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DIRECT. Narcotrafic à Toulouse : quel rôle a joué chacun des accusés dans ce trafic de drogue hors norme ? 16 ans de prison requis contre Mohamed Zerrouki et Badreddine Abbou, la défense plaide cet après-midi

l'essentiel Ce mercredi, le procès de celui surnommé le "boss" des Izards, Mohamed Zerrouki, et de certains de ses proches, se poursuit devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne pour l'organisation d'un trafic de drogue qui leur aurait permis de générer 3,7 millions d’euros de chiffre d'affaires en dix-huit mois. Hier, le principal accusé a nié l'ampleur du trafic et des montants échangés, utilisant même le mot "miettes", malgré les écoutes qui le contredisent. Aujourd'hui, place au réquisitoire et à la défense. Et peut-être un verdict dans la foulée.

  • Depuis lundi, les débats ont repris devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne au palais de justice de Toulouse. Mohamed Zerrouki et ses trois autres co-accusés sont jugés dans un dossier de trafic de drogue et de blanchiment lié au quartier des Izards. Un cinquième homme est toujours en fuite.
  • Depuis le début du procès, les arcanes de ce narcotrafic qui aurait généré pas moins de 3,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en dix-huit mois sont décortiquées, ainsi que le rôle joué par chacun des co-accusés.
  • Hier, le binôme Mohamed Zerrouki-Badreddine Abbou, le duo à la tête de ce trafic, a nié son importance, évoquant seulement des "miettes". Ce mercredi, place au réquisitoire et aux plaidoiries de la défense. Le verdict ne pourrait être rendu que demain. Les quatre accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

15h06.

"Une intelligence, des capacités pour passer à autre chose ?"

"Ce n'est certes pas un commerçant aux mains propres, il le sait. Il sait que la détention l'attend, qu'il va devoir retourner à Vendin-le Viel mais pour combien de temps ? Là se trouve la vraie question. Et il faut forcément prendre en compte sa personnalité. Un des avantages de la cour d'assises, c'est que vous avez eu le temps de l'écouter. Quand même, vous connaissez des trafiquants de stupéfiants et ils ont un profil bien plus inquiétant."

Son défenseur ne l'oublie pas, l'enfance de son client, "seul à 9 ans avec sa mère et ses frères dans un pays dont il ignore tout, même la langue, n'est sûrement pas un cadeau. D'accord tous les enfants des Izards ou de La Reynerie ne deviennent pas des trafiquants. Masi à 15 ans, sans un centime, quand la famille n'a rien à manger, il faut aider, trouver un moyen. Alors il a rendu un service, puis un autre... Et, le temps passe, et on se retrouve à fournir de la cocaïne."

Me Parra-Bruguière n'oublie pas "des aveux, quasi immédiat lors de sa garde à vue". Pas simple. Mais cet homme le sait, "c'est aussi un mal pour un bien. Il le veut, il vous l'a dit, passer à autre chose. Utiliser sa personnalité, son intelligence, pour autre chose, une autre vie. Il en a les capacités."

Il faut revenir sur les dossiers. Et sur ces stupéfiants qui sont arrivés aux Izards. "5 kg par mois. Vous vous êtes étonnés madame l'avocate générale mais si c'est faux, prouvez le moi, plaide la défense. Et les 100 kg, il vous l'a dit, ne sont jamais arrivés. Qui peut démontrer le contraire ?"

14h49.

"Un fournisseur oui, un associé non" défend Me Parra-Bruguière

Me Alexandre Parra-Bruguière ne cache pas "son tract. Parce qu'l y a un enjeux, une peine importante", dit-il en défense de Badreddine Abbou. Un homme de 39 ans, qui a grandi entre Rotterdam et Toulouse, et qui n'a jamais caché "avoir toujours gravité dans le milieu des stupéfiants".

L'avocat veut relativiser : "Pourquoi cette juridiction criminelle. Pourquoi pas un tribunal correctionnel ? On est ici parce que l'on juge le "boss" Zerrouki, le chef des Izards, ce quartier qui entraîne bien des rumeurs, au palais de justice comme dans les médias. Mais tout ça reste un trafic de stupéfiants. Et est-ce que ce trafic vaut le double de l'autre trafic des Izards, celui jugé après les arrestations à Saint-Tropez de juin 2020 ?"

