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« De la Comédie-Française » : ce film est une fabuleuse machine à gags, avec la formidable Pauline Clément

Pauline Clément, Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline D’Hermy et Marina Hands dans « De la Comédie-Française », de Martin Darondeau et Bertrand Usclat.

Pauline Clément, Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline D’Hermy et Marina Hands dans « De la Comédie-Française », de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. ATELIER DE PRODUCTION COMÉDIE-FRANÇAISE/FRANCE 2 CINÉMA

Pour aller plus loin

On aurait pu craindre de « De la Comédie-Française » le pire d’une commande officieuse vantant en sous-main le génie de l’institution, entre complaisance crasse, humour de caste et cuistrerie de bon aloi. La grande force du film de Martin Darondeau et de Bertrand Usclat tient au contraire au regard frais et décomplexé qu’il pose sur les arcanes du Français, jouant avec ses fétiches, ses petites habitudes et ses mythes supposés, dans la légèreté et le détachement qui conviennent à l’exercice. On est à la fois plus proche du délire assumé que de la chronique fielleuse, et des ressorts classiques d’une comédie populaire que d’un prototype improbable ambitionnant d’importer au cinéma le style maison. Comme le souligne le générique, qui égrène l’impressionnant contingent de sociétaires composant les trois quarts de la distribution, les grands artisans du film viennent d’ailleurs.

Les réalisateurs Martin Darondeau et Bertrand Usclat se sont illustrés en parodistes délicats et néanmoins prolifiques, via la série « Broute » (trois saisons sur Canal+) qui s’amusait en quelques saynètes des tics éditoriaux et autres motifs récurrents du petit monde d’internet. On retrouve ici intacts le rythme acéré, les enjeux clairs et le sens de la caricature qui ont fait le succès du format : le film enclenche dès le départ une course contre la montre (remplacer l’interprète de « Macbeth » quelques heures avant la première) et alimente par un habile mélange de stress, de travers humains et d’urgences logistiques une machine à produire de la panique et des gags. Par-delà sa réussite mécanique, l’ensemble brille grâce à ses comédiens. Les valeurs sûres du Français bien sûr (de Laurent Stocker, impayable en cocu égocentrique, à Guillaume Gallienne, impeccable le temps d’un caméo), et au premier chef Pauline Clément, fausse lymphatique et vraie nature comique, aussi à l’aise pour créer de la drôlerie dans l’urgence que pour tresser fantaisie et dépression.

Par  Guillaume Loison