Couvre-feu : guerre d’Algérie, émeutes de 2005, Covid-19… Quand cette mesure a-t-elle été prise dans l’histoire de France ?
Mesure arbitraire pour les uns, nécessaire en temps de crise pour les autres, le couvre-feu, reconduit mardi pour une deuxième nuit dans plusieurs villes après les violences du week-end, a été souvent controversé dans l’histoire du pays.
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Plusieurs villes de France ont connu une deuxième nuit de couvre-feu ce mardi 20 octobre 2026. Le terme trouve ses origines au Moyen-Âge, quand une cloche signifiait le soir aux foyers qu’il était l’heure d’éteindre ou de couvrir les feux afin d’éviter les incendies de nuit. Il désigne désormais par extension une interdiction à la population de sortir à certaines heures.
Pendant la guerre d’Algérie
Dans le cadre d’un état d’urgence, une telle mesure fut notamment associée aux événements meurtriers du 17 octobre 1961 à Paris. La police, dirigée alors par le préfet Maurice Papon, réprima ainsi très violemment une manifestation du FLN interdite par un couvre-feu décrété pour les « Français musulmans d’Algérie » le 5 octobre.
Violences urbaines
Plus récemment, en juin 2023, un couvre-feu nocturne avait été mis en place pendant plusieurs nuits dans de nombreuses communes proches de Paris et en régions, en réponse aux violences urbaines survenues après la mort de Nahel, 17 ans, tué par un tir policier à Nanterre (Hauts-de-Seine) lors d’un contrôle routier après un refus d’obtempérer.
En 2005, des émeutes dans les banlieues avaient donné lieu à un état d’urgence, justifiant la possibilité pour les préfets de déclencher des couvre-feux locaux. À l’époque, vingt-cinq départements, dont Paris, furent concernés par le décret d’application, mais tous ne décidèrent pas d’y recourir.
Des émeutes aux Antilles à l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie, les nuits sous couvre-feu se sont multipliées dans les territoires d’outre-mer, en 2024 par exemple.
Crise sanitaire
Au plus fort de la crise sanitaire du Covid, les Français avaient été soumis à un couvre-feu entre octobre 2020 et juin 2021 (en dehors du réveillon de Noël), s’appliquant d’abord à plusieurs grandes villes, puis généralisé à tout le territoire métropolitain. À l’échelon national, il fallait remonter jusqu’à la Seconde Guerre mondiale pour retrouver trace d’un couvre-feu généralisé.
Outre le confinement imposé au printemps 2020, la crise sanitaire avait déjà donné lieu à des couvre-feux locaux, la ville de Nice ayant été l’une des premières à annoncer son instauration, suivie par de nombreuses communes. Partout, des dérogations étaient prévues pour les personnels de santé.
Pour les mineurs
Des couvre-feux limités aux mineurs ont plusieurs fois été appliqués. En 2009, un couvre-feu décidé par la ville de Nice pour les mineurs de moins de treize ans non accompagnés fut vivement critiqué par l’opposition socialiste.
Plus récemment, à l’été 2025, plusieurs communes avaient instauré des couvre-feux pour mineurs en réaction à des violences urbaines. À Nîmes (Gard) par exemple, il avait été interdit pendant plusieurs semaines aux moins de 16 ans de circuler seuls la nuit dans certains quartiers, après des violences liées au trafic de stupéfiants. Au printemps 2024, des municipalités comme Limoges, Béziers ou Nice avaient imposé cette mesure aux mineurs de 13 ans et moins.
Ces couvre-feux, dont l’efficacité reste difficile à mesurer, sont régulièrement attaqués en justice, notamment par la Ligue des droits de l’homme (LDH).
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