L'avocat ne le pense pas mais ne se lance pas dans un travail d'épicier, à discuter "les quantités". "Oui quand j'étais retourné en Hollande en 2018, M Zerrouki m'a demandé de la cocaïne. Mais founisseur, ce n'est pas associé." Et un fournissseur qui n'est pas unique, "Monsieur Zerrouki l'a reconnu hier", rappelle l'avocat.

Me Alexandre Parra-Bruguière défend Badreddine Abbou.
Me Alexandre Parra-Bruguière défend Badreddine Abbou. DDM - Marc Salvet

14h20.

"Pouvait-elle savoir ? Non, et son train de vie n'avait rien d'exceptionnel"

"Reste sa connaissance de ce qui se passait. Le train de vie a-t-il pu l'aider à savoir ? Pas si évident. D'abord parce que contrairement à ce qui est affirmé, il n'existe pas de disproportions marquées. Un exemple ? Lors des perquisitions, on ne retrouve pas d'argent liquide dans ses affaires."

Me Campario s'attarde sur le maison de Buzet. "Pouvait-elle savoir ? Non seulement, le bâtiment n'est bien sûr pas sa spécialité mais elle n'avait pas grand-chose à dire sur ce projet. Et de manière générale, que peut-elle savoir des activités de son époux dont elle a partagé la vie pendant dix-sept ans ? Son mari le dit : "Elle ne savait rien." Et L'avocate insiste : "Son train de vie n'avait rien d'exceptionnel. Quant à ses cadeaux, son vestiaire, ses sacs, il y a beaucoup de contrefaçons. Et même chose pour ses bijoux. Rien qui ne s'attache à un train de vie dispendieux."

L'avocate insiste aussi sur l'affaire de 2017 où Mohamed Zerrouki a bénéficié d'un non-lieu. "Une preuve de sa non implication. Un moyen, aussi, de combattre auprès de son épouse le poids négatif de la rumeur du quartier."

Ces arguments ne ramènent par le sourire le visage de l'épouse de Mohamed Zerrouki, toujours seule au premier rang de la salle d'audience, vêtue avec son immuable tee-shirt et survêtement noir. Me Campario retourne les écoutes :" Elle lui dit quoi ? Toi, tu n'es pas mouillé dans le trafic. Et si elle a peur, c'est le poids de la rumeur du quartier des Izards. Je l'affirme : cette femme ne pouvait savoir, elle ne pouvait pas connaître le rôle de Monsieur Zerrouki !"

Me Elena Camaprio demande à la cour "de pas incarcérer cette mère de famille". Un sursis probatoire serait "plus utile". "Pour recevoir des soins et pour pouvoir s'occuper encore de ses enfants. Sa place est auprès d'eux."

14h02.

Reprise des débats avec la défense de Madame Zerrouki

"Dossier inhabituel a dit Madame l'avocate générale sur ce dossier ce matin. Je reprends la formule concernant la place de cette mère de famille. Pourquoi elle, pourquoi pas les autres ? Cette femme, c'est d'abord une épouse, amoureuse à qui reproche de ne pas savoir. Pas connaître les activités illicites de son mari, est-ce vraiment impossible ?"

Me Elena Campario s'étonne "du peu d'éléments que possède l'accusation à l'encontre de cette femme. On lui reproche de ne pas avoir identifié sa cuisine, cette table avec les billets. Mais en garde à vue, pour la première fois, on peut imaginer sa surprise, son malaise. Aujourd'hui, seule et loin du père de ses enfants, elle s'est libérée. Aujourd'hui elle se pose des questions, elle essaye de comprendre. Elle peut. Lui est incarcéré, elle libre, loin de son influence négative."

