taraskuzio.com

DECRYPTAGE. Présidentielle 2027 : Philippe Brun écarté de la primaire de la gauche après des accusations de violences, tout comprendre à l'affaire en 5 questions

l'essentiel Philippe Brun ne participera finalement pas à la primaire de la gauche. Accusé par une ancienne collaboratrice de harcèlement et de violences physiques, le député de l'Eure a été suspendu du PS à titre conservatoire et conteste fermement les faits.

La primaire de la gauche devait compter six candidats, mais ils ne seront finalement que cinq. Le député socialiste de l’Eure Philippe Brun a été suspendu à titre conservatoire du Parti socialiste. Sa candidature n’a pas été ratifiée, mercredi 16 septembre, après le signalement de faits susceptibles, selon le parti, de relever d’une qualification pénale.

À lire aussi : Présidentielle 2027 : le Parti socialiste a tranché et voté pour une primaire "fermée", un désaveu pour son premier secrétaire Olivier Faure, partisan d’une primaire plus ouverte

Une ancienne collaboratrice l’accuse notamment de harcèlement et de violences physiques. Philippe Brun conteste fermement ces accusations et dénonce une affaire "instrumentalisée" pour le "tuer politiquement".

Qui est Philippe Brun ?

À 34 ans, le député de l’Eure est une figure montante du PS. Il est un fidèle d'Arnaud Montebourg, dont il a accompagné les campagnes présidentielles de 2017 et 2022. En 2024, il a lancé son propre mouvement, "Ligne populaire".

À lire aussi : Primaire de la gauche : qui sont les cinq candidats en lice pour se lancer dans la course à la présidentielle 2027, après la suspension de Philippe Brun ?

Vice-président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Philippe Brun voulait porter cette ligne dans la primaire sociale-démocrate. Parmi ses propositions figurait notamment le "salaire Brun", visant à réduire la CSG sur les salaires inférieurs à 4 000 euros afin d’augmenter le revenu net des travailleurs. Il avait annoncé mardi avoir réuni les parrainages nécessaires pour participer au scrutin. Son nom ne figurera finalement pas sur la liste des candidats : Olivier Faure, Jérôme Guedj, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel restent en lice.

Que reproche-t-on au député ?

Les accusations viennent d’une ancienne collaboratrice de Philippe Brun, licenciée en juin pour faute grave selon le député. Elles portent sur trois volets : du "harcèlement", des "violences physiques" et une situation d'"emploi familial". Cette dernière accusation renvoie à l’interdiction faite aux parlementaires d’employer un membre de leur famille ou leur conjoint.

À lire aussi : Présidentielle 2027 : Philippe Brun écarté pour violences, la primaire socialiste commence mal

Le député affirme qu’il n’a jamais entretenu de relation amoureuse avec elle et qu’ils n’ont eu qu’une relation professionnelle. Une enquête publiée en juillet par le média Le Poulpe évoquait toutefois une relation entre les deux et une "rupture amoureuse brutale", suivie d’un "licenciement". Philippe Brun affirme, de son côté, avoir lui-même subi un "un calvaire et un harcèlement continu" de la part de son ancienne collaboratrice.

L'affaire était-elle déjà connue par le PS ?

L’ancienne collaboratrice avait déjà saisi, au début du mois de juillet, deux instances internes du PS : la commission nationale des conflits et la commission de lutte contre le harcèlement et les discriminations. À ce stade, les faits avaient notamment été présentés comme relevant plutôt d’un conflit de nature prud’homale.

Toutefois, mardi soir, cette ancienne collaboratrice a contacté, peu avant minuit, un membre de la direction du PS et expliqué avoir porté plainte pour des faits relevant du harcèlement, de violences physiques et d’un emploi familial. La direction du parti a indiqué avoir été informée ce soir-là de faits "susceptibles de relever d’une caractérisation pénale". Le lendemain matin, le bureau national du PS s’est réuni et a voté la suspension de Philippe Brun à titre conservatoire, "à l’unanimité moins une opposition et trois abstentions", en invoquant la "défense des droits des femmes". Sa candidature à la primaire n’est donc pas ratifiée.

Existe-t-il une plainte ?

L’ancienne collaboratrice aurait déposé plainte, selon une source socialiste citée par l’AFP. Philippe Brun affirme toutefois ne pas être au courant d’une telle procédure. Contacté ce jeudi par Le Parisien, le parquet de Paris indique n’avoir reçu aucune plainte à ce stade.

Quelles sont les réactions ?

Dans un premier message publié sur X, Philippe Brun a exprimé sa "stupeur", assurant ne pas connaître les faits qui lui étaient reprochés et ne pas avoir été entendu par les instances du PS. Il a confirmé que les accusations émanaient d’une "ancienne collaboratrice", qu’il affirme avoir "licenciée pour faute grave".

J'ai appris avec stupeur ce matin ma suspension conservatoire du Parti socialiste et mon interdiction de pouvoir me présenter à la primaire.

Une ancienne collaboratrice que j'ai licenciée pour faute grave aurait saisi hier à 23h50 la direction du parti de faits "pouvant être…

— Philippe Brun (@p_brun) September 16, 2026

Lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, le député a ensuite nié avoir entretenu une relation avec cette femme. Il a également rejeté les accusations d’emploi familial et affirmé n’avoir jamais été saisi par la déontologue de l’Assemblée nationale à ce sujet.

Philippe Brun accuse par ailleurs le PS d’avoir "instrumentalisé" leur conflit pour le "tuer politiquement". "Vous voulez empêcher quelqu'un de se présenter à une élection, vous envoyer un mail à 23h50 pour dire j'ai été victime de ceci et, sans aucun contradictoire, sans aucune vérification de quoi que ce soit, sans aucun travail judiciaire, on empêche la personne de se présenter", a-t-il dénoncé. Il a annoncé son intention de saisir les instances internes du PS et de déposer plainte afin que la justice "établisse les faits".

\ud83d\udd34Philippe Brun écarté du PS \u27a1\ufe0f "Il n'y a aucune volonté de ma part d'éliminer Philippe Brun", assure Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste pic.twitter.com/WLhs9C5OKL

— franceinfo (@franceinfo) September 17, 2026

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure défend, lui, la décision prise par le bureau national. Invité sur franceinfo, il a assuré qu’il n’y avait "aucune volonté" de sa part d’écarter Philippe Brun de la primaire et qu’il n’y était "pour rien".

Il estime néanmoins que les accusations rapportées à la direction du parti sont "suffisamment graves" pour justifier une suspension à titre conservatoire. "Sur un sujet comme celui-là, nous ne pouvons pas être de ceux qui se lavent les mains et qui considèrent que la parole des femmes n'a aucune valeur", a-t-il déclaré.