Dix ans de réclusion pour le masseur accusé de viols et agressions sexuelles sur ses clientes à Saint-Raphaël et Saint-Tropez
Les procès criminels sont considérés comme une étape nécessaire sur le chemin de la reconstruction des victimes. Pour les accusés aussi, l’audience peut avoir une visée bénéfique. C’est du moins ce qu’a affirmé Alain Bartolo à l’issue des débats ce vendredi matin devant la cour criminelle du Var, quelques heures avant de connaître son verdict.
« Je suis content (sic) de ce procès. Il m’a permis de me débarrasser de ce déni qui m’étouffe. Je remercie les victimes qui ont eu le courage de déclarer leurs souffrances. »
Deux heures plus tard, le septuagénaire était reconnu coupable de deux viols et quinze agressions sexuelles, faits commis à l’occasion de massages à Saint-Raphaël et Saint-Tropez entre 2016 et 2023.
Les bras croisés, il a accepté la sentence du président François-Marie Cornu sans manifester la moindre émotion : condamné à 10 ans de réclusion criminelle, Alain Bartolo devra, à l’issue, respecter un suivi socio-judiciaire de deux ans comprenant une injonction de soins. La cour a également prononcé à son encontre une interdiction définitive d’exercer une activité de soins non réglementés, et donc de massage.
« La cour a pris en compte le nombre de victimes et la période étendue de commission des faits, explique le président à l’accusé. Mais aussi votre casier judiciaire vierge jusqu’alors, ainsi que votre évolution à l’audience. Vous avez effectué un pas vers la reconnaissance des faits, il faut poursuivre le travail. »
Une évolution soulignée par Me Charlotte Muguet en défense qui, pour sa première et brillante plaidoirie criminelle, a également appuyé sur la « banalisation de l’intime » chez l’accusé. « Au fil des ans, il n’avait plus le respect de l’intimité de ses clientes. Alain Bartolo s’est enfermé dans son monde d’énergie et dans sa notoriété de masseur. Il a oublié de faire attention à l’autre. »
D’autres plaintes à venir ?
Un oubli « volontaire » aux yeux de l’avocate générale Florence Caserio, au moment de requérir 12 ans de réclusion criminelle. Le massage est alors l’outil permettant « de créer le contact sexuel ».
« Alors qu’il ne constitue jamais une autorisation tacite à un acte sexuelle » rappelle Me Jade Parienti en partie civile, quand Me Rudy Amsellem souligne que chaque partie civile était « vulnérable ». « En cela, il a un comportement de prédateur. »
« Son activité a été mise au service de ses pulsions, appuie Me Axelle Aupy. Et ce procès n’est que la partie émergée de l’iceberg. » L’avocate ne croit pas si bien dire. Selon nos informations, au moins une victime supplémentaire s’apprête à déposer plainte. Elle aurait subi une agression sexuelle lors d’un massage courant 2016 alors qu’Alain Bartolo exerçait du côté de Port-Fréjus.