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Déjà condamné par le passé, accusé par plusieurs hommes, un Antibois soupçonné de viols sur mineurs incarcéré après l’affaire Lyhanna

Cette fois-ci, ça n’a traîné. Saisine de la police judiciaire le 12 juin 2026. Interpellation le 16. Mise en examen et incarcération le 18. Voici comment la justice a rattrapé, en moins d’une semaine, un Antibois accusé de plusieurs viols sur mineurs.

La retentissante affaire Lyhanna et l’injonction de Gérald Darmanin n’y sont pas étrangères. Après le décès tragique de la fillette dans le Gers, le garde des Sceaux avait ordonné à tous les parquets de France de réexaminer les affaires visant des agressions sexuelles sur mineurs. Depuis le 8 juin, 675 personnes ont été incarcérées pour de tels faits. Un Azuréen de 47 ans en fait partie. Il a été condamné pour des faits similaires par le passé.

Parmi les 69 626 plaintes réexaminées en France, au moins quatre le visaient. Trois d’entre elles ont mené à sa mise en examen et son placement en détention provisoire, la quatrième visant des faits prescrits. « Comme quoi le dossier était déjà en l’état. Il fallait juste des enquêteurs pour faire le travail », réagit Me Marine Allali, avocate des plaignants, du barreau de Paris.

Les faits visés courent de 2001 à 2023. Ils auraient eu lieu dans son appartement à Antibes, ainsi qu’à Cagnes-sur-Mer, à la suite de rencontres en ligne. De source proche de l’enquête, l’intéressé contesterait toute agression.

« Il entrait en rapport avec des jeunes, d’abord via des “chats”, puis par Facebook. Puis il provoquait une rencontre, explique Me Allali. En 2001, il contactait des jeunes de 14-15 ans en faisant croire qu’il avait leur âge, alors qu’il avait une vingtaine d’années. Il les piégeait ainsi. Une fois seul avec eux, il les manipulait et les menaçait en imposant un acte sexuel. »

Selon l’avocate parisienne, il n’en était pourtant pas question lors de leurs échanges en ligne. « Ils n’y allaient pas du tout pour ça ! Ils étaient jeunes, sans aucune expérience sexuelle. Et une fois sur place, c’est un « vieux » qui arrivait. Il était très mythomane. Il leur faisait peur. Par la suite, il les harcelait. »

« Classé sans suite en quelques jours »

Les faits les plus récents, en 2023, concernent un jeune majeur. Byron, 22 ans à l’époque, avait rejoint sur la Côte d’Azur cet ami rencontré en ligne. Mais son hôte antibois prétendait avoir 30 ans, et non 44. Il aurait alors révélé un tout autre visage. « Il s’est présenté comme un grand frère. Il avait d’autres projets... »

Le suspect avait été condamné à Nice, en janvier 2013, à 18 ans de réclusion assortis d’une peine de sûreté des deux tiers.

Selon Byron, le quadragénaire l’aurait violé à plusieurs reprises. La nuit passée, « il quitte l’appartement en courant et va déposer plainte au commissariat d’Antibes, retrace Me Allali. Mais le dossier est classé sans suite en quelques jours... »

En 2025, le parquet de Grasse rouvre le dossier. L’avocate de Byron a produit trois nouvelles plaintes. Des Azuréens accusent le même homme d’avoir abusé d’eux, alors qu’ils étaient mineurs. Pourtant, s’étonne Me Allali, « il ne se passe plus rien de l’été 2025 à l’affaire Lyhanna. »

Condamné par le passé

Selon nos informations, la police n’aurait pourtant pas attendu ce drame pour se pencher sur le dossier antibois. Mais celui-ci ne trouvait preneur auprès d’aucun service. Trop chargés, ou trop lourd à gérer. C’est finalement le service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ 06) qui s’en saisit.

Les enquêteurs soupçonnent ce quadra d’être un prédateur sexuel. Ils entreprennent d’identifier les victimes potentielles, et de retracer son parcours. Cet Antibois est déjà connu de la justice. En décembre 2005, il avait été condamné en correctionnelle à trois ans de prison ferme. Il avait attiré chez lui des adolescents recrutés en ligne. Un suivi socio-judiciaire était prévu à sa sortie.

Pourtant, « il a continué après. Il a été condamné pour des faits de 2011 à 2013 », assure Me Allali. L’avocate s’étonne, dès lors, que la plainte de Byron en 2023 n’ait pas fait l’objet d’un examen approfondi. C’est enfin chose faite.

Les plaignants « soulagés »

Selon leur avocate, les plaignants « ont été soulagés de savoir que leur dossier a été pris au sérieux. Ils ne veulent pas profiter de la mort d’une petite fille. Mais cela aura permis d’éviter que cet homme puisse encore faire des victimes. »

Voilà donc un mois que le quadragénaire antibois est en détention provisoire. Cet homme inséré socialement, qui travaille dans l’événementiel, est mis en examen pour deux viols et une agression sexuelle, en attendant d’autres plaintes potentielles. L’affaire pourrait déboucher sur un procès criminel. Même si, à ce stade, il reste présumé innocent.