Donald Trump menace de bombarder Oman et entretient le flou sur la guerre avec l’Iran
Donald Trump menace de bombarder Oman si le sultanat intervient dans la réouverture du détroit d’Ormuz. Le président américain assure par ailleurs ne pas avoir de calendrier pour la fin de la guerre avec l’Iran, alors que le délai fixé pour parvenir à un accord arrive à son terme.
Par Julie Marie-Leconte Publié le lundi 17 août 2026 à 19:00
Donald Trump hausse encore le ton face à l’Iran. Dans un entretien téléphonique accordé à Fox News ce lundi 17 août, le président américain a déclaré ne pas avoir de calendrier pour mettre fin à la guerre, tout en affirmant que Téhéran finirait par "agiter le drapeau blanc". Mais c’est surtout contre Oman que le président américain s’en est pris ce lundi 17 août. Le sultanat joue un rôle de médiateur dans les discussions sur la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Donald Trump l’a menacé de frappes si le pays "se met en travers" des objectifs américains.
Le détroit d’Ormuz au cœur du bras de fer
Le détroit d’Ormuz est devenu l’un des principaux points de tension du conflit. Cette voie maritime stratégique, essentielle au transport mondial d’hydrocarbures, est au cœur des négociations entre Washington, Téhéran et Mascate. L’administration américaine veut obtenir la réouverture complète de la voie maritime et exerce une forte pression sur l’Iran. De son côté, l’Iran affirme avoir trouvé avec Oman un accord de principe sur une route permettant aux navires de transiter par le détroit. Les deux pays travaillent désormais à finaliser les détails d’une déclaration commune.
Mais la menace formulée contre Oman risque de compliquer le rôle de médiateur traditionnellement joué par le sultanat. Cette nouvelle escalade intervient alors que le délai de 60 jours fixé par Washington et Téhéran pour tenter de parvenir à un accord global arrive à son terme. Un mémorandum signé le 17 juin devait ouvrir la voie à une sortie de crise et à des négociations portant notamment sur le programme nucléaire iranien. Mais les discussions n’ont pas permis de déboucher sur un accord. Donald Trump avait d’ailleurs déclaré en juillet que le processus était terminé, tandis que l’Iran le considérait comme suspendu.
Une stratégie américaine toujours difficile à lire
Donald Trump présente parfois sa stratégie comme une partie d’échecs, parfois comme une partie de poker. Mais, derrière cette communication faite de menaces et de déclarations contradictoires, la feuille de route américaine reste difficile à distinguer. Washington veut empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, maintenir une pression économique maximale et obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz. Dans le même temps, le président américain affirme ne pas être pressé de mettre fin au conflit et menace désormais un pays qui participe aux efforts diplomatiques.