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Contrôlé positif aux stupéfiants au volant, sans permis valable, sans assurance et sans contrôle technique, l'addict au cannabis veut se reconstruire auprès des chevaux

l'essentiel Pour la huitième fois de sa vie, Gabriel comparaît devant un tribunal mardi 25 août 2026. Ce trentenaire, accro au cannabis depuis 17 ans, fumait jusqu'à six joints par jour. Il a été arrêté drogué, sans permis valable, sans assurance ni contrôle technique valable au volant de sa nouvelle voiture le 6 août 2026. Depuis les faits, le suspect jure avoir arrêté les stupéfiants et tente de se reconstruire en travaillant dans un centre équestre. Il a échappé in extremis à la prison. Sa peine ferme pourrait être aménagée en bracelet électronique à domicile.

"Je sais pourquoi je fume : je n'ai pas ma fille et j'ai retrouvé mon meilleur ami pendu." La phrase de Gabriel claque dans la salle d'audience du tribunal de Montauban (Tarn-et-Garonne), mardi 25 août 2026.

Elle raconte le parcours d'un homme brisé par le départ de son ex-compagne enceinte, le suicide d'un proche et son addiction à la drogue. "C'est peut-être une bonne raison pour aller voir un psy, non ?", tente la présidente d'audience, Ingrid Guillard, sous-entendant à la place des psychotropes.

L'oubli d'un clignotant fait tout basculer

Car le prévenu se présente pour la huitième fois devant des magistrats. Son attitude, au moment où il est appelé à la barre, trahit une certaine appréhension de la sanction. Par le passé, il a déjà écopé de plusieurs condamnations. La plus importante : douze mois de prison dont dix avec sursis probatoire, prononcée en septembre 2025 et qui lui a été notifiée le 6 août 2026, alors qu'il est en garde à vue. Les deux fois, pour la même raison : une conduite sous stupéfiants.

L'année passée, c'était à Châteauroux (Indre). Une ville qu'il a quittée pour s'éloigner de ce qu'il appelle de "mauvaises fréquentations". Il pensait s'en sortir loin de ses démons. Finalement, il replonge au cœur de l'été. Il est arrêté à Caussade pour l'oubli d'un clignotant alors qu'il va tourner. Il a toutes les peines du monde à se garer convenablement.

Cinq à six joints par jour depuis 17 ans

Il dit d'emblée aux gendarmes qu'il a consommé du cannabis. Il possède de l'herbe et de la résine dans l'accoudoir central du véhicule. Une habitude pour celui qui, jusqu'alors, fume entre cinq et six joints par jour depuis 17 ans. Un mal qui le ronge et détruit sa vie.

Il avoue aussi tout de suite qu'il ne dispose pas du permis de conduire, annulé en 2019 après avoir perdu tous ses points. Il ne l'a jamais repassé. Forcément, sa voiture, qu'il allait finir de payer à un particulier au moment où il s'est fait arrêter, n'est pas assurée. Elle n'est pas à jour du contrôle technique non plus. Tristement banal dans ce genre d'affaires.

Le centre équestre devient son refuge

Ce qui ne l'est pas, c'est son statut au moment de se présenter devant ses juges. Il apparaît libre à son audience de comparution à délai différé. Une clémence du juge des libertés et de la détention contraire aux réquisitions du parquet lors de son défèrement, trois semaines plus tôt.

Autre point d'espoir d'un futur meilleur : le soutien d'inconnus qui sont devenus des proches. Parmi eux, les propriétaires d'un centre équestre de Vaïssac. La gérante a fait le déplacement pour soutenir celui qui, après quelques semaines de bénévolat depuis mai, est désormais salarié de la structure. C'est là-bas, au milieu des chevaux et de 40 hectares de nature, qu'il veut se reconstruire.

Le parquet et la défense d'accord sur la peine mixte

C'est l'histoire soutenue par le conseil de Gabriel, Me Élodie Cipière. "Des moments difficiles l'ont poussé vers les stupéfiants. Il a essayé de s'apaiser l'esprit comme il pouvait. Malgré son allocation d'adulte handicapé (AAH), il a toujours voulu travailler, essayer de s'en sortir. Il a plus fait en quelques mois qu'en 17 ans de consommation de drogue", certifie l'avocate.

Dernière incongruité du dossier : Me Cipière tombe d'accord avec le parquet sur la peine à prononcer. Freddy Marta, substitut du procureur, souligne évidemment le parcours judiciaire du mis en cause. Appuie sur la dernière condamnation pour des faits strictement identiques. Mais veut que l'homme qu'il a en face soit strictement suivi.

Le juge d'application des peines devra trancher

Raison pour laquelle il sollicite un an de prison dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans, des obligations de soin, un stage de sensibilisation à la sécurité routière et l'obligation de repasser le permis de conduire. "Pour la partie ferme, je m'en remets à votre appréciation", conclut Freddy Marta.

Conclusion : Gabriel échappe - pour l'instant - à la prison. Les juges prononcent les réquisitions mais pas immédiatement l'aménagement sous bracelet électronique sollicité par son avocate. C'est le juge d'application des peines qui tranchera le 9 septembre. À Gabriel, désormais, de prouver qu'il méritait cette dernière chance.