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Des corps retrouvés dans des "conditions épouvantbles": un responsable de pompes funèbres condamné à 20 ans de prison au Royaume-Uni

Robert Bush, un responsable de pompes funèbres devant la justice britannique pour plusieurs manquements, le 27 juillet 2026.

Robert Bush, un responsable de pompes funèbres devant la justice britannique pour plusieurs manquements, le 27 juillet 2026. - Photo par DARREN STAPLES / AFP

Ce vendredi 31 juillet, un responsable de pompes funèbres a été condamné à vingt ans de prison pour des pratiques "épouvantables" sur des défunts au Royaume-Uni.

Un directeur de pompes funèbres dignes d'un "film d'horreur" a été condamné vendredi à 20 ans de prison par la justice britannique, pour avoir conservé des corps pendant des mois au lieu de les incinérer et pour avoir remis des cendres d'inconnus à des familles.

Cette affaire a jeté une lumière crue sur le manque de régulation du secteur, et le gouvernement s'est engagé à agir.

Robert Bush, 48 ans, avait plaidé coupable de ces faits qui se sont étalés sur une période de douze ans. Le tribunal de Hull, dans le nord-est de l'Angleterre, a entendu les témoignages déchirants de plus de 200 proches des défunts pendant cinq jours.

"Préoccupé par son propre enrichissement"

Les corps retrouvés étaient conservés dans des "conditions épouvantables", à des stades parfois avancés de décomposition, a déclaré vendredi le juge Nicholas Hilliard.

L'entreprise funéraire de Robert Bush, Legacy Independent Funeral Directors, était "sortie tout droit d'un film d'horreur", avait décrit le procureur Chris Paxton lundi, reprenant les mots d'un ancien employé.

"L'accusé était tellement préoccupé par son propre enrichissement qu'il s'est comporté d'une manière choquante et honteuse envers les défunts qui lui ont été confiés", a déclaré le juge.

Les policiers qui avaient perquisitionné l'entreprise en mars 2024 après un signalement avaient découvert, dans une chambre froide, 31 corps qui auraient dû être incinérés des mois auparavant, dont un bébé mort-né deux ans plus tôt, et les cendres d'une centaine de défunts dans des urnes.

"La plupart des corps étaient découverts, entreposés sur les étagères de chaque côté d'une chambre froide", a indiqué le juge, et les cendres étaient "conservées dans des conditions indignes", parfois éparpillées ou gardées dans des boîtes moisies.

Les familles dans le doute

La révélation de ces pratiques a semé le doute chez toutes les familles qui ont, à un moment, eu affaire à Robert Bush, a-t-il souligné: "Personne ne peut savoir avec certitude s'il a reçu les cendres de son proche."

"La communauté a été profondément touchée, et la confiance du public a été mise à mal" par cette affaire, a également regretté un responsable de la police locale, Alan Curtis, à la sortie du tribunal.

Selon le juge, il n'y a "eu aucun contrôle pendant de nombreuses années sur la manière dont (Robert Bush) menait ses affaires", faute de régulation du secteur en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

Un code de bonnes pratiques a été introduit en Écosse en mars 2025.

Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit soutenir l'appel des familles à instaurer un cadre réglementaire pour le secteur. "Il faut une réponse adéquate en matière de régulation pour s'assurer qu'aucune (famille) ne revive ça à l'avenir", a déclaré le dirigeant travailliste, interrogé vendredi par la presse.

Il a promis que les recommandations d'une enquête publique achevée en 2024, faisant suite à plusieurs scandales dont une affaire de viols commis sur des cadavres dans les morgues d'hôpitaux, seraient "mises en œuvre", sans donner plus de détails.

Le directeur de l'association nationale des directeurs de pompes funèbres, Andrew Judd, a également soutenu l'idée d'une réglementation, et promis de travailler avec le gouvernement "pour que chaque défunt et ses proches endeuillés soient traités avec le respect et la dignité qu'ils méritent".

Jasmine Beverley, la mère du bébé mort-né dont le corps a été découvert deux ans après, fait partie des familles qui ont porté ce combat.

"Ça a été un choc d'apprendre ce qu'il se passait réellement", a-t-elle déclaré à la BBC, racontant que les restes de son fils, Sunny, avaient été retrouvés dans une enveloppe brune laissée par terre.

Des dons détournés

Outre la trentaine de charges liées à la privation d'inhumation décente, Robert Bush avait plaidé coupable de vol au préjudice de douze associations caritatives après avoir détourné des dons remis par des familles.

Le directeur de pompes funèbres avait mis en avant des problèmes de trésorerie et de dettes lors de sa première audition avec la police. Mais, selon le juge, il a agi par "pure avidité financière", et saisi la moindre opportunité de "s'enrichir aux dépens de ceux qui recouraient à ses services".

"S'il pouvait réutiliser un cercueil que quelqu'un avait déjà payé, il le faisait. Si cela était moins cher de conserver un corps dans des conditions non réfrigérées, il faisait également", a indiqué le magistrat.