Danone rebondit, Deutsche Bank abandonne son conseil de vente
Après une baisse de plus de 20 % depuis le début de l’année, Danone obtient un soutien venu des analystes. Deutsche Bank estime que la correction du titre a désormais suffisamment réduit sa valorisation pour ne plus justifier une recommandation à la vente. Le groupe agroalimentaire reste toutefois confronté à plusieurs défis, notamment sur le marché américain.
Danone gagne 1 % à Paris
L’action Danone avançait d’environ 1 % à 60,90 euros à la mi-journée. Le titre faisait ainsi mieux que le CAC 40, qui progressait d’environ 0,5 % au même moment.
Cette hausse intervient après une modification de la recommandation de Deutsche Bank. L’établissement allemand passe de « vendre » à « conserver », tout en maintenant son objectif de cours à 61 euros.
Ce changement ne traduit donc pas une forte révision à la hausse des perspectives opérationnelles du groupe. Il reflète surtout la correction déjà enregistrée par l’action et la baisse importante de sa valorisation.
Une action en baisse de 21,4 % depuis janvier
Depuis le début de 2026, l’action Danone a perdu 21,4 %, alors que les bénéfices attendus à douze mois ont, eux, progressé de 1,6 %. Cette divergence a entraîné une contraction importante des multiples de valorisation.
Le ratio cours sur bénéfices attendus à douze mois, ou PER, est ainsi passé de 18,7 fois à 14,5 fois.
Autrement dit, les investisseurs sont aujourd’hui prêts à payer nettement moins cher chaque euro de bénéfice futur du groupe qu’au début de l’année.
Cette baisse explique en grande partie l’évolution de la position de Deutsche Bank. Début septembre encore, l’établissement maintenait sa recommandation à la vente et venait d’abaisser son objectif de cours de 63 à 61 euros.
Deutsche Bank reste prudente
Le passage à « conserver » ne constitue cependant pas un signal d’optimisme marqué.
La banque considère que la baisse du multiple de valorisation de Danone était en partie justifiée. Les prévisions de bénéfices à douze mois ont certes progressé, mais leur hausse de 1,6 % reste nettement inférieure à celle anticipée pour le marché, à 13,5 %, et pour le secteur européen des biens de consommation de base, à 4,4 %.
L’environnement sectoriel demeure également délicat. Deutsche Bank estime que les biens de consommation de base pourraient continuer à sous-performer tant que le pouvoir d’achat des consommateurs progressera moins rapidement que le PIB nominal.
La capacité des groupes alimentaires à augmenter leurs volumes sans multiplier les promotions constitue donc un point de surveillance important.
Les États-Unis restent un point faible
Danone doit notamment améliorer ses performances américaines.
Deutsche Bank juge toujours faibles les tendances observées dans les produits laitiers et d’origine végétale aux États-Unis. Le groupe doit également absorber des effets défavorables liés à l’évolution de ses canaux de distribution avant d’espérer une amélioration plus nette de son activité sur ce marché.
La situation contraste avec plusieurs initiatives récentes du groupe destinées à renforcer son portefeuille. Danone a notamment finalisé début septembre l’acquisition de Huel, spécialiste de la nutrition fonctionnelle, après avoir obtenu l’autorisation britannique en août.
Le groupe a aussi levé cette semaine 1,5 milliard d’euros au moyen d’une émission obligataire en trois tranches.
La valorisation devient plus raisonnable
Le changement de recommandation traduit finalement une nouvelle équation boursière pour Danone.
À près de 61 euros, Deutsche Bank ne considère plus que le potentiel de baisse justifie une recommandation à la vente. Mais avec un objectif de cours également fixé à 61 euros, l’établissement ne table pas non plus sur une forte revalorisation à court terme.
La suite dépendra donc davantage des résultats opérationnels : évolution des volumes, dynamique des marchés américain et chinois, progression des marges et contribution des nouvelles acquisitions.
Après une chute de plus de 20 % depuis janvier, le titre bénéficie aujourd’hui d’une valorisation moins exigeante. Pour transformer ce répit boursier en reprise durable, Danone devra désormais démontrer que ses bénéfices peuvent retrouver une croissance plus soutenue.