Ebola: quatre chefs d’État africains réclament des financements rapides et traçables
Quatre chefs d’État africains interpellent les partenaires engagés dans la riposte contre Ebola : Félix Tshisekedi (RDC), Yoweri Museveni (Ouganda), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique) et Évariste Ndayishimiye (Burundi). Avec Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, ils publient une tribune dans Jeune Afrique. Leur message : les financements doivent parvenir plus rapidement sur le terrain et être mieux coordonnés. Cette prise de position intervient au moment où l’OMS renforce également ses recommandations pour la RDC.
Publié le : 25/08/2026 - 14:21
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Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC), de la République centrafricaine (RCA), du Burundi, de l’Ouganda, et le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) dressent trois constats.
Tout d’abord, que les annonces ne suffisent pas. Pour la riposte contre Ebola en RDC et en Ouganda, les bailleurs internationaux ont promis environ 1,2 milliard de dollars. Or, pour l'instant, seulement 816 millions de dollars ont été effectivement décaissés.
Ensuite, chaque retard prive des villages de traitements et empêche certaines équipes de surveillance d’atteindre les communautés.
Enfin, les financements utilisés en dehors des mécanismes nationaux, ou sans information précise sur leur emploi, risquent de fragmenter la riposte. Et comme Ebola franchit les frontières, les plans nationaux ne suffisent pas pour coordonner la surveillance, les laboratoires et les mouvements de population.
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Félix Tshisekedi, Yoweri Museveni, Faustin-Archange Touadéra, Évariste Ndayishimiye et Jean Kaseya font plusieurs demandes. La première : décaisser rapidement les financements promis et les aligner sur les priorités nationales.
Leur deuxième exigence est de pouvoir retracer chaque somme, avec quatre questions précises : où est-elle arrivée ? Quand ? Pour quelle intervention ? Et avec quel résultat ? Les gouvernements doivent donc connaître l’ensemble des ressources mobilisées et leur utilisation.
Enfin, les signataires demandent de financer à la fois les ripostes nationales et la coordination régionale : surveillance transfrontalière, laboratoires et équipes d’urgence…
Leur formule résume cette organisation : les pays dirigent, Africa CDC coordonne, et les partenaires soutiennent. Ils appellent aussi les États africains à investir davantage dans leurs systèmes de santé.
Déclarée le 15 mai et désormais étendue à six provinces congolaises, l'épidémie d'Ebola a déjà fait plus de 2 500 morts en RDC, dépassant en seulement trois mois celle de 2018-2020, considérée jusqu'alors comme la plus meurtrière de l'histoire du pays.
Ebola: l'OMS appelle la RDC à prendre des mesures sur les rassemblements et les déplacements
Sur le terrain, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a durci certaines de ses recommandations en introduisant par exemple un nouveau volet sur la vie sociale et les déplacements. Dans les zones de transmission, l’OMS recommande ainsi de réduire l’affluence dans les restaurants, les débits de boissons et les boîtes de nuit, de limiter les motos à un seul passager et de sécuriser l’ouverture des écoles. Elle demande aussi des contrôles sanitaires ouverts 24 heures sur 24 sur les routes vers les territoires à risque, ainsi qu’une surveillance sur les bateaux reliant les zones touchées aux grandes villes, notamment Kinshasa. En revanche, elle ne recommande ni suspension des vols ou des liaisons fluviales avec la RDC, ni refus d’entrée des voyageurs.