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Sécheresse: les paysans suisses accusés de trafic de fourrage avec la France

Publié21. août 2026, 13:48

Sécheresse extrêmeDes paysans suisses accusés de trafic de fourrage avec la France

Les agriculteurs français accusent des homologues helvétiques de se fournir en foin en France, sans déclarer leurs achats en douane. Et de faire exploser les prix.

Agence France-Presse

En raison de la sécheresse, l’herbe que broutent habituellement les troupeaux a brûlé. Les agriculteurs doivent nourrir leurs bêtes avec du fourrage conservé habituellement pour l’hiver, d’où un risque de pénurie.

En raison de la sécheresse, l’herbe que broutent habituellement les troupeaux a brûlé. Les agriculteurs doivent nourrir leurs bêtes avec du fourrage conservé habituellement pour l’hiver, d’où un risque de pénurie.IMAGO/Silas Stein

La sécheresse qui amenuise les stocks de nourriture pour les animaux d’élevage entraîne un commerce illégal de fourrage entre la France et la Suisse, dont des agriculteurs au pouvoir d’achat plus élevé viennent se fournir en France, dénonce la FDSEA (syndicat majoritaire des agriculteurs français) du Doubs.

«C’est quelque chose qu’on a dénoncé depuis trois semaines/un mois: des agriculteurs suisses qui passent la douane pour venir chercher des stocks en France» sans passer par une déclaration obligatoire, explique Florent Dornier, président du syndicat agricole dans le Doubs. «On voit passer des dizaines et des dizaines de camions qui vont du côté suisse», ajoute ce producteur laitier installé dans une commune frontalière.

La Suisse ne faisant pas partie du marché unique européen, les exportations destinées à ce pays doivent faire l’objet d’une déclaration en douane et passer par des postes frontière gardés par les deux pays.

Prêts à y mettre le prix

Si le prix du foin, qui fluctue habituellement aux alentours de 150 euros (140 francs) la tonne, a dépassé les 170 euros avec la sécheresse, des acheteurs suisses sont prêts à payer 220 ou 230 euros, selon Florent Dornier, qui redoute une pénurie au détriment des éleveurs locaux. «On est sur des prix exorbitants, inaccessibles pour des paysans français», relève-t-il.

Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté, un agriculteur suisse a été intercepté, lundi, sur une petite route de campagne de la commune frontalière des Fourgs avec un chargement illégal de «plusieurs tonnes de fourrage». Citant la direction régionale des douanes de Besançon, le média précise que le contrevenant a dû payer une amende, qui peut atteindre 3700 euros, et revendre sa cargaison en France.

Les contrôles opérés «ont mené à la constatation de quelques transports de fourrages et paille qui ne respectaient pas les formalités d’exportation», reconnaît la préfecture du Doubs. Les services de l’État évoquent «des initiatives individuelles frauduleuses sans qu’un trafic caractérisé ait été démontré à ce jour».

Risque de pénurie à l'hiver

La sécheresse, qui a grillé l’herbe que broutent habituellement les troupeaux, a conduit les agriculteurs à les nourrir avec du fourrage conservé habituellement pour l’hiver, d’où un risque de pénurie. «On tape dans les stocks depuis un mois et demi. Si ça continue comme ça, fin janvier, il n’y aura plus de foin dans les granges», s’alarme Florent Dornier.

Face à la sécheresse, le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche a annoncé début août une suspension des droits de douane sur les importations de maïs fourrage. La mesure est valable jusqu'à fin octobre.

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