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Donné près de 5000 fois en 1920, ce prénom de papy revient en force dans les maternités

On le voyait partout dans les registres de l’état civil il y a un siècle avant de disparaître des radars.

On les croyait oubliés pour de bon dans l’album de famille après quelques décennies. Pourtant, les prénoms de nos grands-parents sont en train de vivre une seconde jeunesse. Marcel, Gabin, Lucien, Gaston, Léon, mais aussi Suzanne, Madeleine ou Odette s’invitent dans les carnets de renaissance grâce à leur charme rétro qui fait mouche. Car ces prénoms ont du vécu et une histoire qu’on a plaisir à transmettre. D’ailleurs, pour certains parents, ils rendent hommage à un aïeul ou à des racines qu’on chérit. Et pour peu qu’il ne sonne pas trop daté, c’est le choix idéal quand on veut éviter de faire comme tout le monde. Quel prénom coche ces critères ? On pense à Émile, le prénom vintage idéal pour un petit garçon. Et depuis quelques années, il séduit bon nombre de familles.

Émile, un prénom ancien plein de charme

Pour comprendre le charme du prénom Émile, il faut remonter jusqu’à la Rome antique. Il vient du latin Aemilius, un nom porté par une grande famille patricienne, la gens Aemilia. Quant à sa signification, les spécialistes ne s’accordent pas tout à fait. On le rattache tantôt au latin aemulus, qui désigne le rival ou l’émule, tantôt au grec aimylos, qui évoque le charme et la douceur du langage. Dans les deux cas, il ne passe pas inaperçu !

Après un long silence, il s’impose en France au XVIIIe siècle grâce à Jean-Jacques Rousseau, dont le traité d’éducation Émile ou De l’éducation, publié en 1762, fait un tabac. Très en vogue au siècle suivant, le prénom atteint son pic en 1920. D’après l’Insee, près de 5000 petits garçons (4986 exactement) sont alors prénommés Émile. Mais le quart d’heure de gloire n’est jamais bien long. Dès les années 1930, la cote s’essouffle, puis le prénom dégringole après 1950 jusqu’à ne plus séduire que de rares familles. Il passe alors pour un prénom de papy, voire d’arrière-grand-père. Toutefois, à partir des années 2000, la roue tourne. Avec la vague des prénoms anciens, Émile remonte tranquillement la pente jusqu’à frôler les 1000 naissances en 2025, ce qui le place au 58e rang des prénoms masculins.

Ce qui le rend si attachant ? Sa sonorité ronde, d’abord, avec ses deux syllabes qui glissent toutes seules. Et il se décline à volonté (Emil chez nos voisins germaniques, Emilio dans le sud de l’Europe) où il se transforme en Mimile entre copains. De nombreuses personnalités ont également porté ce prénom. On peut citer bien évidemment Émile Zola, le célèbre écrivain naturaliste, Émile Reynaud, le pionnier du dessin animé avec son théâtre optique. Plus récemment, ou pense à l’acteur américain Emile Hirsch, révélé dans Into the Wild ou encore à Émile Ntamack, le joueur de rugby.

Quel est le caractère des Émile ?

Qu’on se l’accorde, un prénom ne fait pas la personnalité. Toutefois, les dictionnaires de prénoms adorent dresser des portraits, et celui d’Émile est plutôt flatteur. On l’imagine d’abord curieux de tout, de ceux qui démontent le réveil pour voir comment ça marche et posent mille questions sur le fonctionnement du monde. Doux et réfléchi, il aime se plonger dans un livre ou dans ses pensées, quitte à passer pour un rêveur.

Ne vous y fiez pas pour autant ! Sous cette discrétion se cache un caractère bien trempé. Quand Émile tient à une idée, il n’en démord pas facilement. Pire, il a l’art de la défendre avec un humour pince-sans-rire qui désarme son monde. Fidèle en amitié, attentif aux autres, il déteste les conflits et sait apaiser une ambiance tendue d’un simple regard. Bref, une vieille âme dans un petit corps, qui à 6 ans parle déjà comme son arrière-grand-père, mais avec beaucoup plus de tendresse.