Crise diplomatique entre la France et l'Iran : Paris va expulser deux diplomates iraniens après l'agression de ses agents à Téhéran
Deux diplomates iraniens à Paris seront expulsés dans les tout prochains jours. Jean-Noël Barrot riposte ainsi aux violences subies le 19 juillet à Téhéran par deux agents français, interpellés puis séquestrés. L’ambassadeur d’Iran a été convoqué au Quai d’Orsay.
La France a officialisé l'expulsion de deux diplomates iraniens en riposte aux violences infligées à des agents français à Téhéran.
Paris a décidé de déclarer persona non grata deux membres de l'ambassade d'Iran en France, rapporte l'AFP. Cette mesure de rétorsion répond directement à l'interpellation et aux violences subies par deux diplomates français en poste à Téhéran le 19 juillet 2026.
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé mardi 18 août que ces expulsions interviendraient à très court terme.
Riposte ferme du Quai d'Orsay
Sur le réseau social X, Jean-Noël Barrot a confirmé la mise à exécution des avertissements français : "J'avais annoncé que cet acte intolérable serait suivi de conséquences. C'est fait. Deux diplomates iraniens en France seront expulsés dans les tout prochains jours."
Le chef de la diplomatie française a justifié cette décision en réaffirmant l'engagement de la France aux côtés de la société civile iranienne. Le Quai d'Orsay a précisé dans un communiqué que cette sanction fait suite à "l'agression extrêmement grave commise par les services de sécurité iraniens à l'encontre de deux agents de l'ambassade de France en Iran, le 19 juillet, en violation flagrante du droit international". L'ambassadeur d'Iran à Paris a été convoqué au ministère pour se voir notifier la mesure.
Chronologie des tensions à Téhéran
Les faits à l'origine de cette crise remontent au 19 juillet, date à laquelle deux agents de l'ambassade de France ont été interpellés lors d'un rendez-vous privé. Selon les déclarations de Jean-Noël Barrot, les diplomates ont été séquestrés pendant près de quatre heures sans moyen de communication, et un conseiller culturel a été "violemment pris à partie, frappé".
Les autorités de la République islamique ont rejeté toute accusation de mauvais traitement. Téhéran a soutenu que les fonctionnaires avaient uniquement fait l'objet d'un contrôle d'identité après une rencontre non autorisée avec des opposants au régime. Les deux agents sont rentrés à Paris le 22 juillet afin de poursuivre leur mission depuis la France.
Rupture diplomatique et otages d'État
L'annonce française fait écho au durcissement affiché par le gouvernement iranien. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les deux agents français ne recevraient plus d'autorisation de séjour sur le sol iranien, les accusant d'ingérence contraire à la Convention de Vienne.
Cette escalade diplomatique s'inscrit dans un climat bilatéral délétère. Téhéran détient toujours plusieurs ressortissants français considérés par Paris comme des "otages d'État", à l'image de Cécile Kohler et Jacques Paris, emprisonnés depuis mai 2022.