Coupe du monde 2026. « Une émotion terrible ! » : à Mulhouse, le restaurateur Alejandro Ieraci vibre pour l’équipe argentine
« Il y a une émotion terrible à chaque match, c’est incroyable, on vit des moments de fou ! », s’exclame Alejandro Ieraci, les yeux pétillants. Depuis le début de cette Coupe de monde de football 2026, lui, son épouse Alexandra, gérante du restaurant mulhousien Sabor Argentina rue de l’Arsenal, leurs trois enfants et leurs proches vibrent au diapason des rendez-vous de l’équipe d’Argentine, le pays natal d’Alejandro. « On a l’impression d’être avec eux, il y a tellement de choses qu’ils nous font vivre ! »
Pour pouvoir regarder la demi-finale Angleterre-Argentine, mercredi 15 juillet, le couple avait exceptionnellement fermé son restaurant , où Alejandro, qui travaille chez un ascensoriste à Colmar, épaule sa femme dès que son emploi du temps le lui permet. Et quand l’Albiceleste a remporté le match 2-1 alors qu’elle était encore menée 1 à 0 à la 85 e minute, une explosion de joie a retenti dans la maison des Ieraci à Hirtzfelden, où une trentaine de supporters argentins étaient réunis.
Cette affiche sur un mur du restaurant des Ieraci rappelle que l’Argentine a accueilli la Coupe du monde de football 1978. Elle l’a gagnée. C’était une quinzaine de jours avant qu’Alejandro Ieraci, alors âgé de 9 ans, quitte son pays natal avec ses frères et leur mère pour rejoindre son père en France. Photo François Fuchs
Arrivé en France à 9 ans
Grand passionné de foot, Alejandro, 57 ans, est originaire de Morón, ville populaire de la banlieue ouest de Buenos Aires où il a vécu jusqu’à l’âge de 9 ans. « Là-bas, c’est vraiment le foot dans la rue », relate-t-il. Avec ses trois frères et leur mère, le jeune Argentin est arrivé en France à l’été 1978, « 15 jours après la victoire de la Coupe du monde [que l’Argentine a remportée 3-1 contre les Pays-Bas] ! », se remémore-t-il.
Son père, qu’ils venaient retrouver, était arrivé en éclaireur l’année d’avant, il avait trouvé du travail chez Peugeot et s’était installé à Ensisheim. « On était dans un quartier HLM avec plein de cultures différentes. Les premiers mois, je jouais au foot dans la rue. Pour se faire des copains et apprendre le français, c’était trop bien », raconte Alejandro.
Très vite, à 9 ans encore, il prend sa première licence en club, au FC Ensisheim. Là, puis à Hirtzfelden où il fondera son foyer avec Alexandra, il jouera au foot jusqu’à l’âge de 34 ans. « Et après, j’ai entraîné des jeunes, puis des adultes, jusqu’au démarrage de Sabor Argentina en 2021. »
Aux murs de Sabor Argentina, Alejandro Ieraci a aussi affiché la Une du quotidien sportif argentin « Olé » annonçant la victoire de l’Argentine à la Coupe du monde de football 2022. Photo François Fuchs
Ils seront une quarantaine pour la finale
Les trois enfants des deux restaurateurs ont hérité de la passion de leur père. Les deux fils jouent au foot et l’aîné a même « été à deux doigts de passer pro », relate le père. Les parents d’Alejandro, ses frères et leurs familles sont eux aussi pour la plupart fans de foot. Autant dire que les Coupes du monde représentent des temps forts - un euphémisme ! - dans la vie des Ieraci.
Pour ce cru 2026, « les premiers matchs, on les a regardés chez mes parents. Ma mère prépare toujours des petites tapas façon argentine. Et depuis le match contre la Suisse, on se réunit chez nous », précise Alejandro. Pour la finale Espagne-Argentine de ce dimanche soir, entre la famille et les amis, ils devraient être une bonne quarantaine. « J’ai une grande tonnelle professionnelle que je vais mettre à l’extérieur, on va être là-dedans. »
Sur cette étagère du restaurant d’Alexandra Ieraci, deux livres, des journaux et une boîte dédiés à une figure du football chère à son mari d’origine argentine : Diego Maradona. Photo François Fuchs
Après la victoire de l’Argentine lors de la Coupe du monde 2022, Alejandro a « du mal à croire » à un deuxième titre d’affilée, mais il l’espère évidemment de tout cœur, confie-t-il. En ajoutant : « Pas tellement pour moi mais pour Messi, parce qu’il le mérite tellement ! »