"Créer un ADN biterrois fort" : Gurthrö Steenkamp, nouveau manager général de l’ASBH, se confie avant la reprise
Pour sa première en tant que manager général, Gurthrö Steenkamp clame une AS Béziers Hérault ambitieuse, mais lucide, à quatre jours du premier match de préparation de la saison 2026/2027 face à Narbonne ce mardi 11 août.
Vous êtes devenu manager général de l’ASBH en juin dernier, c’est le président (Bobby Skinstad) qui vous a convaincu ?
C’est une drôle d’histoire. Quand j’étais tout jeune, c’était un de mes héros. Après, on a joué ensemble pour l’Afrique du Sud. On faisait partie de l’équipe des Springboks qui a gagné le Coupe du Monde en 2007 en France. On a eu plusieurs échanges ces derniers 12 mois. Il m’a sollicité pour savoir si j’étais intéressé par le projet. J’ai dit "oui bien sûr" mais j’ai pris le poste sous la condition de recréer une nouvelle dynamique à Béziers, un ADN biterrois fort et français. Je ne voulais pas créer un environnement "sudaf". C’est pour ça que tous nos étrangers ont été obligés d’apprendre le français, parce qu’on est en France. Le but pour moi, c’est d’apporter avec mon staff et le club quelque chose de bien pour notre public.
C’est votre première expérience en tant que manager général. À quoi ressemble votre nouveau quotidien ?
Ça fait des années que je travaille pour ça. Je suis quelqu’un qui est fort dans la construction de l’équipe et le fait de tirer le meilleur et trouver le levier de chacun. Même s’il y en a certains dans mon staff que je n’ai pas choisi, je fais le devoir, je fais des entretiens pour comprendre les points forts, les axes d’amélioration. C’est comme ça que j’ai réarticulé le staff pour donner une mission très claire. Je me trouve plutôt à l’aise pour l’instant, je ne dis pas que c’est facile mais c’est quelque chose qui vient naturellement. Je suis convaincu que je suis fait pour ça mais après c’est le résultat qui va parler sur le terrain. Ce n’est pas un métier c’est une passion, c’est ce que je dis aux joueurs, moi je n’ai rien à prouver, j’ai gagné des titres, j’ai vécu une très belle carrière en tant que joueur. Donc moi ce que je veux, c’est créer le début d’une nouvelle génération qui va rendre fier tout le monde, leur famille, leurs amis, notre public, c’est ça qui me pousse.
"On a eu très peu de temps pour préparer la saison"
Au niveau des recrues, de l’effectif en place, les conditions sont-elles réunies pour réaliser une bonne saison ?
Malheureusement, j’ai pris le poste très tard. On a eu très peu de temps pour préparer la saison. Mais c’est un challenge que j’ai accepté. Pareil pour le staff et les joueurs. On a compris dès le début qu’il y avait un effectif réduit. Mais petit à petit, on est en train de le renforcer. Je sais bien que par rapport à d’autres équipes, on n’a pas les mêmes moyens, mais je pense que c’est ça qui va forger le caractère de notre équipe. On sait que chacun doit faire son travail. Chacun doit prendre ses responsabilités pour faire avancer notre projet.
Quelles sont vos premières impressions au niveau des entraînements avant la reprise ?
Pour être très honnête, j’étais vraiment étonné par les très bons comportements de nos joueurs. Leur implication, leur rigueur de travail. On sait bien qu’en France, on dit souvent que les joueurs râlent tout le temps. Ils n’ont pas encore râlé, je pense que ça va venir bientôt (il sourit). Mais non, franchement, je pense qu’ils ont cette volonté de vouloir bien faire. Ils sont tous présents, ils posent de bonnes questions. Je pense que le message est clair pour tous les nouveaux. On tourne une nouvelle page, c’est une nouvelle équipe, c’est un nouveau staff. Nous, on n’est pas là pour juger les joueurs par rapport à ce qu’ils ont fait l’année dernière. Le message est clair, si tu étais numéro un l’année dernière, ça ne veut pas dire que tu vas être numéro un cette année. Si tu es le troisième choix, tu peux devenir le numéro un. Chacun a l’opportunité de montrer sa qualité. Je pense que les joueurs ont bien apprécié ça. Ils ont accepté le défi et on travaille tous dans le même sens.
"Le but, ce n’est pas de jouer le maintien"
Avez-vous un objectif au niveau du classement cette saison ?
C’est très difficile à dire. Je ne connais pas encore assez bien ce groupe. On va voir déjà après le premier bloc, ce qu’on aura décidé en tant qu’équipe. Bien sûr, le but, ce n’est pas de jouer le maintien. Mais on ne peut pas dire qu’on veut jouer le haut de tableau pour l’instant. Nos objectifs vont être fixés par rapport à nos comportements, la façon dont on veut jouer, ce qu’on a envie de mettre en place. On veut rendre fier notre public. C’est ce que je disais aux joueurs. Même si on perd un match, il faut qu’on soit fier de ce qu’on a fait. Je sais qu’en France, on dit souvent qu’il faut gagner, mais on ne peut pas que gagner ! Tu peux perdre même si tu as très bien joué, et si c’est le cas, tu peux être fier de tes efforts et tu apprends au quotidien. Pour l’instant le premier objectif pour moi c’est de vraiment commencer à reconstruire avec le staff et les gens du bureau un nouveau projet biterrois. Quelque chose qui peut durer sur le long terme et où tout le monde est impliqué.
Quelle identité de jeu voulez-vous donner à cette équipe ?
Ce qu’on va chercher, c’est d’avoir une grosse conquête. Je ne dis pas qu’on va y arriver là dès les premiers matches. Les Biterrois sont connus pour leurs gros paquets avants. On voit le public de Raoul-Barrière qui devient complètement fou quand il y a une double poussée, un double pénétrant, alors que parfois les trois-quarts peuvent marquer des essais énormes et tout le monde reste tranquille à applaudir. On a quand même des joueurs avec de très bonnes qualités en attaque, donc le but c’est de structurer les choses et de leur donner un cadre. On a aussi envie d’avoir un style de jeu un peu ambitieux qui fait rêver un peu tout le monde, mais on y va petit à petit, étape par étape. On ne va pas déjà viser la lune.
Vous savez qui sera votre capitaine cette saison ?
Je ne sais pas encore. Je vais demander à ChatGPT (rires).
Quel message voulez-vous envoyer aux supporters biterrois avant le début de saison ?
Soyez patients, laissez-nous du temps pour trouver nos marques pour construire cette équipe. S’ils nous laissent le temps, je promets qu’on va créer une équipe qui va les rendre fiers.