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Conseil communal de Namur: Ecolo et PS pas tout à fait apaisés avec le futur mobilier du piétonnier

Une table de jeu d'échecs, une toise qui rappelle les échasseurs, une piste de sprint, un gouvernail… Le piétonnier namurois, dont les travaux d'extension ont repris il y a quelques jours, sera bientôt ponctué d'un mobilier urbain varié. "Ce sont des jalons importants pour apaiser le centre-ville", explique l'échevin des Voiries Pierre-Yves Dupuis (Les Engagés).

Apaiser, mais aussi soulager les finances communales: le coût de ces aménagements sera largement couvert par les fonds européens Feder, qui interviennent à hauteur de 90%, soit une enveloppe de plus d'un million€. C'est le fruit de deux législatures durant lesquelles six échevins ont bûché sur le dossier. Mardi soir, Pierre-Yves Dupuis a récolté les lauriers, mais aussi quelques critiques.

PS et Écolo saluent la volonté d'embellir le cœur de Namur, tout en formulant une série de réserves. Pour Écolo, le principal enjeu est celui de la pérennité. "Un équipement cassé, dégradé ou simplement mal entretenu produit exactement l'effet inverse de celui recherché", avertit la conseillère Patricia Grandchamps. Le parti demande que les futurs budgets prévoient les moyens humains et financiers nécessaires au nettoyage, à la surveillance et aux réparations, sans réduire ceux dévolus à la propreté des quartiers et des villages.

Écolo insiste aussi sur l'état des passages et galeries qui jalonnent les accès au centre-ville. Le passage Wérenne, le passage Saint-Joseph et le tunnel reliant la place de la Station au piétonnier restent, selon l'opposition, peu accueillants, voire sales ou donnant cette impression. "On ne peut pas s'arrêter aux portes des galeries et des passages", soutient Patricia Grandchamps. Le groupe demande un plan d'intervention associant travaux, nettoyage approfondi et entretien durable. "On ne peut pas investir dans l'embellissement du centre-ville et laisser ses principales portes d'entrée dans cet état."

La socialiste Gwenaëlle Grovonius évoque, quant à elle, une concertation trop limitée en amont. "C'est une occasion manquée d'avoir pu solliciter un plus grand nombre d'associations et de citoyens", estime-t-elle. Elle s'interroge sur la place accordée aux aînés, aux associations de personnes à mobilité réduite et aux commerçants. Les équipements ne risquent-ils pas de gêner certaines terrasses ? Seront-ils amovibles lors d'événements ?

"Rendez-vous dans quinze ans"

Pierre-Yves Dupuis assure partager les préoccupations formulées par les deux groupes d'opposition. "Il n'y a pas de projet parfait, mais on est arrivé à quelque chose de très, très bien. Il faudra être attentif." L'échevin rappelle que de nombreux comités de pilotage ont réuni habitants, commerçants, écoles, aînés, personnes à mobilité réduite, police et pompiers.

La bourgmestre Charlotte Bazelaire précise qu'une agence extérieure a été mandatée pour étudier la faisabilité des équipements et leur adaptation au contexte namurois. Leur implantation, leur sécurité et leur incidence sur la circulation ont été examinées. Les comités de pilotage restent actifs et les choix ne sont pas encore figés: le cahier des charges permettra de trancher, aussi en fonction des montants disponibles, afin de mobiliser les fonds Feder.

"Rendez-vous place de Québec dans quinze ans pour voir si ça a tenu ?" a conclu Patricia Grandchamps, en boutade.

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