Me Elena Campario défend l'épouse de Mohamed Zerrouki défendu, lui, par Me Mourad Battikh.
Me Elena Campario défend l'épouse de Mohamed Zerrouki défendu, lui, par Me Mourad Battikh. DDM - Marc Salvet

"On lui reproche des dépôts en espèce sur son compte bancaire. Mais combien ? Excepté un peu plus de 2 000 euros au début de la période de prévention, en 2014, ce sont de petits dépôts. J'ai calculé : 59 dépôts d'argent liquide en sept années. Des opérations qui sont inférieures à 600 euros. Et ces dépôts sont liés à ce qu'elle a expliqué, la location de robes. D'ailleurs en 2020, une seul apport de 600 euros est comptabilisé. Pourquoi ? Parce que avec la crise sanitaire du Covid, mariage et soirées de fête n'ont pas lieu."

12h16.

L'audience est suspendue

Fin des premières plaidoiries.

Reprise des débats à 14 heures.

Le verdict sera rendu demain, jeudi 10 septembre.

11h50.

Me Pierre Le Bonjour conteste "une complicité inexistante"

Me Le Bonjour poursuit la défense d'Hakim Boudjellah, "un homme sur qui ont fait peser beaucoup de choses sur les épaules sans véritables éléments à charge, ni beaucoup de questions." Et malgré les six ans requis, Me Le Bonjour "conteste les réquisitions parce que on lui reproche quoi ? Un transport de stupéfiants, entre deux points à Toulouse, une plaquette de cannabis. L'argent ? Pas 100 ou 200000 euros, non. Et son lien avec M Zerrouki ? Une rencontre en 2017 ? Et en 2020 on le retrouve. Pourquoi ? Il 'a pas le profil habituel des dossiers de stupéfiants. Il rend service, il amène Zerrouki au garage. Et après d'autres coups de main. Pourquoi ? Il est en galère, ne trouve pas de travail alors il rend service. Et comme il est sérieux, et bien ça continue..."

Mais pas au point de devenir un complice actif, sûrement pas le complice "d'un groupement lié à une activité illicite", insiste Me Le Bonjour. Et avec un profil "d'homme sérieux, respectueux dont l'incarcération se passe sans aucune difficulté". "En quoi a-t-il été complice de la direction du groupement ? Déjà, savait-il, connaissait-il l'existence de ce groupement ? Rien ne le démontre." Et ses activités "limitées ne le rendent pas coupable de complicité", affirme l'avocat soucieux de limiter son implication dans les autres infractions "sur seulement quelques mois". "Et à côté des importations, à côté des profits, à côté de la réalité de ce trafic !"

Mes Dupoux et Le Bonjour sont les premiers à plaider pour la défense d'Hakim Boudjellah.
Mes Dupoux et Le Bonjour sont les premiers à plaider pour la défense d'Hakim Boudjellah. DDM - Marc Salvet

11h27.

Me Morgan Dupoux plaide pour la défense

Me Dupoux intervient en premier pour la défense de Hakim Boudjellah. "Un homme arrêté et placé en garde à vue en mars 2021, puis laissé libre. Mais qui a été arrêté à nouveau un an plus tard et incarcéré", prévient l'avocate. Chez cet homme de 36 ans, "la question n'est pas son implication dans le trafic de stupéfiant, elle est reconnue. La question n'est pas de savoir si il connaît Mohamed Zerrouki, il le reconnaît. La question porte sur sa complicité dans la direction d'un groupement ayant pour objet une activité illicite liée aux stupéfiants".

Cette complicité, la défense la conteste. Déjà en s'appuyant sur les conversations qui ont été extirpées des mémoires des téléphones Sky ECC. "Pas grand-chose", résume l'avocate qui insiste, aussi, sur un train de vie "modeste, sans argent liquide, sans aucune trace d'excès". "En réalité, rien qui ne montre une implication réelle dans le trafic de stupéfiants. Ni ses revenus, ni ses activités, ni son comportement !" Me Dupoux se permet de sourire : " Ah si, un reproche, le Tiguan, la voiture de son couple, acheté d'occasion pour la famille. Une voiture qui avait, à l'époque, dx ans. Elle n'a même pas été saisie ! Une trace de blanchiment ?"

