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Dijon. Jusqu’à 1 300 € de facture d’énergie dans un HLM présenté comme exemplaire : ces locataires disent stop

À sa livraison en 2021, la résidence sociale du 12, rue Clément-Janin à Dijon promettait de préserver le portefeuille de ses habitants. Primé à deux reprises pour des dispositifs énergétiques innovants, le bâtiment devait permettre de réduire les dépenses de chauffage et d’eau chaude.

Mais cinq ans plus tard, les locataires déchantent. Sur les 14 logements de l’immeuble, 11 foyers ont engagé un bras de fer avec le bailleur Habellis, propriétaire des lieux. Ils évoquent des dysfonctionnements récurrents du système de chauffage au sol et des régularisations de charges excessives. « La première année, tout s’est bien passé, on a tous été chauffés », souligne Hayate Haifi. « Puis le prestataire a changé et les difficultés ont commencé. Un coup, on avait du chauffage, un coup non. Tout ça a perduré dans le temps. »

« Je dois installer un chauffage d’appoint »

En hiver, certains affirment vivre dans des logements où la température descend à 17 °C : « Je dois installer un chauffage d’appoint pour que les enfants aient moins froid », dit Abdelilah Ziani. D’autres déplorent une situation qui pèse sur leur moral : « À Noël 2024, je me faisais une joie d’accueillir mes proches pour le réveillon », se souvient Christelle Breton. « Mais j’ai dû renoncer car le chauffage ne marchait pas. Ça m’a mis hors de moi ! »

Le point de non-retour a été atteint au début de l’été lorsque les habitants ont reçu leurs régularisations de charges pour l’hiver 2025-2026. Pour certains, la facture s’est avérée salée : 1 336 €, 833 €, 711 €, etc. En protestation, les locataires ont manifesté devant le siège d’Habellis à Dijon en septembre : « C’est parfois un loyer en plus, voire deux », déplorent-ils. Et Hayate Haifi d’ajouter : « On nous avait pourtant augmenté les provisions mensuelles pour éviter une telle situation. Pour ma part, je paye 90 €, mais certains logements sont à 123 € ! Ce n’est pas normal. »

Les locataires de la résidence sociale Clément Janin (Habellis) à Dijon ont manifesté leur mécontentement devant le siège d’Habellis contre les régularisations de charges demandées par leur bailleur.   Photo Dr

Les locataires de la résidence sociale Clément Janin (Habellis) à Dijon ont manifesté leur mécontentement devant le siège d’Habellis contre les régularisations de charges demandées par leur bailleur.   Photo Dr

Des doutes sur le fonctionnement des installations

Ces factures exaspèrent d’autant plus les habitants que la résidence a été conçue pour limiter les dépenses énergétiques. Le bâtiment est équipé d’une pompe à chaleur alimentée par des sondes géothermiques, ainsi que de panneaux solaires hybrides installés sur le toit : « Soit ces installations sont sous-utilisées, soit elles ne fonctionnent pas », s’interroge Florence Cakpo, locataire, qui évoque des consommations caloriques « ahurissantes » entre les logements. « On souhaite que Habellis révise ces installations. On veut pouvoir en bénéficier, elles ont fait partie des critères qui nous ont fait emménager ici. »

Habellis souligne la hausse du coût de l’énergie et assure que le système de production de chauffage fonctionne

Contacté, Habellis assure pourtant que les dispositifs fonctionnent. « Le système de production de chauffage et d’eau chaude marche bien », affirme Simon Spada, directeur général adjoint d’Habellis. « Et pour cause, sur les 172 chaufferies suivies par notre bureau d’études, celle de la résidence Clément-Janin est la plus économe. »

Pour expliquer le montant des factures, Simon Spada met en avant la hausse du coût de l’énergie : « Le prix du kilowattheure ne cesse d’augmenter. » Il déclare aussi que, malgré un chauffage collectif, les habitants maîtrisent 70 % de leur consommation. « Nous avons vérifié : les thermostats fonctionnent, hormis un qui va être changé. Les régularisations correspondent aux consommations. Peut-être que certaines provisions mensuelles, encore fixées à 40 € dans certains logements, mériteraient d’être réévaluées pour éviter de lourdes régularisations. »

Et d’ajouter : « Nous essayons de maîtriser au maximum les tarifs avec les fournisseurs pour que cela impacte le moins possible nos locataires. Les chaufferies sont bridées à 19 °C pour éviter que les charges explosent. » Les habitants, eux, n’excluent pas d’engager une procédure collective s’ils n’obtiennent pas satisfaction.