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Damien Marx : pour partir.com, l’IA est un levier plus qu’une menace

Damien Marx développe la notoriété de sa marque avec des formats... papiers




Partir.com permet de créer des voyages sur-mesure (aussi pour les agents de voyages) - Photo : Damien Marx

Partir.com permet de créer des voyages sur-mesure (aussi pour les agents de voyages) - Photo : Damien Marx

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Il a commencé sa carrière à une époque marquant la fin de l’âge d’or des agences de voyages.

En 2000, Damien Marx est recruté comme chef de projet web chez Coface, la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur. À cette époque, Internet passait par des modems qui chantaient une petite musique que les premiers geeks n’ont pas oubliée.

Seulement 14% de la population française avait accès à ce qui allait devenir la révolution de ce siècle nouveau. Les agents de voyages regardaient alors avec scepticisme ces ados qui transformaient les garages de leurs parents en start-up.

"Je suis sorti des études au moment de l’explosion d’Internet. J’ai fait une école d’ingénieur, puis j’ai travaillé quinze ans dans une filiale de la Banque Populaire, où j’ai débuté comme développeur, avant de devenir responsable informatique et de gérer de grandes équipes.

En parallèle, j’ai créé un réseau social dans le sport, afin de trouver des partenaires pour jouer des matchs de tennis. En fait, c’était un peu comme Facebook, vous aviez vos amis que vous retrouviez sur les terrains.

C’est arrivé trop tôt, il n’y avait pas assez d’utilisateurs d’Internet

", se remémore Damien Marx.

Ce Facebook du tennis devient le LinkedIn de la balle jaune, après l’organisation d’un tournoi de décideurs lyonnais, mais en 2003, Tennis Défi - de son vrai nom - ferme ses serveurs.

Qu’à cela ne tienne, cette première initiative, loin d’un grand groupe, plante une graine dans la tête du responsable informatique. Il souhaite donner plus de sens à son quotidien et quitter un milieu dans lequel il ne s’épanouit pas vraiment.

A lire : Quand Rothko et Zao Wou-Ki révèlent l’invisible en voyage selon Damien Marx

Partir.com : un moteur de recherche de... destinations

Il profite d’une restructuration de la Coface pour retrouver sa liberté.

Nous sommes au milieu des années 2010, le voyage explose sur la toile, avec malgré tout quelques lacunes.

"Je pars du constat que, finalement, organiser un voyage, c’est compliqué. Il y avait à la fois un besoin et j’étais passionné par ce secteur.

À cette époque, les recherches se limitaient à deux critères, la destination et la date.

Alors que voyager est bien plus complexe. Il y a déjà la composition des participants - famille, couple, etc.-, les activités, la température ou la météo espérée. Est-ce que je veux aller me baigner ?, etc.

Je me lance alors dans la création d’un moteur de recherche de destinations. Il y avait près de 50 critères pour faire son choix

", nous explique-t-il.

De ce postulat va naître Partir.com.

La plateforme évolue au fil des mois et des développements de son fondateur. Partant de l’approche "lean start-up" - des d’avancées par itérations -, il ajoute toujours plus de contenus et de services en faveur des internautes.

Assez rapidement, le site se fait une place à côté de mastodontes comme Génération Voyage ou Le Routard. Car, le voyage a de nombreuses vertus. Il peut être un échappatoire, un instant libérateur, une étape de rédemption ou le séjour qui change une vie, en permettant de rencontrer la personne qui partagera un bout de chemin.

Pour Damien Marx, il lui a surtout permis de trouver… son business model.

Partir.com : un business model trouvé… lors d’un voyage !

Sur Partir.com, "nous avons trois volets : je m’inspire, je m’informe et je compare" explique Damien Marx - Photo : Jules Despretz

Sur Partir.com, "nous avons trois volets : je m’inspire, je m’informe et je compare" explique Damien Marx - Photo : Jules Despretz

"À cette époque-là, avec mon ex-compagne, nous sommes partis au Sri Lanka. J’avais trouvé le contact d’un guide local quelque part sur un forum. Nous nous sommes donc retrouvés dans un aéroport, au Sri Lanka, avec mes deux fils de 5 ans, à attendre une personne à qui j’avais simplement envoyé un mail.

Passé un moment de doute, l’expérience a été incroyable, cela ressemblait à ce que fait Evaneos aujourd’hui

", se remémore Damien Marx.

Quelques semaines plus tard, avec des souvenirs en pagaille, la famille lyonnaise rentre à la maison. Et la vision du dirigeant a évolué : "les guides, les réceptifs, à l’autre bout du monde, ne peuvent pas toujours avoir un site Internet ou mener des actions marketing en France. Dans le même temps, les clients de Partir.com avaient envie de passer en direct]i", nous confie Damien Marx.