"Un fils unique, qui a toujours travaillé. Qui est arrivé en France en 2016 pour rejoindre sa femme rencontrée avant. Un garçon sans histoire qui dispose d'un permis de séjour, qui élève ses enfants." "Reste la question de sa place. Et vous pouvez l'acquitter pour ça".

10h47.

Seize années de réclusion criminelle contre les principaux accusés, Mohamed  Zerrouki et Badreddine Abbou

Pour ce dossier qu'elle qualifie "d'inhabituel", l'avocate générale rappelle que les peines encourues sont la réclusion criminelle à perpétuité. "L'ensemble des accusés sont "coupables mais il doit avoir de la cohérence".

Concernant l'épouse de Mohamed Zerrouki, "vous devrez décider si elle doit aller en prison. Si vous la condamnez à plus d'un an de prison ferme, elle devra aller en détention". Virginie Audebert requiert 4 ans de prison dont deux ans avec sursis et une amende de 50 000 euros;

Et elle requiert la condamnation de...

Mohamed Zerrouki à 16 ans de réclusion criminelle et 750 000 euros d'amende

Badreddine Abbou à 16 ans réclusion criminelle et 750 000 euros d'amende

Hakim Boudjellah à six ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende.

Ayoub Badr à dix ans de réclusion criminelle et une amende de 200 000 euros.

10h42.

Et aussi trois règlements de comptes commis à Toulouse

Avant de requérir des peines, Virginie Audebert s'attarde sur la personnalité des accusés. Elle rappelle que Mohamed Zerrouki est poursuivi dans trois dossiers de règlements de comptes à Tulouse. "Des meurtres liés directement au trafic de stupéfiants." Condamné en avril à 27 années de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Haute-Garonne, il a fait appel et reste "présumé innocent". Un autre assassinat où il est poursuivi doit être jugé en février 2027.

Les autres accusés ont des casiers judiciaires peu illustrés, voire vierges comme l'épouse du "boss".

10h30.

"Madame ? Trop facile de dire je ne savais pas !"

L'avocate générale termine avec l'épouse de Mohamed Zerrouki. "Elle a reconnu qu'elle pensait que les revenus officiels de son mari ne suffisaient pas à assumer son train de vie. Trop simple, et facile, de dire : je ne savais pas. Quand elle dépose 25 000 euros en liquide sur ses comptes, elle ne se questionne pas ?".

Le ton est sévère à l'encontre de cette mère de famille, qui élève ses trois enfants seule depuis l'incarcération de leur père en mars 2021, visage marquée, qui n'a pas été incarcéré un seul jour dans ce dossier et qui est passible, comme les autres accusés, de la réclusion criminelle à perpétuité. "Elle sait beaucoup plus qu'elle ne le dit. Pourquoi, autrement, s'inquiéter des écoutes, de la perte du terrain, des risques pour elle et ses enfants ? La vérité ? Elle sait que c'est son mari qui pilote le trafic"

10h25.

Boudjellah, "ni simple chauffeur ou petit livreur"

Hakim Boudjellah "n'est pas une petite main, un simple chauffeur qui rend service comme essaye de voir le faire croire. C'est bien le bras droit de M Zerrouki. Lui aussi sert d'intermédiaire dans le trafic. Un rôle important et pas celui d'un simple petit livreur", argumente l'avocate générale qui développe son réquisitoire depuis 80 minutes.

Elle appuie ses arguments sur Boudjellah avec une écoute "où il parle d e300 kg avec un fournisseur. Il sait qu'il peut s'engager pour Monsieur Zerrouki."

10h20.

Un absent "bien impliqué"

L'avocate générale va plus vite sur Ayoub Badr, le garagiste dont l'entreprise installée zone Thibault, à Toulouse, voyait passer drogue et argent. "Pas un rôle mineur", estime Virginie Audebert. Ce garagiste, âgé de 38 ans, qui se trouvait au Maroc lors des arrestations en 2021 n'a jamais été entendu, ni par les policiers, ni par le juge d'instruction.

