Directeur général de Libramont, Maximilien Gueibe sort de sa réserve: "Les attaques visent maintenant les agents communaux"
Moment suspendu à la fin du conseil communal de Libramont, mercredi soir, quand Maximilien Gueibe a demandé à prendre la parole. Chose inédite dans son chef. Ce qu'il avait à dire reflète le profond malaise ressenti par celles et ceux qui sont au service des autres et qui sont la cible d'énergumènes sur les réseaux sociaux. L'effet amplificateur des propos tenus en ligne blesse profondément les femmes et les hommes visés. Et, si le directeur général de Libramont monte au créneau pour dénoncer un phénomène qui prend de l'ampleur, c'est, dit-il, parce que c'est malheureusement le lot de tant d'institutions. Libramont n'est pas un cas à part.
Voici quelques extraits de ce qu'a expliqué Maximilien Gueibe, longuement applaudi par les élus après son intervention:"D'aucuns penseront peut-être que je sors de mon rôle de directeur général mais je constate avec regret, comme beaucoup d'autres responsables publics d'ailleurs, une évolution préoccupante de certains modes d'expression, notamment sur les réseaux sociaux. Au-delà de la critique légitime des décisions publiques, ce sont désormais les institutions elles-mêmes, ainsi que les femmes et les hommes qui les servent, qui sont mis en cause.Si je prends exceptionnellement la parole, c'est parce que cette préoccupation dépasse le seul cadre de notre commune. Elle concerne le respect que nous devons aux femmes et aux hommes qui servent chaque jour nos institutions publiques, souvent avec discrétion, toujours avec professionnalisme et dans le seul souci de l'intérêt général.
Chacun est naturellement libre d'exprimer son opinion, de questionner les décisions prises par les autorités communales, de formuler des critiques ou de marquer son désaccord. Cette liberté est d'ailleurs précieuse et constitue, à mes yeux, l'un des fondements essentiels de notre démocratie".
"La cible d'attaques personnelles"
Le directeur général constate toutefois que "depuis quelque temps une multiplication de publications sur les réseaux sociaux dépassent le cadre du débat d'idées. Des affirmations inexactes, des procès d'intention, des accusations formulées sans vérification préalable ou encore des commentaires blessants circulent de plus en plus fréquemment.Plus préoccupant encore, ces attaques ne visent désormais plus seulement les élus. Elles s'adressent aujourd'hui également, parfois directement, aux membres de l'administration communale, à des agents qui accomplissent leur mission avec professionnalisme, neutralité et dans le respect des règles qui leur sont imposées.
Ces personnes ne prennent pas les décisions politiques. Elles mettent en œuvre les décisions des autorités compétentes, qu'elles soient communales, régionales ou fédérales, et assurent chaque jour la continuité du service public au bénéfice de tous. Ils ne devraient jamais devenir la cible d'attaques personnelles, d'insinuations ou de mises en cause publiques."
Des dossiers complexes
Les dossiers communaux, poursuit Maximilien Gueibe "sont souvent plus complexes qu'ils n'y paraissent. Ils sont encadrés par des dispositions légales, des procédures administratives et des contraintes qui ne sont pas toujours visibles ou compréhensibles pour le grand public. Avant de réagir ou de relayer une information, il est donc toujours utile de prendre le temps de se renseigner auprès des services compétents plutôt que de se fier à des informations incomplètes ou à des réponses générées sans connaissance du contexte local et de la législation applicable.
Les réseaux sociaux peuvent amplifier des informations erronées, nourrir les tensions et porter atteinte à des personnes qui, en raison de leur devoir de réserve, ne peuvent ni ne souhaitent répondre publiquement."
Et le directeur général de conclure : "Je souhaite lancer un appel simple: un appel au respect, à la responsabilité et à la mesure".
A Aubange aussi
Une charte pour modérer les propos sur les réseaux Une problématique subie aussi à Aubange ou à l'unanimité, les élus ont adopté une charte d'utilisation et de modération des réseaux sociaux utilisés par la Ville d'Aubange. "C'est une volonté des services, notamment du service Communication qui en a marre de subir les affres des réseaux sociaux, explique le bourgmestre François Kinard. En rendant public cette charte, cela pourra permettre aux services d'intervenir plus facilement dans la modération des pages. Il n'y a pas de but politique derrière", insiste le mayeur.
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