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Doubs. « Je préfère être ici plutôt qu’en colonie » : des vacances en famille d’accueil à quelques kilomètres de chez soi

« C’est ma famille AFB, je ne vais pas autre part. » Violette habite à Dole. Depuis trois ans, la jeune fille de 15 ans part en vacances à Osselle, dans le Doubs, à seulement 36 kilomètres de chez elle.

Ce qui était au début une obligation organisée par l’Association Familles de Besançon, lorsque sa famille d’accueil prenait des vacances sans elle, s’est aujourd’hui transformé en un moment de partage attendu de tous. Car Violette ne part ni au camping, ni en colonie, elle va simplement passer plusieurs semaines chez Amélie et Julien et leurs enfants Raphaël et Noé.

« Je préfère venir ici plutôt que d’aller en colonie », affirme la jeune fille, sans trop arriver à dire pourquoi. « C’est vrai qu’entre les foyers où elle est en collectif toute l’année et les familles d’accueil, venir ici, c’est une petite soupape. Il y a une vie de famille, c’est calme », complète Amélie.

Violette et ses « frères »

Violette hoche la tête. Entourée d’amour et de bienveillance, la jeune fille se sent en confiance. Pas besoin de partir loin, Violette peut profiter d’une piscine, du lac d’Osselle à proximité, et de « frères » avec qui s’amuser.

« Aujourd’hui, on a construit un radeau avec des bouteilles », explique Noé, 11 ans, montrant fièrement leur production. « On a fait les missions », renchérit Violette. Ce jeudi 23 juillet, les trois enfants se rendent à la boulangerie du village. « On est partis au lac de Desnes faire des structures gonflables. Ils sont également partis au chalet [la famille possède un logement en bord de Saône, N.D.L.R.] avec mon conjoint », ajoute Amélie.

« Les chouchouter pour les changer de leur quotidien »

La gérante d’une boutique de vêtements de seconde main et son compagnon posent des congés pour profiter de ces vacances avec leurs enfants et Violette. « L’objectif, c’est de leur consacrer du temps et de les chouchouter pour les changer de leur quotidien », explique la mère de famille, qui a noué un lien fort avec Violette.

Amélie et son compagnon ont déjà partagé leur vie, via AFB, avec des réfugiés politiques, entre autres. « On voulait adopter. Je voulais donner un sens à ma vie », explique la jeune femme, qui considère aujourd’hui Violette comme un membre de la famille.

Assise à la table du jardin, l’adolescente porte fièrement un short, dégoté par Amélie. « Toute ma garde-robe, c’est toi qui me l’as achetée », s’amuse-t-elle en regardant la mère de Noé et Raphaël. Leur père la chouchoute également. « La dernière fois, Noé voulait aller au KFC. Julien n’aime pas trop ça. Je lui en ai parlé. Il a dit : “Oh non, ça me saoule”. J’ai répondu : “C’est Violette, elle adore”. Et de suite : “Ah bon ben d’accord, on y va”. »

Une complicité digne de frères et sœurs

En trois ans, Violette a eu l’occasion de rencontrer les oncles, les tantes et les cousins. Mais celui dont elle semble le plus proche, c’est Noé. Les deux enfants complices partagent leur chambre et ce qu’ils appellent des « ref ». « On a “C’est naturel” », explique Violette, liste en mains, avant d’expliquer : « Alors qu’on mangeait des ficellos, Noé a jeté le papier par terre et il a dit “C’est naturel”. Du coup, on ne fait que de dire ça. » Parfois même, les deux jeunes s’allient pour se moquer, gentiment, d’Amélie.

La famille prévoit l’organisation d’un voyage en Égypte dans les prochains mois. Elle aimerait inclure Violette dans ce projet.