De simple cadre à Nice à propriétaire de 100 appartements à Dubaï : le pactole suspect d’une Franco-Russe arrêtée dans les Alpes-Maritimes
Comment une simple cheffe de projet d’une entreprise à Nice a pu investir plus de 50 millions d’euros dans l’immobilier à Dubaï ? C’est toute la question que se pose Parquet national financier (PNF) à propos de Svetlana A.
Âgée de 45 ans et naturalisée française en 2017, elle a été interpellée en juillet dans les Alpes-Maritimes alors qu’elle venait renouveler son passeport français, selon les informations du Monde. Elle a été mise en examen pour « escroquerie en bande organisée, blanchiment aggravé de fraude fiscale, et association de malfaiteurs », a indiqué le PNF.
Selon une source judiciaire, la justice soupçonne Svetlana A. et son conjoint britannique, Robert H., d’avoir manipulé le cours d’une cryptomonnaie qu’ils ont créée, le « verasity ». Après avoir vu sa valeur multipliée par 65 au printemps 2021, cette cyberdevise s’est effondrée, perdant 99,98 % de sa valeur.
Une centaine d’appartements et trois villas de luxe à Dubaï
Ces mouvements spéculatifs auraient permis d’investir, pour la seule année 2022, plus de 50 millions d’euros dans une centaine d’appartements et trois villas d’exception aux Émirats arabes unis, générant au moins 4 millions d’euros de revenus locatifs. Svetlana A. a notamment acquis en juin 2022 un immeuble entier de 73 appartements à Dubaï pour 17,4 millions d’euros, transféré ensuite à une société d’Abou Dhabi via un montage financier opaque.
Parallèlement, l’enquête s’intéresse à un volet criminel aux Émirats, où deux de ses locataires russes, également liés au secteur des cryptomonnaies, ont été retrouvés démembrés dans le désert à l’automne 2025.
Par la voix de son avocat Me Peter Sahlas, la mise en cause, actuellement sous écrou, « sait n’avoir commis aucune faute » et affirme que l’origine de ses fonds est « documentée et licite » rapporte Le Monde.
Résidant à l’étranger depuis 2022, la quadragénaire affichait jusqu’alors un profil très ancré sur la Côte d’Azur. Sur LinkedIn, elle se présente comme salariée dans la branche niçoise d’une multinationale du tourisme. Selon nos informations, elle possède toujours deux biens immobiliers acquis entre 2018 et 2021 du côté de Cannes.