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Coupe du monde : Lionel Messi, l’ultime danse d’un récital - RTBF Actus

Premier match ? Triplé ! Comme au théâtre, Lionel Messi a donné les trois coups annonciateurs du spectacle à venir en lever de rideau d’une Coupe du monde qu’il a illuminée, mais l’artiste de 39 ans a manqué sa sortie, dimanche en finale.

L’Algérie a pris la foudre (3-0), en deux frappes éclair et un but inscrit en renard des surfaces, comme s’il voulait vite donner tort à ceux qui voulaient l’enterrer.

Le capitaine avait un sourire de gamin au moment de célébrer, enveloppé dans l’amour inconditionnel de ses coéquipiers et ses supporters, ivres de joie. Comme dit la chanson, "pour les Malouines, pour Diego, pour la dernière de Leo, Argentine, je veux te voir double championne du monde".

Par ces paroles, l’hymne officieux de l’Albiceleste au Mondial-2026, "La Cuarta Estrella" (la 4e étoile), résumait sans équivoque l’état d’esprit qui animait la sélection : sur le terrain, il y a dix soldats et un Messi.

Au deuxième match, le N.10 a encore marché sur l’eau. Malgré un penalty raté, il a infligé un doublé à l’Autriche (2-0) et s’est approprié le record de buts marqués en Coupe du monde.

Pourtant, malgré les relances des journalistes, l’humble héros a refusé de tirer la couverture à lui après son coup d’éclat : "J’étais très en colère à cause du penalty."

Ses buts coulent en tout cas comme du Ketchup : un coup franc direct par-ci contre la Jordanie (3-1), l'ouverture du score contre le Cap-Vert (3-2 a.p.) par là et le but de l’égalisation contre l’Egypte (3-2) pour porter son total à huit en six matches.

Ce huitième de finale homérique l’a vu manquer un penalty, encore, puis renverser la table d’un centre millimétré pour Cristian Romero (2-1, 79e) et d’une demi-volée gagnante (83e, 2-2), avant la réalisation de la libération signée Enzo Fernandez (90e+ 2, 3-2).

Le héros de l’Argentine, porté en triomphe par ses amis, s’est vu si proche de la sortie qu’il s’est effondré en larmes, au coup de sifflet final.

"C’est digne de Hollywood", comme un scénario qui "n’arriverait jamais dans la vraie vie", résume Thierry Henry à l’antenne de Fox Sports. "Ce gars écrit l’histoire avec ses pieds, c’est irréel", insiste l’ancien attaquant français, qui a côtoyé la "pulga" (la puce) au Barça.

Certes, Messi ne court plus comme avant, mais il chasse en marchant, il guette la moindre fébrilité, scanne le terrain en quête d’une petite ouverture et il s’engouffre dedans en grand gourmand, vif comme l’éclair.

"Qu’il fasse ce qu’il veut sur le terrain", comme l’a sans détour rappelé son sélectionneur, Lionel Scaloni, interrogé sur la possibilité que Messi ne soit plus le tireur de penalty attitré après ses deux manqués.

Physiquement, le quasi-quadragénaire a semblé retrouver une seconde jeunesse durant cette sixième Coupe du monde personnelle. Il connaît parfaitement son corps, veille à ne pas faire de courses inutiles et il lui reste une énergie folle à chaque fin de match.

Dès lors, l’ancien international Joe Cole a été bien imprudent quand il a assuré que l’Angleterre, en demi-finale, allait "le mettre au tapis".

Car oui, Messi a surgi au bout d’un sommet suffocant pour réussir deux passes décisives pour Enzo Fernandez (85e) et Lautaro Martinez (90e+ 2, 2-1) et renverser des Three Lions aux griffes élimées.

Il n’a en revanche produit aucun moment magique ni décisif dans une finale dominée de la tête et des pieds par l’Espagne, à la défense redoutable, seulement prise à défaut une fois en huit matches.