Dennis Ayensa s'exprime sur le partage du Standard contre le Cercle Bruges... et son futur : "On verra bien si je suis encore ici en septembre"
Comment analyser cette première sortie du Standard ? L'exercice est délicat, d'autant que les enseignements d'une ouverture de championnat sont particulièrement fragiles. Les Liégeois semblent entretenir des ambitions plus offensives que ces deux dernières saisons, mais sont toujours incapables de conserver une courte avance lorsque la pression des dernières minutes du temps réglementaire approche. Nous avons donc demandé à Dennis Ayensa de nous accompagner dans notre analyse.
L'analyse collective: "On a une meilleure équipe que la saison dernière"
Sur le strict plan des statistiques, le Standard a fait le nécessaire. Que ce soit au niveau des buts attendus (3,09), de la possession de balle (52 %) ou du nombre de tirs (19). Malheureusement, des erreurs individuelles ont plombé sa performance collective. Un mauvais marquage de Mortensen et un oubli de repositionnement de Trouillet ont directement amené le premier but, et un ballon anodin dans le grand rectangle a causé l'égalisation. "On ne peut pas laisser filer une victoire de cette manière, surtout à deux minutes du terme, concédait l'attaquant liégeois. Ce résultat est très décevant et a même la saveur d'une défaite. À choisir, je préfère que cela arrive au mois d'août qu'à la dernière journée car cela nous laisse l'opportunité de nous améliorer."
Pourtant, nous pourrions croire que cette équipe ne retient pas les erreurs du passé. Elle est encore en difficulté contre les équipes appelées à jouer le maintien et elle perd le contrôle de ses nerfs quand elle doit gérer son avance au marquoir, surtout à Sclessin. "Je reconnais que nous avons commis des erreurs mais nous les avons commises en essayant de marquer des buts, pas en nous arc-boutant devant notre grand rectangle. Nous nous sommes créé plus d'occasions que les deux ou trois opportunités par match de la saison dernière. J'ai un bon sentiment. Si nous continuons à jouer de la sorte, nous trouverons plus souvent le chemin des filets."
Les recrues doivent appuyer cette nouvelle mentalité, mais Touzghar (malade vendredi), Drammeh et, surtout, Jasper n'ont pas reçu suffisamment de minutes pour apporter une réelle plus-value. "Je sens que cette équipe a faim. Selon moi, nous avons une meilleure équipe, avec des solutions de qualité sur le banc. Nous devons juste encore apprendre à nous connaître."
L'analyse individuelle : "Mon avenir ? Imagine que le Real Madrid soit intéressé"
Ce collectif sera encore plus solide lorsque les individualités qui le composent seront plus régulières. Abid a été un petit peu trop effacé, même s'il termine son match avec une passe décisive et un centre gâché par Nguene, Nielsen a trop perdu de ballons, malgré une omniprésence à la construction, et Trouillet a laissé une impression positive dans son jeu vers l'avant, quelques fois gâché par une trop grande précipitation.
La plus grande satisfaction se nomme Dennis Ayensa. Il a profité d'une concurrence défaillante (Nkada pas sélectionné à cause d'une mauvaise préparation, Nsimba en délicatesse avec ses ischios) pour directement s'imposer dans le onze de base et inscrire deux vrais buts de buteur, via un déplacement dans le dos de la défense et une subtile pichenette. "J'ai été surpris que le coach me titularise alors que je n'ai qu'une dizaine de séances d'entraînement dans les jambes. J'ai apprécié son geste et je l'ai d'ailleurs remercié à ma sortie du terrain. Auparavant, je manquais peut-être de confiance car on ne se créait pas assez d'occasions mais j'ai déjà prouvé que j'étais capable de marquer des buts dans ce championnat."
Vincent Euvrard a confirmé avoir apprécié le comportement de son joueur tout au long de la semaine, ce qui l'a poussé à le lancer directement dans le bain. "Avec son expérience, je savais qu'il allait peser sur la défense brugeoise."
Dennis Ayensa présente un profil atypique, et aussi unique dans le noyau du Standard. Des bruits annoncent qu'il fait partie des éléments susceptibles de quitter le bord de Meuse durant ce mercato estival, même si quelques supporters ont interprété sa célébration de but comme une preuve qu'il ne bougerait pas. "Mes deux doigts qui pointaient la pelouse ? Non, cela n'avait rien à avoir avec ma situation personnelle. C'était simplement pour signaler que j'étais bien présent (sourire). Le Standard est un grand club et c'est un vrai plaisir de jouer ici. On verra bien si je suis encore ici en septembre. On sait que tout peut arriver pendant un mercato. Imagine si Barcelone… euh non plutôt le Real Madrid vient me chercher", terminait-il dans un large sourire.
La fiche du matchSTANDARD : Epolo ; Fossey, Karamoko, Hautekiet, Mortensen ; Ilaimahartira (91e Jasper), Trouillet (70e Touzghar), Nielsen ; Nguene (70e Drammeh), Abid, Ayensa (70e Nsimba).
CERCLE BRUGES : Coucke ; Kakou, Ravych, Kondo ; Magnée, Mondelé (83e Nunes), Diaby, Martens (66e Ndala), Konaté (77e Diakité) ; Vanzeir (66e Amani), Ngoura (77e Kouassi).
Arbitre : Jasper Vergoote.
Cartes jaunes : Abid, Konaté.
Buts : 41e Mondelé (0-1), 45e + 5 Ayensa (1-1), 49e Ayensa (2-1), 88e Ravych (2-2).
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