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Disparition de Medhi Narjissi : mise en examen de la FFR, demande d'élargissement de l'enquête par la famille... deux ans après le drame, où en est la procédure judiciaire ?

l'essentiel Deux ans après la disparition de Medhi Narjissi, emporté par les vagues lors d'un stage de l'équipe de France U18 en Afrique du Sud, l'information judiciaire ouverte à Agen est entrée dans une phase décisive. En 2026, la Fédération française de rugby (FFR) a rejoint les rangs des mis en examen dans cette affaire aux côtés des deux encadrants, Robin Ladauge et Stéphane Cambos, respectivement préparateur physique et manager du XV de France des moins de 18 ans. Les parents du jeune rugbyman, Valérie et Jalil Narjissi, demandent que les investigations soient élargies avant tout éventuel procès. Ils veulent notamment que Florian Grill, président de la FFR, soit, lui aussi, mis en examen et que le chef de mise en danger de la vie d'autrui soit ajouté à celui d'homicide involontaire.

Le 7 août 2024, Medhi Narjissi, 17 ans, demi de mêlée du Stade Toulousain, disparaît en mer sur la plage de Dias Beach, près du cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud, lors d'un stage de l'équipe de France des moins de 18 ans. Une séance de récupération organisée par l'encadrement se déroule sur cette plage dangereuse (de nombreux panneaux autour du site l'indiquent) lorsque le jeune Agenais est emporté par les courants d'arrachement.

Deux semaines après le drame, les parents de Medhi Narjissi, Jalil et Valérie Narjissi, déposent une plainte auprès du parquet d'Agen par l'intermédiaire de leurs avocats. Le 21 août 2024, le parquet ouvre une enquête pour disparition inquiétante. Le 28 août, un juge d'instruction est désigné et les investigations sont confiées à la Direction interdépartementale de la police nationale d'Agen. Le 15 octobre 2024, au vu des premiers éléments recueillis, le parquet d'Agen ouvre une information judiciaire pour homicide involontaire. L'instruction désigne rapidement deux principaux responsables présumés : Robin Ladauge, préparateur physique, auquel il est reproché d'avoir organisé l'activité sur la plage ; Stéphane Cambos, manager de l'équipe de France U18, pour ne pas s'être opposé à cette initiative malgré les risques. Robin Ladauge, défendu par Me Céline Lasek (barreau de Paris), est entendu en audition libre en janvier 2025 à Nanterre. Stéphane Cambos est placé en garde à vue à Agen le 15 avril 2025. Le préparateur physique est mis en examen le 16 mai 2025, puis le manager le 2 juin 2025, tous deux pour homicide involontaire. Ils sont présumés innocents.

La Fédération française de rugby mise en examen

Le 24 avril 2026 marque un nouveau tournant dans le dossier. Convoquée devant la juge d'instruction du tribunal judiciaire d'Agen, la Fédération française de rugby (FFR) est mise en examen en tant que personne morale pour homicide involontaire. Présent lors de cette convocation, le président Florian Grill affirme qu'il s'agit d'une étape procédurale et non d'une reconnaissance de culpabilité. La défense de la Fédération soutient que la décision d'organiser une baignade sur une plage dangereuse constitue une faute grave, mais qu'elle relève exclusivement de l'encadrement présent sur place et non de l'institution. Pour le moment, Florian Grill n'est pas poursuivi dans cette affaire. La FFR est présumée innocente.

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La mise en examen de Stéphane Cambos confirmée

En juillet 2025, Stéphane Cambos, par l'intermédiaire de son conseil, Me Arnaud Dupin (barreau de Bordeaux), a contesté sa mise en examen devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Agen, estimant qu'il n'existe pas d'indices suffisamment graves ou concordants contre lui. Le 12 novembre 2025, les juges ont rejeté sa requête et ont confirmé intégralement sa mise en examen pour homicide involontaire. À noter que Stéphane Cambos a déposé une plainte contre la Fédération française de rugby pour dénonciation calomnieuse, estimant avoir été injustement mis en cause par le rapport interne de la Fédération.

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Les parents réclament un élargissement de l'enquête

Le 29 juin 2026, les parents de Medhi Narjissi sont reçus par la juge d'instruction Agnès Navarro et le procureur de la République Olivier Naboulet. Ils sont informés que la magistrate envisage la clôture prochaine de l'information judiciaire, préalable à une éventuelle décision de renvoi devant le tribunal correctionnel. La famille estime toutefois que l'instruction ne doit pas s'arrêter là. Par l'intermédiaire de leurs avocats, les parents demandent un réquisitoire supplétif afin que l'enquête soit étendue à des faits de mise en danger de la vie d'autrui. Ils désirent également que la procédure concerne l'ensemble des encadrants (dix en plus de Robin Ladauge et Stéphane Cambos), le voyagiste de Pretoria Frédéric Plachési (qui a organisé le séjour de l'équipe de France U18) et la Direction technique nationale (DTN). Ils sollicitent également la mise en examen à titre personnel de Florian Grill, président de la Fédération française de rugby, déjà représentant légal de la personne morale mise en examen. Concernant le voyagiste en Afrique du Sud, il n'a pas toujours pas été entendu par la justice française. La demande des avocats des Narjissi a été refusée par la juge d'instruction. Les conseils ont donc fait appel devant la chambre de l'instruction, qui examinera ce recours le 2 septembre, rapporte France Info. À ce stade, l'information judiciaire est toujours en cours. La juge d'instruction doit désormais décider si elle ordonne de nouveaux actes d'enquête ou si elle prononce la clôture de l'instruction en vue d'un éventuel procès devant le tribunal correctionnel.

