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DIRECT. Mort de Federico Aramburu : "Romain Bouvier a demandé à Lyson Rochemir d'arrêter la Jeep", assure le directeur d'enquête qui confirme une intention de retrouver les rugbymen

l'essentiel Vivez en direct la troisième journée du procès de Loïk Le Priol, Romain Bouvier, Lyson Rochemir et Anthony Sorrentino sur ladepeche.fr. Ils sont accusés d'être liés à la mort de l'ex-joueur de rugby Federico Aramburu. Le premier, qui est notamment jugé pour assassinat, a avoué avoir tué l'Argentin de 42 ans, dans la nuit du 18 au 19 mars 2022.

  • Le procès de Loïk Le Priol, Romain Bouvier, Lyson Rochemir et Anthony Sorrentino s'est ouvert ce lundi 7 septembre à Paris.
  • Loïk Le Priol est jugé pour l'assassinat de Federico Aramburu, Romain Bouvier pour tentative d'assassinat, Lyson Rochemir pour complicité d'assassinat et Anthony Sorrentino pour avoir aidé les deux premiers dans leur cavale.
  • Lors du deuxième jour du procès, les rapports des enquêtes de personnalité de Loïk Le Priol, Romain Bouvier et Lyson Rochemir ont été dévoilés.
  • Dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, Federico Aramburu est tué par balles à Paris après une altercation dans un bar. Les principaux accusés ont avoué avoir tiré sur l'Argentin mais nient en bloc la préméditation.
  • Au moment des faits, Le Priol et Bouvier étaient sous contrôle judiciaire pour des faits de violence avec interdiction d’entrer en contact et de porter une arme. Ils étaient fichés S, identifiés comme appartenant à la mouvance d'ultradroite et d'anciens membres du Groupe union défense (GUD).

14h57.

L'avocat de Lyson Rochemir veut faire notifier que sa cliente n'a jamais menti et a tenté de calmer les esprits

En reprenant la retranscription de la première audition de Lyson Rochemir, son avocat souhaite démontrer qu'elle n'a pas menti. Il remonte le fil en comparant les propos de sa cliente aux constatations des enquêteurs pour démontrer qu'elle a toujours dit la vérité.

"Lors du début de l'altercation, Lyson Rochemir a changé de place pour s'asseoir entre Le Priol et Hegarty", explique son avocat, "elle a alors pris la main de l'accusé pour le faire redescendre parce qu'elle sentait qu'il se chauffait". Le directeur ne peut qu'acquiescer car sa mémoire lui fait défaut, l'avocat lui oppose des citations d'auditions qui ont eu lieu il y a 4 ans

Lyson Rochemir, qui comparaît libre, est au premier rang et écoute son avocat, la tête penchée. À quelques pas d'elle, Loïk Le Priol est plongé dans les débats qu'il semble vivre avec intensité. Il fait oui de la tête comme pour confirmer ce qui est dit ; de temps à autre, il tape du pied frénétiquement...

14h38.

Me Nogueras s'interroge du fait que le co-directeur d'enquête a joué au rugby dans la même région qu'Aramburu

"Votre co-directeur d'enquête est un ancien joueur de rugby", lance Me Nogueras, "il a même joué dans le même club que Federico Aramburu en région catalane". Les deux personnes citées n'ont pas joué dans ce club durant la même période. La défense suggère donc qu'un des éléments clés dans les investigations aurait pu avoir un parti pris.

"Ils ont joué au rugby, dans la même région, pas dans les mêmes sélections d'équipes, et ils ne se connaissaient pas", précise le directeur d'enquête.

14h26.

La défense pose la question de la diffusion d'éléments de l'enquête dans la presse

Sur l'identification de Loïk Le Priol, Me Nogueras accuse les enquêteurs d'avoir parlé à la presse. "Dès le 19 mars, deux articles de presse citent le nom de Loïk Le Priol", lance-t-il. "Cette information a été communiquée à la presse, ce qui a donné lieu à un matraquage sur le sujet idéologique". "Posez votre question Me", coupe le président de la cour.

"Nous n'avons aucun intérêt à ce que ces informations soient diffusées dans la presse", rétorque le commissaire Gruselle. "C'est toujours nous que l'on accuse lorsqu'il y a des fuites, et je n'ai aucun doute sur mon équipe d'enquêteurs". "Vous admettez que ces fuites sont regrettables ?", lui oppose l'avocat. "Oui, évidemment", lance le policier.

