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Moody’s laisse la situation s’éclaircir avant de se prononcer sur la note française

20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Publié le 24/10/2026 à 01h42 • Mis à jour le 24/10/2026 à 01h42

La France échappe de justesse à une nouvelle dégradation de sa note souveraine. Vendredi, l’agence de notation Moody’s a choisi de ne pas modifier son évaluation de la dette française, qui reste à Aa3 avec une perspective négative. Une décision inattendue alors que les économistes anticipaient un abaissement, dans un contexte d’incertitudes politiques et de difficultés budgétaires.

L’agence américaine a précisé que son communiqué ne constituait pas « une action de crédit ». Elle conditionne néanmoins le maintien de son appréciation à l’adoption d’un budget 2027 permettant de réduire le déficit public et à une certaine accalmie sociale. Moody’s souligne également « le risque accru que la fragmentation du paysage politique français continue de nuire au fonctionnement des institutions ».

Une décision qui « déjoue les pronostics déclinistes »

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a immédiatement salué sur X une décision qui « déjoue les pronostics déclinistes » de « ceux qui spéculent sur la dette française ». Il y voit un encouragement à poursuivre les discussions parlementaires pour adopter un budget avant la fin de l’année. « Ce signal montre à nos prêteurs qu’il existe un chemin », a-t-il déclaré, en maintenant l’objectif gouvernemental d’un déficit public limité à 5 % du PIB.

Les prévisions de Moody’s restent toutefois moins favorables que celles de l’exécutif. L’agence anticipe un déficit de 5,2 % du PIB en 2027, contre 5,4 % cette année, notamment en raison d’une croissance économique inférieure aux projections gouvernementales de 1 %. Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, considère cette décision comme « un appel à la responsabilité » pour parvenir à un accord budgétaire.

Des inquiétudes toujours importantes

Les inquiétudes concernant les finances publiques françaises demeurent importantes. Le rendement des obligations d’Etat à dix ans a frôlé 5,14 % jeudi, son niveau le plus élevé depuis juin 2002, avant de terminer vendredi à 5,01 %. La dette publique devrait atteindre 121,7 % du PIB en 2027, tandis que les intérêts représenteraient 91 milliards d’euros l’an prochain. La présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, a mis en garde contre un risque d’« étouffement financier » si cette trajectoire n’était pas maîtrisée.

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Pour Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, la situation économique, financière et politique constitue un « cocktail Molotov pour les marchés, qui considèrent que la France devient risquée ». Moody’s estime néanmoins qu’une hausse des taux devrait se prolonger pour compromettre significativement la soutenabilité de la dette. La prochaine échéance sera le 27 novembre, avec une nouvelle décision attendue de S & P, qui classe actuellement la France en A +, comme Fitch.