Convoitées Malouines
Jusque-là, le président argentin Javier Milei n’avait jamais accordé de réelle importance à la revendication de ses compatriotes sur la souveraineté sur les îles Malouines. Il se fait aujourd’hui leur porte-voix… non sans quelques arrière-pensées.
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Rédacteur en chef de L'Est éclair et de Libération Champagne
Publié: 16 septembre 2026 à 23h40Temps de lecture: 2 min
Les Malouines, c’est cet archipel un peu perdu de l’Atlantique sud, dont la souveraineté est disputée depuis deux siècles par l’Argentine et le Royaume-Uni. En parler fait resurgir, chez les quinquagénaires et plus, le souvenir de la guerre éponyme, celle de 1982. Une guerre soldée en à peine deux mois par la victoire des troupes anglaises, et qui précipita la chute de la junte militaire argentine.
Quarante-quatre ans plus tard, la page n’a pas été tournée. Une majorité d’Argentins veut la souveraineté sur les îles, comme l’ont illustré les coéquipiers de Lionel Messi en brandissant une banderole « Les Malouines sont argentines » lors de la demi-finale du Mondial face à l’Angleterre le 15 juillet dernier. Un geste que Javier Milei qualifiait alors de « patriotisme bon marché ».
Moins de deux mois plus tard, le président argentin a effectué un virage à 180°. « Elles sont argentines, par l’histoire et le droit, c’est indiscutable », a-t-il lâché début septembre.
Étonnant ? Pas vraiment. En cause, il y a Sea Lion. Ce grand projet pétrolier offshore, le premier du genre aux Malouines, est soutenu par Londres… mais dénoncé par Buenos Aires, qui aimerait sa part du gâteau.
La nouvelle posture de Milei fait aussi suite à une sortie de son ami Donald Trump. Le 31 août, le locataire de la Maison-Blanche s’est dit prêt à revoir la position de neutralité, historique, des États-Unis concernant la souveraineté sur les Malouines. Un caillou placé dans la chaussure anglaise, en filigrane du manque de soutien britannique, selon lui, dans la guerre qu’il mène contre l’Iran.
Javier Milei, au plus bas dans les sondages à un an de la prochaine présidentielle, a donc saisi l’aubaine. Mais les Argentins ne sont pas dupes. 61 % d’entre eux voient dans son retournement de veste un simple calcul électoral. Ce qui s’appelle rater sa cible…
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