Objet d'un mandat d'arrêt depuis le printemps 2023, il reste introuvable. Il se trouverait au Maroc. Il a été condamné à 20 ans de réclusion dans le dossier du règlements de comptes d'août 2020 jugé en avril par la cour d'assises de la Haute-Garonne

10h08.

Abbou "même niveau de décision que Zerrouki"

Badreddine Abbou "accepte son implication dans le trafic mais il conteste son association à la direction de l'organisation. Pourtant, il n'est pas un simple intermédiaire, développe l'avocate générale. Ses interventions, notamment sur la gestion du terrain, montre qu'il est plus impliqué qu'il ne l'admet. Il prend des décisions au même niveau que Monsieur Zerrouki."

Et ses explications sur son implication dans un trafic de voitures pour expliquer ses revenus ne convainc par l'accusatrice. "Sans doute une réalité, comme ses achats et vente de montres, mais cela ne remplace par son rôle, et son implication, dans le trafic des Izards". Et elle ne doute pas que ses bénéfices ont été blanchis au Maroc.

09h56.

31 000 euros de revenus, 80 000 de dépenses chez les Zerrouki

L'avocate générale appuie la question du blanchiment, autre accusation visée dans ce dossier. Elle balaye les gains aux jeux de Mohamed Zerrouki, "surtout des pertes, plus de 60 000 euros" et s'interroge sur un train de vie dispendieux. "Le train de vie du couple est estimé à 83 000 euros annuel alors que les revenus sont estimés à 31 000 euros. Et entre 2015 et 2021, cela ne cesse d'augmenter. Quand on a trois enfants, que l'on se trouve au chômage, on dépense quand même ? On part en voyage ? Avec quel argent ?"

Travail dissimulé et fausses factures complètent ces opérations de blanchiment du couple Zerrouki. L'avocate générale s'attarde sur le projet immobilier de Buzet, entre estimation du coût du chantier (500 000 euros selon l'expert) et l'achat des matériaux (252 000 euros). "Et Monsieur Zerrouki dispose d'un peu plus de 100 000 euros. D'où provient le reste ?"

09h45.

Zerrouki un intérimaire ? "Oui pour gérer l'absence de son frère mais pas seulement"

Mohamed Zerrouki et Badreddine Abbou "sont complémentaires". "Chacun ses connaissances, son savoir. Ils partagent ce savoir-faire dans des projets communs qui défendent un même intérêt", argumente l'avocate générale.

L'accusatrice n'oublie par Hakim Boudjellah dont elle estime le rôle "important", pas seulement là "pour rendre service. Il est lui aussi impliqué". Quant à la mission d'intérimaire de Mohamed Zerrouki, quand son frère a été incarcéré en 2019, "c'est une réalité. En 2020 et 2021, il est obligé de gérer les affaires courantes de son frère Sabri mais cela vient en plus de son implication dans l'organisation du trafic".

09h34.

"Pas de simples investisseurs, aussi au plus près du terrain"

"Dans ce dossier, contrairement aux affirmations des accusés, On ne parle pas toujours des mêmes quantités. 200 kil par là, 40 par ici, à Tanger, à Marseille... Cette organisation traite beaucoup de quantités", prévient Virginie Audebert.

Depuis le box, les accusés, très attentifs, écoutent. L'avocate générale insiste sur "la réalité de leur implication. Ce ne sont pas de simples importateurs. Ils sont aussi au plus près du terrain. Affirmer le contraire est faux !"

267 000 euros de bénéfices sur le cannabis, plus d'un million sur la cocaïne, deux exemples "de l'argent dégagé par le trafic. Deux exemples parmi beaucoup d'autres", prévient l'accusatrice qui s'interroge sur ce que ces fonds sont devenus . "Il y a clairement une volonté de dissimulation", affirme-t-elle qui évoque fuites vers le Maroc, investissements dans l'immobilier "aussi appuyés sur de faux documents".

09h23.

Le trafic aux Izards, "une pyramide à deux têtes"

Un trafic "élevé", estime Virginie Audebert , "au regard des quantités importantes de drogue importée, de l'organisation mise en place, des profits réalisés". Avec Zerrouki et Abbou, la porte parole de l'accusation évoque "une pyramide à deux têtes".