Dans le box des accusés, Loïk Le Priol paraît extrêmement concentré. Il est dans le dos de son avocat, seule la glace blindée du box les sépare.

14h15.

Me Nogueras, avocat de Le Priol, aborde le sujet du "crime raciste"

L'avocat de la défense questionne le directeur d'enquête sur le prétendu mobile raciste qui a fait débat lors de l'instruction. Un mobile non retenu par la justice.

Me Nogueras demande la diffusion d'un rapport de synthèse de l'enquête dans lequel il est décrit que lors de la deuxième scène de violences, "c'est Federico Aramburu qui s'est jeté sur Loïk Le Priol le poussant sur une boutique Geox".

Le Conseil revient à la première scène de la bagarre au Mabillon. "Peut-on qualifier le geste de tirage de capuche de la première scène comme une agression ?" demande l'avocat de la défense. "Oui", répond le commissaire. "Donc, c'est Federico Aramburu qui agresse Loïk Le Priol, à ce moment là ?" Le directeur d'enquête acquiesce sans rien dire.

14h06.

L'audience va reprendre, Le Priol et Bouvier sont en grandes discussions avec leurs avocats

12h45.

La défense prend la parole mais est coupée

Me Xavier Nogueras, avocat de Loïk Le Priol, est coupé : un membre du jury demande une suspension de séance. La défense conteste, "il faut pouvoir répondre tout de suite". Le président décide quand même d'annoncer la pause méridienne.

12h29.

Romain Bouvier est en grande discussion avec sa défense, il semble très tendu et interpelle ses avocats à de nombreuses reprises

12h24.

La théorie du "collectionneur d'armes" avancée par Romain Bouvier mise à mal ?

La perquisition effectuée chez Romain Bouvier a permis de découvrir un véritable arsenal. Le directeur d'enquête confirme la présence de nombreuses armes et munitions qui pourraient contredire la version de l'accusé selon laquelle il serait "collectionneur" d'armes anciennes.

Plus de 1000 cartouches ont été retrouvées disséminées un peu partout dans l'appartement de 20 m2. Il possédait aussi tout le matériel pour entretenir les armes, des étuis... De nombreux badges de services de police ont également été retrouvés sur place.

12h12.

"Vous auriez dû nous laisser faire, on allait les 'niquer'"

Le directeur d'enquête déclare qu'au vu des vidéos, Romain Bouvier était agressif au moment de monter dans la Jeep. "Il a dit à un employé du Mabillon : 'Vous auriez dû nous laisser faire, on allait les niquer'".

Romain Bouvier semble accuser le coup. Dans le box, il penche la tête longuement et regarde ses pieds. Puis, il se redresse et glisse quelques mots à son avocat.

11h50.

Statuette d'Hitler, Mein Kampf, livres sur le GUD... Ces éléments retrouvés chez Bouvier qui le relie à l'ultradroite

Le commissaire commente les photos de l'appartement qui n'est que très peu rangé. Un tas de poubelles bloque la cuisine, le lit sans drap est couvert de linge et les tables sont jonchées d'objets divers. Les nombreuses armes ont été retrouvées un peu partout dans le logement et regroupées à l'entrée. Romain Bouvier avait parlé de mise en scène réalisée par les enquêteurs, ce que le policier réfute en parlant de procédure normale.

Le commissaire Gruselle confirme aussi la présence de Mein Kampf et de livres reliés à la mouvance d'ultradroite. Mais il tempère en relatant la présence de livres variés, comme le Coran et de nombreux grands classiques. Par ailleurs, une statuette d'Hitler est retrouvée.

11h29.

Comment l'arme de Loïk Le Priol a-t-elle été retrouvée ?

Le policier s'applique ensuite à expliquer comment l'accusé a fui la scène pour partir en cavale. C'est Lyson Rochemir qui l'a récupérée au niveau du pont de l'Alma, l'endroit où l'arme du crime a été cachée.

"Comment avez-vous retrouvé cette arme cachée dans les armatures du pont ?", demande le président. "Sur l'indication de quelqu'un", répond le directeur qui ne se souvient pas de son identité. "C'est monsieur Le Priol", rappelle le magistrat. Dans le box, l'accusé acquiesce en hochant la tête. Il s'est penché, les bras posés sur ses genoux.

