De Lourdes à Washington, les reliques de sainte Bernadette à la conquête des États-Unis
Les reliques de sainte Bernadette entament vendredi 18 septembre une tournée américaine, avec pour point de départ la basilique du Sanctuaire national de l’Immaculée Conception de Washington. Jusqu’en août 2027, pas moins de 140 étapes sont prévues tout au long de ce « Chemin de Grâce ».
Pour toucher les jeunes générations, ces reliques seront présentées pour la première fois dans des universités, comme celle de Villanova (Pennsylvanie) où le pape Léon XIV a fait ses classes. Ce pèlerinage peut également être suivi via le site officiel, sur lequel il est possible – entre autres – d’allumer à distance un cierge au sanctuaire de Lourdes ou de soumettre des intentions de prière…
Née en 1844 à Lourdes, Bernadette Soubirous grandit dans une famille pauvre. À 14 ans, elle vit sa première apparition au rocher de Massabielle. Entre février et juillet 1858, elle est témoin de 18 rencontres avec la Vierge Marie, qui lui livre trois « secrets ». À la seizième apparition, celle-ci lui révèle être « l’Immaculée Conception » – un dogme proclamé quatre ans plus tôt par Pie IX que la jeune fille, peu instruite, n’aurait pas pu connaître.
Un corps demeuré « intact »
Alors que la rumeur de ces apparitions enfle, Bernadette Soubirous est propulsée malgré elle sous les projecteurs, devenant notamment « la première sainte photographiée ». Après avoir diffusé son message, et préférant une vie de recueillement et de prières, elle entre une dizaine d’années plus tard chez les Sœurs de Nevers, sous le nom de sœur Marie-Bernard. De santé fragile, la jeune femme meurt à 35 ans.
Dès 1907, des démarches pour sa béatification et sa canonisation sont engagées. Quarante-six ans après sa mort, en avril 1925, son corps est exhumé par les docteurs Comte et Talon pour récupérer des reliques. Les deux médecins jugent scientifiquement « inexplicable » la parfaite conservation des organes internes : sa dépouille est demeurée « intacte ».
Des fragments de ses 5e et 6e côtes, ses rotules, des cheveux, des fragments de peau et de muscles sont prélevés, et confiés à la congrégation des Sœurs de la Charité de Nevers, sous la surveillance de l’évêque de Nevers. Le 14 juin 1925, Bernadette Soubirous est proclamée « bienheureuse » par le pape Pie XI, avant d’être canonisée le 8 décembre 1933.
Les Sœurs de Nevers offrent ensuite des reliques de la sainte à différentes maisons de leur congrégation. Celles qui parcourent actuellement les États-Unis dans un reliquaire en or ont été données aux Pères de Garaison, missionnaires de l’Immaculée Conception. En 1866, à la demande de l’évêque de Tarbes, ces derniers deviennent les premiers gardiens de la grotte de Massabielle, prenant en charge le développement des pèlerinages et du sanctuaire de Lourdes.
Enthousiasme américain
En 2018, le supérieur général des Missionnaires de l’Immaculée Conception confie ces reliques au sanctuaire pyrénéen. Depuis, elles sillonnent les paroisses de France et d’Europe. D’avril à août 2022, elles foulent pour la première fois le sol des États-Unis. De New York à Los Angeles en passant par le Texas ou la Floride, le reliquaire parcourt 16 000 kilomètres, traverse 32 diocèses et 45 localités. Et soulève l’enthousiasme des fidèles : certains font jusqu’à six heures de route pour prier sainte Bernadette tandis que 3 000 personnes se réunissent dans une paroisse texane.
« Embrasser ou toucher un reliquaire n’est pas de la magie, mais un geste d’attachement à cette foi », précise cependant le site officiel du pèlerinage américain de 2026. « C’est un acte d’appartenance au peuple de Dieu. Nous marchons sur les traces de ce saint, un chercheur de Dieu qui a donné un exemple et qui nous inspire à suivre son cheminement spirituel. » Sur les plus de 7 000 guérisons rapportées en lien avec le sanctuaire de Lourdes, 72 ont été officiellement reconnues comme miraculeuses par l’Église.