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"Déçu par la qualité de Mistral", le moteur de recherche vert et allemand Ecosia abandonne la solution d'IA française au profit de modèles chinois

Le moteur de recherche, qui est également un navigateur, l'Allemand Ecosia, a annoncé qu'il allait abandonner les modèles de Mistral pour ses fonctionnalités d'intelligence artificielle. Il pointe du doigt le retard pris par la start-up française.

Ecosia ne dispose que d'une infime part de marché dans le secteur des moteurs de recherche, et encore plus infime dans celui des navigateurs web, mais l'annonce a de quoi étonner. Son fondateur, Christian Kroll, a annoncé à Politico qu'il allait stopper son partenariat avec Mistral AI.

"Nous sommes déçus de la qualité (des modèles) de Mistral," explique-t-il. Il estime que l'entreprise a même "un an de retard" sur ses concurrents américains et chinois.

Le mix énergétique français en cause?

Un revirement alors qu'en mai 2026, Ecosia disait adieu à OpenAI. Avec Mistral, le moteur de recherche, "qui plante des arbres" et qui se veut respectueux de l'environnement, espérait avoir trouvé la perle rare: "Nous étions tout simplement un client trop important pour Mistral." L'infrastructure de la société française n'aurait pas pu répondre à la demande des utilisateurs d'Ecosia.

En outre, il pointe du doigt les choix en matière d'objectifs environnementaux que Mistral a faits, en s'appuyant notamment sur le mix énergétique de la France qui s'appuie en grande partie sur de l'énergie nucléaire - véritable bête noire des écologistes allemands. Il ajoute avoir des doutes sur la véritable indépendance européenne que promet l'entreprise: "Le fait que Mistral repose sur des investisseurs internationaux n'est, à notre avis, pas vraiment quelque chose de souverain."

Si Politico n'a pas eu de commentaire de la part de Mistral, Arthur Mensch a réagi sur X, se disant "désolé que l'utilisation de l'énergie nucléaire (soit) un vrai frein".

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Lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée lundi, Guillaume Lample, le scientifique en chef de Mistral, avait quant à lui expliqué qu'il encourageait Ecosia à tester le nouveau modèle, Large 4, annoncé le 6 octobre, "dès que possible", et qu'il était même possible de fournir au moteur de recherche "un accès anticipé dès aujourd'hui".

Il estimait aussi que Mistral était en capacité de pouvoir personnaliser des modèles "grands comme plus petits" selon les clients.

Nous avons contacté Ecosia sur ces points et d'autres liés à cette affaire et mettrons notre article à jour à réception d'une réponse.

Des modèles chinois avec le risque de censure

Pour remplacer Mistral, Christian Kroll va se tourner vers les modèles ouverts, dont une grande majorité est chinoise. Il souhaiterait que l'Europe s'inspire du modèle de la Chine afin de concevoir des modèles moins coûteux, sans investir des milliards dans leur entraînement.

Ecosia va donc s'associer à la plateforme européenne Melious, qui héberge différents modèles open source et open weight (dont les paramètres sont connus), comme Qwen, GLM et Kimi.

"Nous avons réduit de moitié nos coûts tout en améliorant la qualité et la performance," a précisé Christian Kroll.

Interrogé au sujet des risques de censure que l'on peut observer sur les modèles chinois, notamment sur les sujets politiques, et du risque pour la sécurité globale des utilisateurs, il explique que de tels biais ne sont "pas un deal breaker", et que les distorsions géopolitiques peuvent être corrigées "par des mesures techniques". Un argument contesté par certains experts, note Politico, qui pointent du doigt "les biais subtils", intégrés directement dans les données de formation d'un modèle.

Il va falloir patienter encore un peu pour voir si cette décision ne va pas toujours par rebond le partenariat entre l'allemand Ecosia et le français Qwant. Les deux moteurs de recherche conçoivent ensemble un index européen et souverain pour concurrencer celui de Google.

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