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Contrôle des soutiens-gorge au Tour de France Femmes : 'Si on peut choisir entre un grand et un petit, ce serait stupide de choisir le petit' - RTBF Actus

Selon plusieurs études, la modification de morphologie au niveau de la poitrine peut procurer un gain aérodynamique lors d’efforts comme le contre-la-montre. Cette technique permettrait ainsi de réduire la résistance à l’air jusqu’à 3,6% avec un gain estimé à 0,78 secondes par kilomètre. Sur un chrono comme celui de ce mardi, la différence peut se chiffrer en une quinzaine de secondes.

Confrontée à ce genre de pratique lors du dernier Giro féminin, l’UCI a donc réagi en invitant les coureuses à se présenter dans une tente dédiée à ce contrôle dix minutes avant le départ de leur contre-la-montre à Gevrey-Chambertin.

"Je ne m’aventurerai pas à vous donner une fourchette de temps mais oui, il y a du temps à gagner avec ce genre de pratiques. C’est une certitude", reconnaît avec transparence Arthur Quillec, directeur de la performance de l’équipe Cofidis.

"Altérer la forme du buste, on sait que ça peut apporter un bénéfice. On le voit dans le triathlon longues distances notamment. C’est un sujet dont s’est emparé l’UCI récemment en interdisant l’altération de la forme du buste. C’est un sujet important pour l’équité", ajoute-t-il au micro d’Audrey Degrange.

Pour Sander Coordel, les contrôles sont donc indispensables. "A partir du moment où il y a un règlement, c’est indispensable de le faire respecter. Sinon il n’a pas de sens… mais c’est vrai que c’est touchy. C’est un sujet difficile pour l’UCI. On touche quand même à une forme d’intimité. Ce n’est pas évident", admet-il.

Les principales intéressées ont également réagi après l'arrivée du contre-la-montre, à commencer par notre Lotte Kopecky nationale. "Je pense qu'on en fait tout un plat. On exagère. C'est un sujet dont on parle depuis longtemps, même parmi les hommes qui utilisent les radios. Donc, si une femme aime porter un soutien-gorge push-up pour un contre-la-montre, je pense que ça devrait être autorisé. Mais bon, je ne pense pas que ce soit justifié. Enfin, vu le nombre d'abus que ça provoque…"

Lors d'un chrono, on avait demandé à une de mes équipières si elle avait quelque chose entre les seins

Marie Le Net de l'équipe FDJ - Suez partage également son expérience. "On nous a juste demandé, parce qu'on avait d'autres brassières qui pouvaient faire un peu plus push-up, mais personnellement, je n'ai eu aucun contrôle. Donc, non, rien de changeant par rapport à avant. En soi, tout le monde a des poitrines un peu différentes, donc c'est toujours un peu spécial. Mais si, j'ai en mémoire une de mes coéquipières qui m'a dit que déjà, avant un chrono, on lui avait demandé s'il y avait quelque chose entre les seins et c'était quand même assez délicat, venant d'un commissaire qui lui dit 'T'es sûre que t'as rien?' Vous n'allez pas aller regarder non plus? Donc en soi, ils peuvent nous faire confiance aussi. Après, je comprends qu'il y a toujours quelque chose à faire, mais en soi, moi personnellement, je n'ai rien du tout, donc il n'y a rien à faire."

Shari Bossuyt, la Belge de l'équipe AG Insurance n'a pas été contrôlée non plus. "On ne m'a fait aucun contrôle et je pense que personne n'a été inspectée. J'ai donc l'impression qu'on en a plus parlé qu'autre chose... Au final, je trouve ça un peu absurde."