Deux lutteurs égyptiens se font la malle, l’un après l’autre
“Étonnement dans la sélection égyptienne de lutte : disparition de Ziad Haggag après la fin de la compétition”, titrait le 24 août le site égyptien El-Balad. Le jeune lutteur Ziad Haggag, 19 ans, avait participé aux championnats du monde en Slovaquie, mais, dimanche dernier, il n’a pas rejoint ses coéquipiers pour l’entraînement. Il a tout simplement quitté l’hôtel et coupé son téléphone portable.
“Le deuxième en une semaine : fuite d’un nouveau lutteur à Rome”, indique trois jours plus tard le média égyptien Masrawy, parlant cette fois-ci de Mustafa Al-Shami, lui aussi membre de l’équipe nationale de lutte, qui avait participé aux Jeux méditerranéens de Tarente, en Italie, “avant que l’équipe n’aille à Rome pour se préparer au voyage de retour au Caire”, précise le site. “Lors du transit à l’aéroport, Mustafa Al-Shami a obtenu son passeport de la part d’un responsable de l’équipe”, puis a “disparu”.
Pour le sport égyptien, ce sont de grosses pertes. Ziad Haggag notamment était considéré comme l’“un des plus grands talents” en devenir de sa discipline. En avril dernier, il avait remporté une médaille d’or aux championnats d’Afrique de sa catégorie. Il illustre “l’exode des talents sportifs”, selon le quotidien The Independent Arabia, pour lequel il ne fait pas de doute que ceux-ci cherchent de “meilleures conditions” à l’étranger.
“Neuf disparitions de lutteurs en neuf ans”
Curieusement, cela semble concerner en particulier les lutteurs, puisqu’il y a “un lutteur par an qui s’enfuit”, relève la chaîne d’information saoudienne Al-Arabiya, qui fait remonter la chronologie jusqu’en 2017, avec “neuf disparitions de lutteurs en neuf ans”, dont l’un des cas les plus connus est celui d’Ahmed Baghdouda en 2023.
Cette répétition hante les autorités locales, qui ont même demandé au père de Ziad Haggag de signer un document pour endosser sa responsabilité et garantir le retour de son fils en Égypte, en vertu d’une obligation qui existe depuis 2025, rappelle le site local Al-Ain Al-Ikhbariya. Ce qui explique que le père ait été “arrêté”.
Même chose pour “le président de la délégation”, qui dirigeait les lutteurs à Rome. Il est soupçonné de “manquements administratifs dans le suivi des membres de l’équipe lors du voyage retour”, explique le journal local Al-Dostor.
Alors qu’on n’a pour l’instant pas de nouvelles de Ziad Haggag ni de Mustafa Al-Shami, l’on sait que d’autres ont poursuivi leurs carrières sportives en France, en Bulgarie ou aux États-Unis, souligne Al-Arabiya. Dans de meilleures conditions et avec de meilleurs salaires.