Le téléphone du principal accusé a été retrouvé chez Lyson Rochemir, sans carte SIM. Lors de la perquisition, des t-shirts "Babtou solide certifié", des médicaments, des éléments visiblement liés à l'ultradroite mais aussi des plaques de gilet pare-balles sont retrouvés. Il a été constaté par la suite qu'il était fiché S pour appartenance à la mouvance de l'ultradroite.

11h12.

"A quelques secondes près, il ne se serait rien passé"

Lors de leur arrivée à l'hôtel, Federico Aramburu et Shaun Hegarty étaient visiblement blessés. Le premier avait notamment une plaie saignante à la tempe, selon l'employé de l'établissement qui les a laissé rentrer. "Ils ont demandé très gentiment des glaçons pour les placer sur leurs blessures".

"C'est la vie", a alors dit Federico Aramburu. L'Argentin et Shaun Hegarty "n'étaient pas agressifs" selon l'employé de l'hôtel. Le premier s'est même excusé "de mettre des gouttes par terre". Durant ces 2 minutes restées dans l'établissement, il a été établi que Loïk Le Priol est passé en courant devant. La Jeep, elle, s'est arrêtés alors que les deux amis sont sortis de l'immeuble. "A quelques secondes près, il ne se serait rien passé", souffle le policier. La salle s'agite.

Le commissaire confirme l'intention de la Jeep de retrouver Aramburu et Hegarty. "C'est Bouvier qui a demandé à la conductrice de s'arrêter", dit l'enquêteur.

11h09.

Loïk Le Priol a sorti une arme et un brassard de police devant le vigile

"Loïk Le Priol, séparé par le vigile, lui a présenté une arme en sortant le barillet, et un brassard de police", rapporte le commissaire. "Il n'a pas armé le pistolet qu'il portait à la ceinture". Le vigile s'est alors écarté en croyant l'accusé.

11h00.

"C'était une bagarre d'hommes"

Le directeur d'enquête commente des images de l'altercation du Mabillon. On y voit la petite claque de Loïk Le Priol sur Shaun Hegarty. Ce dernier lui aurait lancé, "t'es un con", après avoir assisté à un échange entre l'accusé et des personnes de la terrasse.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier, tous deux en chemises blanches, sont très attentifs et ne ratent aucune des images diffusées. Les têtes sont levées vers les écrans... Ce moment captive la salle entière.

Le policier commente le geste "d'énervement" de Federico Aramburu qui a tiré la capuche de l'accusé après la première prise de bec. Des témoins ont expliqué que les rugbymen ont eu le dessus dans la bagarre qui a suivi. "C'était une bagarre d'hommes", a rapporté une cliente. Le vigile a été extrêmement rapide lors de ses interventions, au moment de la claque de Le Priol et de la bagarre qui a suivi. "Il était très vigilant" a confirmé le directeur d'enquête Gruselle.

10h36.

La partie civile quitte la salle à la présentation de photos montrant le corps de Federico Aramburu

Des photos de toutes les scènes de la soirée sont présentées à la cour et commentées par le directeur d'enquête. Juste avant le moment où les photos du corps de Féderico Aramburu sont présentées, sa famille et ses proches ont quitté la salle.

10h30.

Chez Romain Bouvier, un véritable arsenal a été retrouvé (armes, munitions, bombes lacrymogènes)

10h29.

A Draguignan, chez les Le Priol, 5 armes longues ont été retrouvées

10h19.

L'analyse de la vidéo essentielle pour identifier les accusés

Le directeur d'enquête explique avoir pu repérer le trajet de la Jeep conduite par Lyson Rochemire après les tirs. Il a été constaté qu'elle a récupéré Loïk Le Priol sur les quais de Seine avoisinants avant de le déposer à un endroit inconnu. Les plaques d'immatriculation de la Jeep, mais aussi d'une Fiat 500 ont permis d'identifier le couple d'accusés.

Un policier qui a passé la soirée avec Le Priol et Bouvier avant les faits s'est présenté le lendemain au commissariat. Face aux vidéos, il confirme les identités des accusés. "On sait que Loïk Le Priol est un habitué de la maison". Son "CV" a donc été constaté par la suite.

