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Connaissez-vous vraiment l’histoire de la fête de la Saint-Pierre, célébrée depuis près de quatre siècles à Six-Fours-les-Plages ?

L’histoire commence par une mère désespérée. Chaque premier dimanche d’août, les cloches de la Collégiale Saint-Pierre résonnent au sommet de la ville.

Pour beaucoup, cette célébration est un rendez-vous incontournable de l’été. Pourtant, peu connaissent l’histoire qui lui a donné naissance. Il faut remonter en 1655.

Une jeune veuve d’Ollioules gravit la colline avec son fils mordu par un chien atteint de la rage.

À une époque où cette maladie est presque toujours mortelle, elle n’a plus qu’un espoir : implorer saint Pierre, patron de la Collégiale. Selon la tradition, l’enfant est alors présenté aux clefs reliquaires conservées dans l’église.

Ces clefs, en or et en argent, renferment des fragments des chaînes attribuées à l’apôtre Pierre, premier pape de la chrétienté.

Contre toute attente, l’enfant guérit. Très vite, la nouvelle se répand dans toute la Provence. Des pèlerins affluent alors pour prier devant ces reliques devenues célèbres.

Des clefs disparues mais une tradition préservée

Le destin des précieuses reliques va pourtant basculer quelques décennies plus tard. Au cours de la Révolution française, comme de nombreux objets religieux, les clefs d’origine disparaissent.

Ont-elles été volées, fondues ou cachées pour échapper aux pillages ? Le mystère demeure encore aujourd’hui. La tradition, elle, ne s’est jamais éteinte.

Au XXe siècle, de nouvelles clefs sont réalisées afin de redonner vie à cette cérémonie séculaire.

Elles seront bénies par le pape Jean-Paul II, renouant symboliquement avec celles qui avaient fait la renommée de la Collégiale plusieurs siècles auparavant. Depuis, elles sont portées en procession chaque année lors de la fête de la Saint-Pierre.

Les chevaliers seront encore les rois de la fête durant ces trois soirées inscrites en 1392.

Une promesse qui traverse les siècles

En remerciement de cette guérison, la famille aurait fait le vœu d’honorer saint Pierre chaque année.

Près de quatre siècles plus tard, cette promesse continue de réunir les fidèles au sommet de la ville. Alors que pendant ce temps, la commune s’est profondément transformée.

L’ancien village perché a été abandonné à la fin du XIXe siècle lors de la construction du fort militaire et les habitants se sont progressivement installés dans la plaine.

Restée debout, la Collégiale, classée Monument historique dès 1840, demeure aujourd’hui le dernier grand témoin de ce village d’origine et continue de veiller sur la rade de Toulon.

Une bénédiction tournée vers tout un territoire

À l’issue de la messe, la procession conduit les fidèles jusqu’au parvis de la Collégiale.

Depuis ce promontoire, le recteur bénit traditionnellement les communes qui s’étendent au pied de la colline : Six-Fours-les-Plages, La Seyne-sur-Mer, Toulon et, selon la tradition, Sanary-sur-Mer.

Un geste hautement symbolique qui rappelle le rôle spirituel qu’a longtemps occupé la Collégiale, visible à des kilomètres à la ronde.

Au fil des décennies, la cérémonie s’est également enrichie d’une dimension patrimoniale.

Depuis les années 1960, les membres de Lou Raioulet accompagnent la célébration en costumes provençaux.

Chants, galoubets, tambourins et procession contribuent à faire revivre les traditions locales, donnant à cette fête un caractère à la fois religieux, historique et culturel.

À ne pas manquer pour ceux qui souhaitent découvrir l’une des plus anciennes pages encore vivantes de l’histoire locale.

Rendez-vous ce dimanche

La messe solennelle sera célébrée à 10 h, avant la bénédiction sur le parvis et un apéritif offert par la municipalité.

En raison des conditions d’accès au site, la montée jusqu’à la Collégiale s’effectuera exclusivement par navettes.

Les inscriptions, organisées par la Ville et la paroisse, sont à effectuer au préalable au 04.94.34.93.10 ou au 04.94.34.93.11