Sur les profits, l'avocate générale rappelle "photo et comptabilité montrent l'importance du trafic et l'argent que cela rapporte". Et la magistrate donne quelques chiffres : 100 000 euros investis "selon Badreddine Abbou", mais aussi "650 000 euros investis chacun avec Mohamed Zerrouki". Les trois cents kilos de cannabis, les photos "dans le garage de Ayoub Badr", ou les importations de cocaïne illustrent la vigueur de cette organisation.

09h13.

"Un dossier qui sort de l'ordinaire"

"Un dossier qui sort de l'ordinaire", attaque l'avocate générale Virginie Audebert et "un homme sous-terrain qui a pris la lumière", allusion directe à Mohamed Zerrouki qui serait le "boss" du quartier des Izards depuis des années, ce que cet homme de 45 ans réfute depuis son arrestation en mars 2021.

Un dossier qui s'appuie sur les écoutes extraites des téléphones Sky ECC "mais pas seulement", prévient la porte-parole de l'accusation. Surveillances, perquisitions, investigations complètent le travail mené par les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée, notamment la division économique et financière sous l'autorité du juge d'instruction Fabien Terrier.

09h05.

Verdict rendu jeudi

Avant la prise de parole de la représentante de l'accusation, la présidente Dominique Coquizart vient d'annoncer que la cour délibérera demain.

La décision de la cour d'assises spécialement composée de la Haute-Garonne, constituée uniquement par des magistrats professionnels, devrait donc être connu jeudi 10 septembre, probablement en début d'après-midi.

08h47.

 Le déroulé de la journée : entre réquisitoire et défense

Le réquisitoire aura lieu ce matin par Virginie Audebert, procureur en charge de la criminalité organisée au parquet de Toulouse. Les accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité mais les peines requises devraient être moins lourdes.

Cinq avocats en défense plaideront : Me Morgan Dupoux et Pierre Le Bonjour défendent Hakim Boudjellah, proche Zerrouki, homme à tout faire, qui n'est pas directement impliqué dans le trafic. Me Alexandre Parra-Bruguiere défend de son côté Badreddine Abbou qui se présente comme un intermédiaire alors que l'enquête le désigne comme l'associé de Mohamed Zerrouki. Ce dernier, est défendu par Me.Mourad. Battrikh. Le "boss' des Izards, rôle qu'il réfute, a indiqué lors de ce procès qu'il avait rendu service. Il ure qu'il n'a pas gagné d'argent, ou si peu...

Enfin Me Elena Campario défend l'épouse de Mohamed Zerrouki, la mère de ses trois enfants. On l'accuse d'avoir profité de l'argent du trafic. Elle jure qu'elle ne savait pas...

Ayoub Badr, le grand absent de ce procès, en fuite depuis cinq ans, est aussi jugé. Il ne s'est jamais expliqué. Son garage aurait servi de plaque tournante, accueillant stup et argent

08h30.

Si le rôle du duo Zerrouki-Abbou s'est dessiné au fil des audiences, celui des autre accusés est-il aussi important. Le "boss" des Izards a notamment à plusieurs reprises tenté de relativiser celui de la mère de ses enfants, qui de son côté a indiqué qu'elle ne savait pas d'où venait l'argent.

07h51.

Un trafic XXL ou de simples "miettes"

Mohamed Zerrouki, et ses co-accusés, sont jugés pour un trafic de drogue et blanchiment dont le montant approcherait les 3,7 millions d’euros générés en 18 mois. Tous nient le niveau et l'ampleur de ce trafic, malgré les écoutes compromettantes et u ne photo des 900 000 euros en cash sur la tacle de la cuisine du "boss".

07h30.

Bonjour et bienvenue dans ce direct

La fin du procès de Mohamed Zerrouki, 45 ans, et de ses trois autres accusés se profile devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Après plusieurs d'audience pour décrypter le rôle de chacun dans ce trafic de drogue, place au réquisitoire et à la défense. Le verdict pourrait être rendu ce soir ou jeudi.