Le site devient alors un véritable millefeuille, les briques étant ajoutées les unes aux autres.

Il est à la fois un moteur d’inspiration, un guide de voyage, un comparateur et une plateforme de mise en relation directe entre les voyageurs et les professionnels du tourisme, qu’ils soient réceptifs, tour-opérateurs, agents de voyages, etc.

"Nous avons trois volets : je m’inspire, je m’informe et je compare. Je pars des besoins des voyageurs, je propose un outil ou un service, puis j’ajuste et j’améliore la chose.

Cette méthode m’a permis de travailler le référencement, car le SEO consiste finalement à répondre aux intentions de recherche des internautes et à travailler la façon d’apporter cette réponse.

L’enjeu était donc d’apporter une réponse fiable, avec une lecture rapide et visuelle, le tout sur un site facile à utiliser

", poursuit-il.

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Partir.com permet de créer des voyages sur-mesure (aussi pour les agents de voyages)

Grâce à ces deux années sous la protection de Pôle emploi, Damien Marx peaufine et développe son site, qui devient très rapidement une référence nationale.

"Avec mes économies, j’ai acheté le nom de domaine, qui appartenait à une personne qui mettait des photos de ses chiens depuis l’Argentine. Il m’a fallu deux ans et beaucoup de travail pour que ça démarre. Puis j’ai pu créer des emplois, faire travailler près de 50 journalistes.

Ces deux ans de chômage ont été bien profitables pour l’État

", témoigne ce grand lecteur de TourMaG.com, dans un contexte de remise en question des acquis sociaux.

Le site trouve une bonne place sur Google, l’audience est au rendez-vous. La progression est constante, au point de s’approcher des 10 millions de visiteurs par an.

Aujourd'hui, l’arrivée de l’IA n'est toujours pas un frein à cela. Elle est même plutôt un levier de développement.

"Grâce au travail de nos rédacteurs, nous ne proposons que des informations vérifiées, et nous apportons une couche d’outils que l’IA n’a pas.

Et alors que ChatGPT fournit des réponses textuelles, nous essayons d’être plutôt visuels, de proposer des cartes et des infographies, pour ne pas être en concurrence frontale avec l’IA. Pour le moment, l’audience est en légère augmentation, même si je m’attends à en perdre une partie sur des requêtes faciles.

Avant, je développais tout, tout seul. Maintenant, je m’appuie sur l’IA. Je suis devenu un chef de projet qui chapeaute le travail de cinq ou six développeurs virtuels que sont les agents IA. Les rédacteurs ont, eux aussi, un rôle de superviseur des contenus générés par les grands modèles de langage

", explique Damien Marx.

Partir.com : face à l’IA, la plateforme éditera des guides… papier !

Il poursuit : ""Sur toutes ces années, l’évolution la plus notable est le bond réalisé sur la personnalisation.

Nous avons intégré un planificateur pour créer des itinéraires, à partir des envies des voyageurs et de la base de données de nos journalistes, mais aussi une gestion du profil. C’est nouveau, mais cela permet de mieux connaître les voyageurs et de conserver leurs recherches.

Désormais, il est vraiment possible de créer un voyage sur-mesure. C’est entièrement gratuit. J’aimerais bien rencontrer des agences de voyages et leur proposer cet outil

", révèle le fondateur de Partir.com.

L’outil se veut très ergonomique et simple d’utilisation. Il permet, en seulement quelques clics, de générer un itinéraire croisant les données des journalistes. Il aura aussi pour vocation de pousser les offres des partenaires sur les destinations choisies par les voyageurs.

Ce n’est pas tout car, face au risque que représente l’intelligence artificielle, Partir.com se dote d’un écosystème pour imposer sa marque.

Durant le Covid, une chaîne YouTube a été créée.

Les plans vidéos sont achetés sur des banques d’images, un monteur se charge de créer les séquences, tandis qu’une comédienne scande les textes. La chaîne rencontre un succès d’estime, avec 5 000 heures de visionnage et 100 000 vues par mois.

Cette notoriété est au cœur des préoccupations de l’entrepreneur. Après YouTube, le Lyonnais veut faire sortir Partir.com des écrans.

"J'essaye d'avoir toujours un train d'avance. Nous allons sortir un guide papier baptisé l'Atlas des idées de voyages, aux éditions Vagnon. Je voudrais créer aussi des guides "nouveaux regards", où le voyageur apprend à regarder, à sentir autrement, il devient acteur du voyage et comprend mieux les choses.

Avec l'IA, le principal risque est la perte de confiance des internautes, donc je veux développer la marque et la confiance. Et, par ricochet, être mieux référencé sur Google et l'IA,

" conclut Damien Marx.

Finalement le nouveau monde et l'ancien ne sont pas si déconnectés.



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