Deux Christs historiques tombent en lambeaux rue Cherave, à Huy : "C'est une partie de notre patrimoine qui disparaît"
Le long de la rue Cherave, à Huy, il existe des traces du passé que certains ne voient même plus. D'autres sont devenues quasiment invisibles avec le temps. Dans le quartier Saint-Léonard, au pic de la montée, Eva Dieudonné, une Hutoise attachée au patrimoine culturel de la région, s'inquiète.
"Deux christ se dégradent, affirme-t-elle. Le premier d'entre eux est situé à l'ancien Point Forme, abritant une autre salle de gym depuis. Lorsque le propriétaire a changé, les barreaux de la chapelle abritant le Christ sur une croix ont été repeints en blanc et une plaque expliquant l'histoire des deux frères représentés derrière Jésus a disparu."
L'histoire du quartier
La statue en question s'est dégradée avec le temps. Elle date du XVIIe siècle et a été mise en place en tant que mémorial pour les frères de Gendron, décédés en 1633. Aujourd'hui, des éclats sont visibles sur de nombreuses parties de son corps. Ses pieds ont notamment été écorchés avec les années. "C'est une partie de notre patrimoine qui disparaît, insiste Eva Dieudonné. On passe souvent devant sans s'en rendre compte mais ça fait partie de l'histoire du quartier."
L'autre statue concernée par l'usure du temps est installée au numéro 40 de la même rue Cherave. Cette fois-ci, il s'agit d'un christ de pitié, assis et datant du XVIe siècle. Pour ce monument, c'est la chapelle qui est concernée par une détérioration avancée.
La maison qui l'abrite est la possession aujourd'hui d'un antiquaire du quartier, Frédéric Gilardi. Si l'édifice est bel et bien implanté dans sa propriété, il ne lui appartient pas pour autant. "J'ai bel et bien un christ du XVIe siècle dans ma maison qui ne m'appartient pas. J'avais signalé à la Ville que la chapelle se détériorait mais on m'avait répondu qu'il n'y avait pas d'argent disponible pour la restaurer."
La statue est officiellement considérée "res communis" par les autorités, selon l'antiquaire. En bref, l'autel religieux n'appartient à personne, mais serait en même temps la propriété de tout le monde. La question de la réparation de ces statues historiques hutoises avait déjà été posée il y a cinq ans par Marylène Laffineur, conservatrice de la collégiale de Huy. À l'époque, elle aussi n'avait guère trouvé d'oreille attentive. En attendant, des travaux de restauration sont loin d'être à l'ordre du jour et les deux statues du christ datant de près d'un demi-siècle continuent de s'abîmer.
L'échevin des Travaux et du Patrimoine, Adrien Housiaux, affirme ne pas avoir connaissance de ce dossier-là. Ayant pris la fonction d'échevin des Travaux il y a seulement deux ans, il explique qu'il va s'intéresser de plus près à l'état de ces deux chapelles désormais. "Ce genre de monuments, c'est un peu ce qui fait le charme d'une ville. Ça reste du petit patrimoine. On va aller voir sur le terrain ce qu'il en est et l'état dans lequel se trouvent ces deux statues. Il va falloir également que l'on se renseigne au niveau du cadre légal afin de savoir à qui revient l'entretien de ce patrimoine urbain."


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