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Des chercheurs chinois découvrent une bactérie marine qui fixe le CO₂ et se nourrit de polluants

Repêchée dans la mer Jaune, une bactérie marine dépolluante fixe le CO2 et dévore le xylène, un solvant présent dans les carburants. Les chercheurs l'ont isolée en sept jours au lieu de trois mois.

Alex M.

Rédacteur scientifique

Publié le 23/10/26 à 14:00

  • Le 9 septembre 2026, les biologistes de l'Institut de bioénergie de Qingdao ont découvert une bactérie marine dépolluante.
  • La bactérie, nommée Paraburkholderia aromaticivorans, fixe le CO2 et se nourrit de xylène, un solvant des carburants.
  • Cette découverte pourrait révolutionner la dépollution des eaux côtières, mais des essais en conditions réelles sont encore nécessaires.

Ce résumé généré par IA a été validé par les journalistes de la rédaction.

Les biologistes de l’Institut de bioénergie de Qingdao ont décrit une bactérie marine inconnue le 9 septembre 2026 dans Bioresource Technology. Leur prise cumule deux métiers que la microbiologie sépare d’habitude, le stockage de carbone et la digestion des polluants. Rien ne garantit cependant que la souche tienne hors du laboratoire, et les auteurs restent prudents sur ses usages. Cette bactérie marine dépolluante doit sa découverte à une méthode de tri cellulaire qui raccourcit considérablement l’attente.

Un tri cellule par cellule repère des bactéries invisibles au séquençage

La méthode, baptisée scRACS-Culture, combine trois outils que les laboratoires employaient jusque-là séparément. Les chercheurs nourrissent d’abord l’eau de mer avec du bicarbonate marqué au carbone 13, un isotope lourd qui laisse une trace mesurable. Un faisceau laser lit ensuite cette trace dans chaque cellule, par spectroscopie Raman. L’appareil trie les cellules actives une par une, puis les place en culture. Six souches fixatrices de carbone ont ainsi émergé en sept jours, là où l’enrichissement classique en réclame quatre-vingt-dix.

Aucune des six souches n’apparaissait dans les relevés génétiques habituels. Le séquençage de l’ARN ribosomique 16S, outil standard pour inventorier les bactéries d’un milieu, les avait toutes manquées derrière les espèces dominantes. Elles étaient trop rares. Les chercheurs y voient, en outre, la preuve que l’inventaire des bactéries marines reste très incomplet.

La bactérie marine dépolluante se nourrit d’un solvant des carburants

Une souche sortie de cet inventaire a retenu l’attention de l’équipe, baptisée FR-4. Son nom complet, Paraburkholderia aromaticivorans, annonce déjà son régime alimentaire. La bactérie fixe le CO2 par le cycle de Calvin, la suite de réactions chimiques que les plantes emploient pour fabriquer du sucre. Elle tire aussi son énergie de l’oxydation du nitrite et bascule d’un mode de vie à l’autre, en chimio-autotrophe facultative.

La souche le montre quand elle n’a plus que du xylène à se mettre sous la dent. Ce solvant aromatique, présent dans les

carburants, les peintures et les colles, lui suffit comme unique source de carbone. Son génome porte en effet la chaîne complète d’enzymes qui découpent ces molécules.

Xiaoyan Jing, de l’université des sciences et technologies de Qingdao, a dirigé ces travaux. La chercheuse estime que la frontière entre fixateur de carbone et dégradeur de polluants est moins nette que prévu. Cette souplesse métabolique aiderait dès lors la bactérie à survivre dans des eaux côtières où les nutriments varient sans cesse.

La dépollution des eaux côtières figure parmi les pistes envisagées

Ces eaux côtières contaminées pourraient justement accueillir un jour la souche FR-4. Les auteurs citent la remédiation des sites marins contaminés par le pétrole, où les hydrocarbures aromatiques persistent longtemps. Un organisme qui consomme ces molécules tout en captant du carbone présenterait donc un double intérêt pour les gestionnaires de littoral. Aucun essai en conditions réelles n’a toutefois été mené.

L’équipe veut maintenant brancher sa plateforme de tri sur les programmes d’observation des océans. Il s’agit de mesurer la part des bactéries rares dans les cycles marins du carbone et de l’azote. Les cinq autres souches fixatrices de carbone attendent, en parallèle, une description détaillée. FR-4, elle, pousse déjà sur du xylène pur dans les cultures de Qingdao.