"Dans d’autres pays, ils ont moins de problèmes, c’est l’Etat qui paye tout" : Gilles Sezionale, le président de la FFN, revient sur l’organisation des Championnats d’Europe
La fédération organise les Championnats d’Europe jusqu’au 16 août. Au matin des épreuves de course dans le bassin de Saint-Denis, son président fait le point.
La France n’avait plus organisé des Championnats d’Europe de natation depuis 1987 à Strasbourg. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ?
Parce que nous n’avions pas les équipements (une piscine avec une jauge pouvant accueillir 5 000 spectateurs minimum) pour cela, tout simplement.
On l’a vu lors des Jeux Olympiques de Paris, on peut installer des bassins un peu partout aujourd’hui. Pourquoi ne pas l’avoir fait ?
(rires) Le coût. Ce n’est même pas envisageable. Sans la piscine de Saint-Denis, héritage des JO, il faudrait louer une Arena, installer deux bassins… Notre budget serait multiplié par deux.
"Les Mondiaux, c’est 120 millions"
Quel est celui des Championnats d’Europe ?
Grosso modo, ça tourne autour de 15 millions d’Euros. Pour infos, des Championnats du monde, c’est 120 millions. L’aide des collectivités ne pouvant pas excéder les 20 % du total de notre budget – c’est la loi en France –, il a fallu aller chercher des sponsors. Et même engager nos fonds propres.
La Fédération s’est-elle mise en danger ?
Non, On espère bien sûr équilibrer. Avec la billetterie, la gestion pointue de toutes les factures… On doit vraiment remercier tous ceux qui nous ont suivis dans une période où c’est très compliqué financièrement. Ça a nécessité deux ans de travail. C’était un gros chantier sur lequel toutes les équipes de la FFN ont travaillé. Dans d’autres pays, ils ont moins de problèmes. C’est l’État qui paye tout. Ce n’est pas un hasard si on revient sans cesse à Budapest (pour les Championnats d’Europe ou du monde)…
Un mot sur la billetterie. Est-il encore possible de trouver un billet pour les épreuves de natation course, à partir de lundi ?
Non, c’est plein ! Ça l’était un peu moins pour la natation synchronisée la semaine dernière, une discipline qui, d’ordinaire, fait le plein.
"Des espoirs de médailles"
Qu’attendez-vous sportivement de ces Championnats d’Europe ? Vos têtes d’affiche (Marchand, Grousset…) sont quelque peu patraques.
Léon Marchand (blessé à un adducteur) ne devrait pas prendre de risque. Je ne crois pas qu’il soit au départ du 400 m 4 nages ce lundi, sa première épreuve de la semaine initialement. Maxime Grousset, lui, a bien récupéré de sa fracture mais il risque d’en manquer un peu (d’entraînement). Ceci étant, il y a quand même pas mal d’espoirs de médailles. Pour le reste, on ne peut pas prévoir les blessures.
Il y a deux ans, la natation a pris une part prépondérante à la réussite des Jeux Olympiques en France. La FFN en a-t-elle profité ?
Derrière Léon Marchand, notre roi des Jeux de Paris avec quatre médailles individuelles, il y a un vrai renouveau. Sans lui, on a fini deuxième nation des Championnats d’Europe à Dublin. Chez les juniors, il y a une génération qui arrive. Grâce à notre politique de détection mise en place depuis 2017, la machine est en route même si c’est encore un peu compliqué chez les filles. Il faut continuer à travailler. Rien n’est jamais acquis. Quand ils voient Léon, les jeunes se disent : "On peut y arriver nous aussi".