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Cora, le pointu sauvé des eaux suscite un élan de générosité sur le port d’Hyères

L’histoire de Cora remonte à 1946 et aurait pu s’arrêter en cet été 2026. Lundi 10 août, alors qu’il est à quai au port Saint-Pierre, une voie d’eau apparaît. « Avec ces fortes chaleurs, tout ce qui n’est pas dans l’eau s’écarte, explique Gilbert Chapuis, le propriétaire du pointu depuis 4 ans en montrant la fissure à l’arrière de la coque. Et ça a ouvert jusqu’en dessous de la ligne de flottaison. En deux minutes et demie, il s’est rempli d’eau et a coulé»

Sur le port et au sein de l’association Les Latines, qui met en valeur des gréements latins de la rade et du port d’Hyères, la scène crée une vive émotion.

Le pointu fait en effet partie de la poignée de navires patrimoniaux qui participent à tous les événements nautiques et, regroupés devant les terrasses des restaurants, donnent un certain cachet au port Saint-Pierre.

Gilbert Chapuis, propriétaire de Cora sait déjà comment il va réparer la coque. Remettre en état le circuit électrique et l’électronique sera plus long.
Gilbert Chapuis, propriétaire de Cora sait déjà comment il va réparer la coque. Remettre en état le circuit électrique et l’électronique sera plus long.
P.-H.C.

« C’est un pointu traditionnel construit à La Seyne en 1946 pour le compte du patron pêcheur Gilbert Chère et qui était amarré au port Pothuau, raconte avec passion Gilbert Chapuis. Cora mesure 7m80 de long sur 2m60 de bau » précise-t-il en expliquant qu’il était utilisé pour la pêche au gangui. « Il n’a jamais quitté la rade de Hyeres et les îles d’or, puisqu’en prenant sa retraite, le patron pêcheur a cédé le bateau à Claude Vénère, son ancien matelot qui est resté au Port Pothuau. Claude Vénère m’a ensuite cédé Cora contre la promesse de le restaurer et de lui rendre sa splendeur passée ».

Patrice Resch et Jean-Pierre Pirault, président de "La Partègue", dans l'atelier de l'association.	 Patrice Resch et Jean-Pierre Pirault, président de "La Partègue", dans l'atelier de l'association.

Une opération qui a nécessité plus de 1 000 heures de travail. Dans la foulée, le pointu est gréé avec une voile latine de 18 m2 de couleur brique et trouve sa place au quai mettant en avant le patrimoine maritime hyérois.

Solidarité sur le port

Autant dire que le voir au fond de l’eau a été un crève-cœur pour la communauté du port.

« Heureusement, il n’est resté dans l’eau que 12 heures, soupire Gilbert Chapuis.

Renfloué dès mardi matin, il est depuis sur la zone de carénage. « On a immédiatement démonté le démarreur et les injecteurs et on a purgé le circuit de gasoil. Le moteur est sauvé. Maintenant, il va falloir faire la réparation sur la voie d’eau, j’ai déjà préparé les membrures en acacia mais le gros du boulot, ça va être sur tout ce qui est électrique et électronique. Tout est foutu ! En tout, c’est une histoire à 7 000 euros. »

Cora fait partie des bateaux de l’association des Voiles latines
Cora fait partie des bateaux de l’association des Voiles latines
D.R.

Face à ce calcul, le marin apprécie de voir qu’une chaîne de solidarité s’est mise en place.

« Quand on a vu ce beau bâtiment sombrer, l’association des commerçants du port s’est dit qu’il fallait faire quelque chose et a immédiatement ouvert une cagnotte, confirme Olivier Calabro, vice-président de l’association. Les bateaux patrimoniaux sont importants pour la vie et l’attractivité du port. Sur le quai il y en a déjà une douzaine et à terme, une vingtaine sont prévus. Nous voulions montrer que nous sommes des partenaires de vie sur le quai et sur le plan d’eau. »

Ce mercredi, l’association a remis un chèque de 1 200 € au capitaine. Objectif désormais, remettre Cora à sa place à quai et entamer les réparations. « Si tout se passe bien, d’ici octobre, on devrait pouvoir naviguer à nouveau » espère Gilbert Chapuis.