Des fouilles archéologiques menées dans le cadre de la restauration de la Collégiale de Dinant pour mieux comprendre le fonctionnement des lieux
Depuis le mois de mars 2026, des travaux sont menés sur l'une des façades de la Collégiale de Dinant. Ils visent à remettre le porche sud en état, soutenu pendant de longues années par des échafaudages. Comme très souvent dans pareil chantier, des fouilles archéologiques accompagnent ces travaux. Elles sont menées par l'Agence wallonne du Patrimoine (AWaP).
Ces deux dernières semaines, les archéologues ont ainsi profité d'un trou creusé par les ouvriers pour renforcer les fondations de la Collégiale pour mener des opérations de fouilles en sous-sol.
Cette phase a duré environ deux semaines. Durant ces recherches, les archéologues sont notamment tombés sur un niveau de sol plus bas d'1m20, lié à un portail aujourd'hui disparu. Ce qui signifie que le portail sur lequel les travaux sont actuellement réalisés a été ajouté à postériori. "C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a des problèmes de stabilité. Ce qui veut dire qu'il faut imaginer toute la Place avec un niveau d'1m20 de moins. Ce niveau de sol, c'est celui du 15e siècle, et vraisemblablement du 14e. Pourquoi a-t-il changé ? Principalement à cause des transformations réalisées au fil du temps sur le Pont Charles de Gaulle car c'est ce pont qui conditionnait tout ce qu'il se passait sur la Place. Pour nous, c'est une petite pièce d'un grand puzzle qui nous permet d'en savoir plus sur les éléments de la Collégiale mais aussi sur tout ce qui se passait autour", explique Marie Verbeeck, archéologue à l'AWaP.
Les archéologues espéraient également tomber sur un ancien cloître qui aurait servi à abriter des chanoines. "Mais celui-ci doit se trouver encore plus bas." Là où il n'est pas prévu de creuser.
Des maisonnettes collées à la Collégiales
Ensuite, on y a trouvé les fondations de deux petites maisons accolées à la Collégiale jusqu'au 19e siècle. "On savait qu'il y avait des maisons à cet endroit car des photos du 19e en témoignent. Selon les différentes couches de terre et les quelques morceaux de céramique retrouvés, on peut penser que ces maisons très étroites qui n'étaient pas éclairées d'un côté puisqu'elles étaient collées à la Collégiale ont été construites au 17e. Des boutiques y étaient installées mais on sait aussi qu'il y avait dedans du vrai habitat car on y a découvert une basse-fosse de latrines, ce qu'il n'y avait pas dans les boutiques", poursuit Marie Verbeeck.

Par qui étaient-elles occupées ? C'est la question que se posent les archéologues. "Une Collégiale, c'est une église canoniale avec un chapitre de chanoines qui y est rattaché. Tout dépend d'où habitaient les chanoines. Au Moyen-âge, ces chanoines devaient habiter dans un cloître. Mais après cette époque, ils en sont sortis pour habiter dans des maisons individuelles, en ville selon des textes dont nous disposons. Vraisemblablement, ces maisons accolées à la Collégiale étaient un peu trop petites pour eux. Mais cela reste une hypothèse qu'on n'a pas encore pu vérifier."
Les recherches en sous-sol sont désormais terminées. Mais le travail des archéologues ne s'arrête pas là pour autant. "Maintenant, on va procéder à des travaux d'archéologie sur le bâtiment en lui-même pour confronter ce qu'on voit en haut avec ce qu'on a découvert en bas." Ceux-ci seront réalisés lors des prochaines phases du chantier.
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