Crise viticole dans le bordelais, un monde en pleine mutation
Face à la crise que traverse la filière viticole française, l'arrachage peut répondre au besoin de réduire la production de vin. Mais comment transformer ces terres et comment accompagner l'évolution des territoires ?
Patrimoine culturelle et vitrine de la France, la filière viticole représente plus de 500 000 emplois, couvre près de 770 000 hectares du territoire (environ 3% de la surface agricole utile) et représente 13 milliards d'euros de chiffres d'affaires.
Elle traverse depuis quelques années une crise sans précédent de par son ampleur, qui s'explique par de multiples facteurs.
Entre surproduction, développement de la concurrence étrangère, taxes imposées par les Etats-Unis, Covid, guerre en Ukraine, l'inflation sur les intrants, impact du changement climatique et baisse structurelle de la consommation de vin en France, la filière est en grande difficulté et tâche de se réinventer.
Au cœur de la crise, le bordelais a plongé plus vite que les autres vignobles car son modèle cochait toutes les cases : des vins rouges charpentés qui ne correspondent plus aux attentes des consommateur·ices, forte dépendance à l’exportation, grande présence en grande distribution, etc.
La pratique de l’arrachage
A Bordeaux comme ailleurs, nombre de viticulteurs demandent une aide financière de l’Etat pour l’arrachage des vignes, au même titre qu'un plan social. Depuis 2020 celui-ci tente d’aider la filière à sortir de la crise, et annonçait il y a encore un an, verser 4000 euros par hectare arraché.
Mais c’est une crise structurelle que traverse la filière, dans laquelle deux visions s’opposent : celle, majoritaire, qui veut réduire temporairement les volumes pour mieux repartir, notamment en arrachant des vignes. Et celle qui dénonce un modèle intensif à bout de souffle. Avec, en toile de fond, une question centrale : faut-il continuer à produire plus pour écouler coûte que coûte, ou bifurquer vers « moins, mais mieux » et une véritable diversification ?
Diversifier les terres et revaloriser les territoires
Plusieurs pistes de revalorisation des territoires existent, et constituent de réels choix de société.
Les exploitations peuvent se transformer, les cultures se diversifier (oliviers, fruitiers, maraîchage, élevage, agro foresterie, bio) et le patrimoine culturel et paysager être valorisé comme ressource de distinction et d'attractivité.
Mais pour qu'un territoire se restructure dans son ensemble et de manière viable, un approche collective est essentielle et nécessite un dialogue entre tous les acteurs de la filière et du territoire.
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France Inter
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