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Consommation. Non, vos timbres-poste ne vont pas (tous) expirer au bout de six mois à partir de la rentrée

Jusqu'ici, les timbres étaient valables sans limite dans le temps. Il est même tout à fait possible d'expédier une lettre avec de vieux timbres en francs, voire en anciens francs - pour peu que le montant nécessaire à l'affranchissement soit le bon. Ainsi, pour envoyer une lettre verte au tarif actuel d'1,52 euro, vous pouvez orner votre enveloppe du timbre de 1959 consacré à Évian-les-Bains (85 anciens francs, soit 0,85 nouveau franc, soit 0,13 euro), d'un autre de 1992 sur les JO d'Albertville à 2,70 francs (0,41 euro), et de compléter par un troisième de 2014, dédié au Conseil de l'Europe, et affichant une valeur faciale de 0,98 euro.

Et cela est tout à fait légal - à quelques rares exceptions près, comme l'a rappelé le gouvernement à l'Assemblée nationale en 2020 : « Tous les timbres-poste français émis depuis 1849 restent valables pour l'affranchissement du courrier », à l'exception notamment de ceux à l'effigie de Philippe Pétain. Seule condition : respecter « les tarifs en vigueur », et donc faire l'appoint si nécessaire.

Des timbres périssables ?

La Poste a annoncé lundi ses nouveaux tarifs, valables à partir du 1er janvier 2027. Pour un courrier simple, nouveau coup de massue : le prix grimpe de 15 centimes, pour atteindre 1,67 euro. Autre nouveauté : certains timbres auront... une date de validité.

De quoi calmer les ardeurs des plus prévoyants, qui se constituaient un stock de timbres avant les hausses de tarif successives ? Non : comme leur nom l'indique, les timbres « à validité permanente » s'achètent au tarif en vigueur le jour de l'achat, et restent valables ensuite, sans limitation de durée. Et, surtout, sans besoin de compléter leur valeur. Si vous avez acheté des timbres « lettre verte » en 2021 à 1,08 euro pièce, ils resteront utilisables en 2027 pour affranchir vos envois, théoriquement à 1,67 euro. En revanche, pour les timbres « à valeur faciale » (qui affichent un montant), celle-ci sera à compléter à partir de janvier prochain afin d'atteindre 1,67 euros. À un timbre affichant 1,52 euro, il faudra donc adjoindre 15 centimes supplémentaires. 

Mais il y aura bien, aussi, des timbres périssables : ceux issus du service Mon Timbre en Ligne, imprimés à la maison. Concrètement, nous explique La Poste, « à compter du 16 septembre 2026 », ces timbres « seront valables six mois à compter de leur date d’achat [...] Cette évolution concerne uniquement Mon Timbre en Ligne, qui représente moins de 10 % des ventes de timbres. Elle répond aux usages observés sur ce service d’impression à la demande : les clients impriment uniquement le nombre de timbres dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. » Les vignettes déjà achetées avant le 16 septembre 2026 seront, elles valables jusqu'au 16 mars 2027.

Uniquement les vignettes imprimées chez soi

Autrement dit, via ce canal, les clients n'achètent pas de grandes quantités de timbres en vue de les utiliser plus tard : « 86 % des timbres achetés en ligne sont utilisés dans les six mois », nous précise La Poste. Le changement constituera donc un point d'attention seulement pour les 14 % restants. Vendus en ligne et imprimés chez soi, les timbres sont pourtant  légèrement moins chers : 1,49 euro contre 1,52 en bureau de poste (tarif lettre verte 2026). 

La Poste rappelle enfin que cette nouvelle « durée de validité » existe déjà pour « d’autres produits d’affranchissement achetés en ligne » : la vignette recommandée (30 jours), les étiquettes Colissimo (huit jours) ou le timbre numérique (huit jours). Et insiste : « Cette évolution ne concerne pas les timbres physiques, qui demeurent valables sans limitation de durée. » Si besoin, vous pourrez donc continuer à additionner vos vieux timbres en euro, en francs voire en anciens francs pour affranchir vos missives et autres cartes postales estivales - à condition de maîtriser les tables de conversion. 

Ce rarissime bloc de « un franc vermillon » dont un « tête-bêche » affiche une cote de 1,2 million d'euros. Photo Sipa/John Stillwell

Ce rarissime bloc de « un franc vermillon » dont un « tête-bêche » affiche une cote de 1,2 million d'euros. Photo Sipa/John Stillwell

Et en veillant à un dernier point : certains timbres peuvent atteindre des fortunes chez les collectionneurs. Ainsi, ces quatre vignettes « un franc vermillon » de 1849 sont légalement utilisables pour envoyer une carte postale - même s'ils représentent à eux quatre moins d'un centime d'euro d'affranchissement. Mais sur le marché, ils s'échangent contre plusieurs centaines de milliers d'euros...