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Crise à l’Union belge: le CEO Peter Willems limogé après un bras de fer avec la présidente Pascale Van Damme

Peter Willems et Pascale Van Damme © BELGA

En apparence, le calme régnait ces dernières semaines au sein de l’Union belge, mais en coulisses, la tempête couvait. Un conseil d’administration extraordinaire s’est réuni ce mardi et a décidé de licencier le CEO Peter Willems. Le clap final d’une guerre froide avec la présidente de la Fédération, Pascale Van Damme. “Cela faisait des mois qu’ils ne se parlaient presque plus.”

Niels Vleminckx

15 septembre 2026, 19:29Dernière mise à jour: 22:09

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Tubize, le lundi 7 septembre. La Fédération convoque la presse en urgence au siège national pour un point média. Au centre: la présidente, Pascale Van Damme, tout de blanc vêtue. À sa gauche: le CEO, Peter Willems, dans un sobre pull gris porté sur une chemise.

Officiellement, ils s’affichent côte à côte pour défendre la position de la RBFA face au président de la FIFA, Gianni Infantino. Mais pour quiconque sait que le feu couve entre eux depuis des mois, leur communication non verbale trahit une fracture béante. Avant, pendant et après la conférence de presse, les deux dirigeants évitent soigneusement de se regarder.

(La suite ci-dessous)

Infantino et Van Damme lors du huitième de finale de la Coupe du monde opposant les États-Unis à la Belgique. © BELGA

Si les versions divergent sur les causes exactes de cette brouille, les grandes lignes se rejoignent.

Peter Willems émettait des réserves sur la façon dont Pascale Van Damme incarnait son rôle de présidente. S’il lui en aurait parlé en face à face, il a également laissé filtrer ses critiques auprès de représentants de l’UEFA et de la FIFA.

L’information est rapidement revenue aux oreilles de Pascale Van Damme. Ulcérée par ces critiques, et surtout par la manière dont elle les a apprises, la présidente y a vu une attaque personnelle et dénoncé une rupture de confiance. Depuis, une véritable guerre froide s’est installée entre eux. “Willems et Van Damme ne se parlaient presque plus depuis des semaines, voire des mois”, confirme-t-on au sein du personnel à Tubize. “Ils ont bien tenté de régler le problème entre eux”, mais sans succès.

L’agacement de la présidente a fini par gagner le Conseil d’administration. Le jeudi 10 septembre, Willems doit s’expliquer sur plusieurs dossiers mal gérés. C’est surtout le projet Fenix, la plateforme numérique censée devenir le cœur névralgique du football belge, qui cristallise les tensions. Lancé il y a près de dix ans, ce chantier n’en finit plus de traîner.

Il est reproché au CEO d’avoir protégé trop longtemps l’ancien responsable informatique, accumulant retards et surcoûts financiers. Le choix de sous-traiter une partie du développement à des programmeurs en Inde a, lui aussi, suscité l’incompréhension. À cela s’ajoutent d’autres litiges dans lesquels la Fédération a dû verser des indemnités compensatoires s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Pascale Van Damme profite de la dynamique pour enfoncer le clou. Moins d’une semaine plus tard, un conseil d’administration extraordinaire est convoqué pour sceller le sort du CEO.

(La suite ci-dessous)

Peter Willems. © Photo News

Pour sa défense, Peter Willems peut pourtant faire valoir une cure d'austérité réussie et des recettes commerciales record. D'un déficit de 12 millions d'euros avant son arrivée, la Fédération s'apprête à afficher un bénéfice de près de 8 millions d'euros. Pour redresser les comptes, Willems a sabré dans les effectifs et les dépenses, appliquant à la lettre la feuille de route qui lui avait été confiée.

À l’inverse, Pascale Van Damme fait elle-même l’objet de retours critiques de la part de la FIFA et de l’UEFA concernant ses interventions.

À l’issue du conseil d’administration extraordinaire réuni cet après-midi, le couperet est finalement tombé: Peter Willems est démis de ses fonctions de CEO de la Fédération belge de football.

Van Damme. © Photo News

Willems est arrivé à l'Union belge en février 2024 pour devenir le directeur de l'arbitrage. Nommé directeur Sport deux mois plus tard, il avait vu cette fonction être élargie avec le rôle de CEO en septembre 2024, en remplacement de Piet Vandendriessche. En juillet 2025, il avait été prolongé jusqu'en mai 2028.

Avant de rejoindre l'Union belge, Willems avait été le CEO d'Oud-Heverlee Louvain entre janvier 2019 et septembre 2023.

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