prendront, une fois encore, feu quelques instants plus tard.
Puis, ce dernier, observant à distance l’incendie avant de quitter précipitamment les lieux.
Absence de trouble psychiatrique
L’expertise psychiatrique n’a mis en évidence aucune pathologie d’ordre psychiatrique, mais relève un trouble de l’humeur non décompensé et une addiction à l’alcool.
Son casier judiciaire, en revanche, comporte plusieurs condamnations depuis 2007, notamment pour des délits routiers sur fond d’alcool et des violences. « J’ai arrêté de conduire », lance-t-il au tribunal la main droite levée pour jurer. Boire ou conduire, celui-ci semble avoir choisi.
Du ferme et un maintien en détention
Dans ses réquisitions, le ministère public insiste sur la gravité des faits, commis en pleine période de canicule alors que les sapeurs-pompiers sont déjà fortement sollicités. Le magistrat évoque également les déclarations de la mère du prévenu, selon lesquelles son fils souffrirait de troubles bipolaires sans suivre sérieusement son traitement.
Estimant que le prévenu continue de nier « malgré l’évidence » et qu’un suivi médical est indispensable, le parquet a requis une peine de 18 mois d’emprisonnement, dont six mois assortis d’un sursis probatoire renforcé avec obligations de soins et de travail, ainsi que son maintien en détention. Le tribunal a en partie suivi ses réquisitions, notamment sur la partie ferme de la peine, qui est d’un an.
En défense, Me Lorraine Vitte, s’est dite surprise que l’expertise n’ait retenu aucune altération du discernement.