Conflit. Guerre au Moyen-Orient : un deuxième front en mer Rouge
Les États-Unis semblent hésiter sur la suite à donner à la guerre au Moyen-Orient. Après 13 nuits consécutives de frappes contre l’Iran, l’armée américaine n’a lancé aucune attaque dans la nuit de vendredi à samedi, pour la première fois depuis la fin du cessez-le-feu le 7 juillet.
Donald Trump a réuni ses conseillers vendredi pour envisager une éventuelle escalade militaire, afin de tirer les conséquences de l’impasse du protocole d’accord qui était censé ramener les États-Unis et l’Iran à la table des négociations. Le président américain est en difficulté, alors qu’il n’a pas obtenu la fin du programme nucléaire iranien, ni la chute du régime, renforcé par cette guerre qui lui permet d’exercer un contrôle sur le détroit d’Ormuz.
La situation au Moyen-Orient est rendue encore plus complexe avec la menace de l’ouverture d’un nouveau front en mer Rouge. Après avoir annoncé un blocus des ports d’Arabie saoudite, les rebelles houthis du Yémen ont lancé des attaques contre des pétroliers saoudiens et des installations pétrolières en mer Rouge. L’Arabie saoudite a riposté en frappant des installations militaires à Hodeïda, un port yéménite contrôlé par les Houthis.
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Un coup dur pour l’Arabie saoudite
Les rebelles qui se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa et d’une grande partie du Yémen s’étaient jusqu’ici prudemment tenus à l’écart du conflit au Moyen-Orient. Ces alliés chiites de l’Iran menacent désormais de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, un des deux débouchés de la mer Rouge avec le canal de Suez. Plusieurs navires ont rebroussé chemin depuis les frappes de ces derniers jours.
C’est un coup dur pour l’Arabie saoudite qui contournait le blocus du détroit d’Ormuz en réacheminant une partie de ses exportations de pétrole vers les ports de la mer Rouge grâce à un oléoduc reliant le Golfe persique à la côte ouest du pays. Les navires pétroliers franchissaient le détroit de Bab el-Mandeb et gagnaient l’Océan indien en passant au large des côtes du Yémen, tant que les Houthis laissaient faire.
En 2024, les rebelles houthis qui contrôlent une grande partie du Yémen avaient déjà déstabilisé le commerce maritime mondial en attaquant des navires marchands en mer Rouge. Photo Sipa/ Eunavfor
Un précédent lors de la guerre à Gaza
L’extension du conflit à la mer Rouge où transite 12 % du trafic maritime mondial accentue la pression sur les cours du pétrole. Depuis les attaques des Houthis, le prix du baril est repassé au-dessus de 100 dollars, son niveau le plus élevé depuis la fin mai. Près d’un quart de l’approvisionnement mondial en pétrole est désormais menacé si les deux détroits sont bloqués en même temps.
De 2023 à 2025, les Houthis avaient déjà déstabilisé le commerce international en s’attaquant à des navires marchands accusés d’être liés à Israël, en riposte à la guerre à Gaza. Les États-Unis et plusieurs pays avaient bombardé le Yémen, avant un cessez-le-feu en mai 2025 qui menace désormais de voler en éclats.
La reprise des frappes en mer Rouge ravive aussi la guerre entre l’Arabie saoudite, à la tête d’une coalition, et les rebelles houthis du Yémen qui a fait plus de 350 000 morts en sept ans selon l’ONU. Une trêve avait été conclue en 2022 sur fond de réchauffement des relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite après une médiation chinoise. La guerre en Iran décidée par Donald Trump a tout remis en question.