Denis Le Priol, père de Loïk, s'est aussi présenté à la police pour témoigner et dresser un portrait rapide de son fils, affirmant qu'il vivait chez Lyson Rochemir quand il était à Paris.

10h09.

Les témoins du Mabillon rapportent tous le fait que Loïk Le Priol voulait continuer à se battre

Les employés ont rapporté la même scène : la petite gifle de Le Priol sur Hegarty, le tirage de capuche d'Aramburu et la bagarre. Le vigile a témoigné que Le Priol a sorti un brassard de police et s'est fait passer pour un policier de la BAC. "Pourquoi vous êtes intervenus, il fallait nous laisser faire", aurait aussi dit Bouvier à un employé du Mabillon.

De nombreux témoins directs interrogés ont, grosso modo, la même version : tous ont vu un homme tirer sur un autre, le bras tendu. Tous ces témoignages ont été recueillis juste après la mort de Federico Aramburu.

Il a été constaté que les 6 balles ont été tirées dans un espace de 45 secondes. Les 4 dernière ont été tirées en 4 secondes.

09h56.

"Appelle la police je vais mourir"

Le commissaire relate le premier témoignage de Shaun Hegarty qui est le scénario déjà raconté à de multiples reprises, ces derniers jours. Le début d'altercation, la première bagarre, leur départ, puis les tirs successifs...

L'ami de Federico Aramburu lui a apporté les premiers soins, en vain. L'Argentin a dit à Shaun Hegarty : "Appelle la police je vais mourir".

09h51.

"Nous avons retourné corps et découvert quatre plaies, dont une à la colonne vertébrale"

A l'époque des faits, Maximilien Gruselle a été le directeur de l'enquête sur la mort de Federico Aramburu tout au long du dossier. Il était alors adjoint d'un chef de groupe lié au droit commun. Le groupe qui est arrivé en premier sur la scène de crime.

Le policier s'applique à raconter ce qu'il a vu. "A mon arrivée, le corps est caché par un pare-vue, son identité a été constaté puis nous avons examiné les blessures".

Federico Aramburu a été touché par plusieurs impacts de balles : "Il y avait deux plaies à l'avant du corps : dans la cuisse droite et aux côtes à gauche". "Nous avons retourné corps, et découvert quatre plaies, dont une à la colonne vertébrale".

09h50.

Le commissaire Gruselle, directeur d'enquête, est à la barre

09h45.

La famille de Federico Aramburu est entrée dans la salle accompagnée de Pierre Rabadan, ex-joueur du Top 14 et actuel adjoint aux Sports de la mairie de Paris

09h11.

09h05.

Ce mardi, la cour s'est intéressée aux liens entre Loïk Le Priol et Romain Bouvier

La cour d'assises s'est penchée ce mardi sur le rapport décomplexé et ancien à la violence de l'ancien militaire, Loïk Le Priol, 32 ans, l'auteur des tirs mortels, et sur son amitié avec un étudiant en droit raté qui se rêvait romancier, Romain Bouvier, 35 ans, respectivement jugés jusqu'au 25 septembre pour assassinat et tentative d'assassinat.

Leur violence avait eu des conséquences pour eux bien avant ce 19 mars 2022 quand, après une rixe alcoolisée de fin de soirée en plein Paris, et alors que la justice leur avait interdit de se fréquenter, ils ont tour à tour fait feu sur Federico Aramburu.

Membre décoré des forces spéciales, Le Priol avait été radié de l'armée en 2015 dans la foulée d'une hospitalisation psychiatrique, intervenue après sa mise en cause dans des violences contre une Ethiopienne, à Djibouti. Des accusations qu'il réfute, évoquant une "arnaque", avant que son avocat ne lui demande d'évoquer ses traumatismes de guerre et le trouble de stress post-traumatique (TSPT) ramené de ses missions en Afrique. Cette même année, Bouvier voyait lui s'envoler son ambition de devenir avocat: avec quatre autres hommes, dont Le Priol, il avait passé à tabac Edouard Klein, président du GUD, organisation étudiante depuis dissoute. C'est en fréquentant cette nébuleuse "gudarde", encline au coup de poing, que les deux accusés se sont rencontrés.

09h00.

Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au troisième jour du procès de Loïk Le Priol, Romain Bouvier, Lyson Rochemir et Anthony Sorrentino