taraskuzio.com

Elle était une figure incontournable du marché : grosse tristesse après le décès à 50 ans de Carine, la marchande de salades de la Libé à Nice

Le marché de la Libération, à Nice, est endeuillé. L’une de ses figures s’est éteinte, trop tôt, jeudi 16 juillet 2026 : Carine Marconcini, âgée de 50 ans. Elle avait repris l’étal et le surnom de son père, Jean-Paul, dit Monsieur Salade, parti huit ans plus tôt et qui aimait déclamer à la cantonade « Mangez de la salade, vous ne serez jamais malade ».

« Elle était solaire, lance sa voisine et copine d’étal en étouffant un sanglot. Moi je suis Tata Virginie, elle, c’était Tata Carine. On s’est connues il y a 12 - 13 ans. J’ai toujours travaillé à côté d’elle. Elle me manque. »

La mort de la commerçante a mis un gros coup au moral sur le marché. « Les clients m’en parlent. Ils sont sincèrement peinés, ils ont tous un mot gentil pour elle. Il faut dire que tout le monde l’aimait », souligne Virginie.

Marcel a connu le père et la fille. Un deuxième deuil à faire pour lui qui la considérait « comme une grande sœur » : « C’était une jolie fille, avec son caractère », résume-t-il, les yeux embués.

Les obsèques de Jean-Paul Marconcini sont prévues ce samedi 9 février, à 15 heures, en l’église Saint-Marc, 180 boulevard Napoléon-III.

Depuis avril, elle avait laissé les salades : devenue trop malade, elle ne pouvait plus les vendre sur son stand. « Elle se battait depuis deux ans contre un cancer, elle y a cru jusqu’au bout, souffle son compagnon depuis 18 ans, Sébastien Ameline. Le marché, c’était sa famille. Elle connaissait tout le monde. »

Thierry, qui tient La Fisherie, l’épicerie fine de la brasserie Le Gambetta, était un ami fidèle. « On se côtoyait depuis 26 ans. Vous savez, ici, tout le monde se connaît, alors son décès est difficile à encaisser. Saleté de crabe… Nous sommes tous touchés. Comment ne pas l’être ? Elle n’était que gentillesse. »

Une maman câline avec ses deux fils

« Carine attirait les confidences. Quand les gens avaient un problème, ils venaient lui parler, se souvient Sébastien. Elle trouvait toujours une solution, elle aidait ceux qui avaient du mal avec les papiers. » Pour lui, le choc est rude mais il tient pour les garçons.

Carine avait deux fils issus d’une précédente union : Enzo, l’aîné de 21 ans, et Anthony, 19 ans. « Je l’ai connu quand il n’avait que quelques mois », sourit Sébastien. Pour les obsèques, prévues mercredi 22 juillet 2026 à 14 h 45 en l’église Saint-Joseph de Nice, le cadet a préparé une oraison funèbre avec celle qu’il appelle sa sœur, la fille de son beau-père. « Ma mère m’a toujours soutenu, toujours encouragé. C’était une maman aimante, câline. Je lui ai tenu la main pour la dernière fois jeudi. Elle était le pilier de ma vie. Elle a été combative jusqu’au bout et restera à jamais gravée dans nos cœurs. »

Sur une table, à la place de l’étal de « Madame Salade », des fleurs ont été déposées par des amis, des clients. Ils ont aussi fait une cagnotte pour aider les garçons. Les frères comptent bien reprendre le banc de Carine. Ainsi, la troisième génération poursuivra fièrement l’œuvre de la mère et du grand-père sous l’œil bienveillant des commerçants et clients du quartier.