Éducation. Violences sexuelles à l’école : près de quatre élèves sur dix victimes en CE2
Les chiffres sont édifiants. Un tiers des élèves de CE2, CM1 et CM2 (34 %) déclarent avoir subi au moins une forme de violence sexuelle à l’école, selon une enquête de l’Éducation nationale publiée mardi. Cette proportion atteint même 42 % chez les élèves CE2, plus jeunes.
La DEPP, le service statistique du ministère de l’Éducation nationale, note que deux élèves sur dix (22 %) indiquent que quelqu’un a essayé de les embrasser, de les toucher ou de les caresser sans leur accord dans leur établissement. Il s'agit là d'une enquête sur les violences à l'école et non celles commises dans le cercle familial.
La même proportion déclare avoir été victime de voyeurisme dans les toilettes, selon cette étude réalisée par la DEPP au printemps 2025 auprès de 11 200 élèves de CE2-CM1-CM2 d’écoles publiques et privées sous contrat.
Les filles et les garçons déclarent être victimes de ces violences dans des proportions comparables.
Près de la moitié des élèves déclare avoir déjà été mis à l’écart par des camarades
Dans le détail, 29 % affirment que quelqu’un a tenté de les embrasser, de les toucher ou de les caresser sans leur accord et 28 % ont été victimes de voyeurisme dans les toilettes.
Globalement, quatre élèves sur dix (36 %) déclarent être fréquemment victimes d’au moins une forme de violence à l’école. Les atteintes le plus souvent citées sont la mise à l’écart par d’autres élèves (48 %), les insultes ou moqueries (43 %), les bousculades volontaires (38 %), l’attribution de surnoms désagréables (37 %) ou encore la participation à une bagarre (37 %).
Là encore, les élèves de CE2 sont les plus concernés. Près de la moitié d’entre eux (45 %) déclarent avoir subi des bousculades volontaires, contre 38 % des élèves de CM1 et 32 % de ceux de CM2. De même, 35 % des élèves de CE2 disent avoir été frappés, une proportion qui recule à 27 % en CM1 et à 23 % en CM2. Les insultes et moqueries concernent principalement la tenue vestimentaire (12 % des élèves) et l’apparence physique (11 %). Elles visent également le genre, en particulier chez les filles, dont 9 % disent en avoir été victimes contre 4 % des garçons.
Un élève sur deux victimes de cyberviolences
Parmi les élèves victimes d’au moins une violence au cours de l’année scolaire, 37 % affirment en avoir parlé à quelqu’un. Ils s’adressent d’abord à leurs parents (60 %), puis à leur enseignant (54 %) ou à leurs amis (41 %).
Les violences en ligne ont également été interrogées par le ministère. Près de deux élèves sur dix (19 %) disent avoir été victimes de cyberviolences. Dans le détail, ce sont 16 % qui disent avoir reçu des messages désagréables par téléphone, sur les réseaux sociaux ou des plateformes de jeux en ligne, et 7 % qui affirment que des messages ou des photos les concernant ont été diffusés sans leur consentement.
54 personnalités appellent à ce qu'un Défenseur des enfants soit nommé
Dans une lettre ouverte adressée à Sébastien Lecornu lundi, une cinquantaine de personnalités publiques demandent à qu'un Défenseur des enfants soit nommé avant la Journée internationale des droits de l'enfant, le 20 novembre. Cela fait trois mois qu'il n'y en a pas alors qu'un Défenseur des droits, François-Noël Buffet, a récemment pris ses fonctions.
« L’absence de désignation à ce poste ne peut être analysée que comme une carence et un désintérêt des pouvoirs public », estiment les signataires. « Notre pays a besoin d’une autorité indépendante qui s’attache au respect des droits des enfants et porte leurs voix. Avec une parole morale et institutionnelle forte, référée à notre droit et nos valeurs, ce Défenseur.e doit plus que jamais prendre de la hauteur dans ces temps troublés et rappeler au-delà des appartenances catégorielles et partisanes que la jeunesse en général et les enfants en particulier sont une chance, pas une menace pour la société. »
Dans le texte publié, cinq anciens Défenseurs des enfants ont signé (Claire Brisset, Dominique Versini, Marie Derain de Vaucresson, Geneviève Avenard et Éric Delemar). On retrouve aussi Adeline Hazan, présidente du Comité français de l’Unicef, Jean Pierre Rosenczveig, magistrat honoraire, président d’Espoir-CFDJ président d’honneur de Défense Enfants international-France, ancien président du Bureau International des droits de l’enfant, Arnaud Gallais, anthropologue, président de Mouv’Enfants, ex-membre de la Ciivise.