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Éducation. Rentrée scolaire : ces mesures pour renforcer la sécurité autour des enseignants

Samuel Paty, Dominique Bernard, Agnès Lassalle… La mort tragique de ces enseignants a profondément marqué la communauté éducative et le pays. La dernière année scolaire a, elle aussi, été émaillée d’agressions visant des personnels de l’Éducation nationale. En février, une professeure d’arts plastiques a notamment été attaquée au couteau par un élève de 3e à Sanary-sur-Mer (Var).

Pour renforcer la sécurité de ses personnels, le ministère de l’Éducation a prévu plusieurs dispositifs à cette rentrée dès ce mardi : « On poursuit évidemment toutes les mesures de contrôle aux abords des établissements. Nous avons réalisé plus de 27 500 contrôles depuis mars 2025, ce qui nous a permis de récupérer un peu moins de 1 000 armes blanches », a déclaré la semaine dernière le ministre Édouard Geffray, dans une interview accordée au groupe EBRA (dont fait partie notre journal) et à huit autres titres de la presse régionale. Le ministère compte aussi poursuivre son soutien aux établissements présentant des vulnérabilités de sécurité : depuis 2004, 900 d’entre eux ont déjà obtenu un soutien financier pour rénover leurs dispositifs d’alarme, leur portail ou de leurs clôtures…

Mais pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU, une politique sécuritaire ne suffit pas : « Tant qu’on n’abordera pas la question du climat scolaire d’un point de vue humain, on ne résoudra pas la question de fond des violences des élèves. » Les syndicats réclament notamment davantage de moyens pour prendre en charge la santé mentale des élèves. Lors de sa conférence de presse de rentrée, Édouard Geffray a rappelé la création de 300 postes supplémentaires d’infirmières, d’assistantes sociales et de psychologues en 2026.

Une nouvelle mesure polémique

Les altercations entre parents et enseignants sont aussi une source de préoccupation : 30 % des incidents graves dans le premier degré sont le fait de parents, selon les dernières statistiques du ministère. Le ministre a annoncé une mesure forte : à compter de la rentrée, un élève dont un parent fait peser une menace grave sur la sécurité ou la santé d’un membre du personnel ou compromet le fonctionnement de l’établissement pourra désormais être contraint de changer d’établissement, selon un décret publié en juillet. « Moi, je ne sais pas dire à un professeur qui a été molesté le vendredi soir, que le lundi matin, il est censé accueillir le parent agresseur à la grille […] On ne touche pas à un professeur, cela doit rester tabou », a justifié Édouard Geffray dans notre interview.

Une mesure qui ne fait pourtant pas l’unanimité chez les syndicats. « Le ministère part d’une bonne intention, mais la réponse n’est pas la bonne. Ce n’est pas à l’élève de payer pour le comportement de sa famille. Et avec cette mesure, c’est bien lui qui va quitter son école, ses enseignants, ses amis, son transport scolaire… », estime ainsi Jérôme Fournier, secrétaire national du SE-Unsa. Ce à quoi le ministre répond : « Ce n’est pas une sanction de changer un élève d’établissement, c’est une mesure de sauvegarde. »