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Un coéquipier de Medhi Narjissi a déposé plainte

Une plainte a été déposée ces derniers mois par le joueur du Stade Toulousain Noa Tinnirello, coéquipier de Medhi Narjissi présent lors du drame, qui avait, lui aussi, failli être emporté par un courant d'arrachement. Aujourd'hui majeur, celui qui est l'un des meilleurs amis du rugbyman Agenais a porté plainte en son nom propre. Auparavant, son père s'était constitué partie civile dans le dossier, tout comme le Stade Toulousain.

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Une nouvelle avocate pour représenter la famille Narjissi

Représentée par Mes Édouard Martial et Victor Casellas, du barreau d'Agen, depuis le début de l'affaire judiciaire, la famille Narjissi a étoffé son équipe d'avocats ces derniers mois. Juste après la mise en examen de la FFR, Me Fanny Colin, pénaliste du barreau de Paris, est entrée dans le dossier aux côtés des "robes noires" agenaises. Avocate, entre autres, du chanteur Patrick Bruel et du footballeur marocain du PSG Achraf Hakimi, Me Colin arrive à un moment clé de l'instruction, au moment où la famille demande à la justice un élargissement de l'enquête. Enfin, entre l'été 2025 et le printemps 2026, Jalil et Valérie Narjissi s'étaient attaché les services de Me Arnaud Péricard, un autre avocat du barreau de Paris spécialisé en droit du sport. Celui qui est le maire de Saint-Germain-en-Laye est notamment le conseil du footballeur Adrien Rabiot et du boxeur Tony Yoka.

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Un troisième juge d'instruction dans l'affaire ?

Fin août 2024, Serge Rey, magistrat du tribunal judiciaire d'Agen, est désigné comme juge d'instruction de l'affaire Narjissi à la suite de l'ouverture d'une enquête pour disparition inquiétante par le parquet d'Agen. En septembre 2025, Serge Rey a fait valoir ses droits à la retraite et a confié le dossier à Agnès Navarro. Un an après, cette dernière pourrait, elle aussi, passer la main, selon L'Équipe. Mutée dans une autre juridiction, elle pourrait clôturer l'instruction avant de quitter le tribunal judiciaire d'Agen. Si elle accède aux requêtes des parents de Medhi Narjissi et de leurs avocats, les investigations supplémentaires seront confiées à un nouveau juge d'instruction. Le troisième en deux ans.

Robin Ladauge révoqué de la fonction publique et interdit d'exercer pendant 16 ans

Outre les procédures pénales, les procédures administratives se poursuivent également dans le dossier de la disparition de Medhi Narjissi. Une enquête administrative conduite par l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) a pointé de graves dysfonctionnements dans l'organisation du déplacement. Le rapport évoque notamment une "préparation défaillante du séjour" ainsi que des "missions insuffisamment formalisées" pour les encadrants de l'équipe de France U18. Les deux membres de l'encadrement concernés - Robin Ladauge et Stéphane Cambos - ont fait l'objet de sanctions.

Mis en examen le 2 juin 2025 et placé sous contrôle judiciaire avec l'interdiction d'exercer toute activité d'encadrement impliquant des mineurs, le préparateur physique de l'équipe de France des moins de 18 ans, Robin Ladauge, a été révoqué de la fonction publique en août 2025, la sanction disciplinaire la plus sévère pour un fonctionnaire. Quelques semaines plus tard, le préfet a également décidé de lui retirer sa carte professionnelle d'éducateur sportif jusqu'en 2042, rapporte l'Equipe. Âgé de 48 ans, il ne pourra donc plus encadrer une équipe de rugby pendant seize années. Robin Ladauge était celui qui avait organisé la séance de récupération au cours de laquelle Medhi Narjissi avait disparu en mer. Selon les informations de l'Equipe, le Conseil départemental de la jeunesse et des sports avait émis un avis favorable à une suspension de dix ans de sa carte professionnelle. Le préfet aurait finalement retenu une sanction de seize ans en raison d'une intervention politique « très haut placée » au ministère, selon Robin Ladauge. 

L'ancien manager de l'équipe de France U18, Stéphane Cambos, a lui aussi été mis en examen pour homicide involontaire sans contrôle judiciaire. Sur le plan disciplinaire, il a été sanctionné par une suspension de deux ans, dont un an ferme. Cette mesure doit prendre fin le 2 septembre 2026, date à laquelle il devrait être réintégré dans ses fonctions de cadre d'État.