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DÉCRYPTAGE. Sénatoriales 2026 ce dimanche : la droite sous pression, le RN vise un groupe au Sénat

l'essentiel Les grands électeurs renouvellent ce dimanche 178 des 348 sièges du Sénat. Si la majorité de droite et du centre ne paraît pas menacée, le scrutin pourrait rebattre les cartes en son sein et permettre au Rassemblement national de constituer, pour la première fois, un groupe à la Chambre haute.

Il n’est pas certain que les Français s’intéressent beaucoup ce dimanche aux élections sénatoriales, non seulement parce que ce scrutin est réservé aux seuls grands électeurs mais aussi parce que l’attention sera focalisée sur le voyage du pape Léon XIV en France, qui est depuis hier à Lourdes (lire pages 2 et 3). Et pourtant ces élections, les dernières avant la présidentielle de 2027, sont lourdes d’enjeux car le Sénat renouvelé sera en place pour le début du mandat du prochain président de la République et que son équilibre sera, forcément, déterminant. Si la Chambre haute devrait rester à droite, un groupe d’extrême droite pourrait, en effet, s’y constituer, après le vote, ce dimanche, de 93 469 grands électeurs, dont 95 % de conseillers municipaux, qui doivent renouveler 178 des 348 sièges du Sénat.

178 sièges de sénateurs à pourvoir
178 sièges de sénateurs à pourvoir DDM

Les Républicains devraient continuer à être le premier groupe de la Haute assemblée, mais ils pourraient reculer. Avec 131 sénateurs aujourd’hui, le groupe présidé par Mathieu Darnaud pourrait perdre entre trois et dix sièges, selon les estimations rapportées par Public Sénat. Ce recul ne ferait pas basculer le Sénat, mais il modifierait le rapport de force avec l’Union centriste, indispensable aux LR pour disposer de la majorité absolue.

Avec 59 élus, les centristes d’Hervé Marseille espèrent de leur côté rester stables, voire progresser. Ils pourraient alors dépasser le groupe socialiste, qui compte 64 membres, et franchir le seuil de 60 sénateurs permettant de saisir seul le Conseil constitutionnel.

Un groupe RN ?

Mais les regards seront surtout tournés vers le Rassemblement national. Il ne dispose actuellement que de trois sénateurs et doit atteindre dix élus pour constituer un groupe. Après ses progrès aux municipales, le RN espère gagner les sept sièges qui lui manquent, notamment dans l’arc méditerranéen. Les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône sont parmi ses terrains les plus favorables, suivis par le Var et le Vaucluse. Le vice-président du parti d’extrême droite, Sébastien Chenu, reconnaît que l’objectif « n’est pas acquis », tout en le jugeant « probablement à notre portée ».

La droite est aussi traversée par des divisions locales. Dans les Bouches-du-Rhône, Gérard Larcher, le président LR du Sénat, soutient la liste d’union autour de Renaud Muselier, tandis que Bruno Retailleau, le président du parti, appuie la candidature concurrente de Valérie Boyer.

À gauche, limiter les pertes

À gauche, l’objectif est davantage de limiter les pertes. Le PS, première force d’opposition au Sénat avec 64 élus, compte sur ses accords avec les écologistes et les communistes pour préserver ses positions. Les Écologistes redoutent, eux, de perdre deux ou trois sièges, notamment en Gironde, dans le Bas-Rhin ou dans le Rhône. La dissidence de Bruno Bernard dans le Rhône complique l’équation.

Quant à La France insoumise, qui présente des candidats dans 90 départements, elle paraît sans perspective d’obtenir son premier sénateur cette année, son principal espoir dans le Rhône ayant été contrarié par l’absence d’accord avec les écologistes.

Au-delà des étiquettes, le scrutin dira donc comment se réorganisent les équilibres du Sénat avant 2027. Gérard Larcher, qui sera candidat à un nouveau mandat au plateau, la présidence de l’institution, devrait conserver une majorité dominée par la droite et le centre. Mais son architecture et donc son fonctionnement pourraient évoluer avec un LR moins puissant, des centristes renforcés, ce possible groupe RN et une gauche sous pression. Le résultat de dimanche ne décidera bien sûr pas de la présidentielle, mais il fixera en revanche, pour trois ans, le visage d’une Chambre haute qui ne peut être dissoute et qui accompagnera les premiers temps du prochain quinquennat.