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Comment un perroquet infirme est devenu le mâle alpha de son clan

Au sommaire de "la planète des sciences" cette semaine : un perroquet infirme devenu le mâle alpha de son clan, 6 000 km3 de magma découverts dans le sous-sol de la Toscane et et les dimensions de Jupiter revues à la baisse...

Comment un perroquet handicapé est devenu le mâle dominant de son groupe

Il se nomme Bruce, c’est un perroquet kéa, une espèce en voie de disparition qui vit dans les montagnes de Nouvelle-Zélande. Quand il a été recueilli dans une réserve naturelle de l’île, il y a 12 ans, il présentait une infirmité. Il lui manque la partie supérieure du bec. Mais cela n’a pas empêché Bruce de s’épanouir et de s’imposer parmi ses congénères.

Les analyses physiologiques indiquent qu’il présente les taux d’hormones de stress les plus faibles du groupe. Les autres mâles perroquets, tous valides, le laissent manger en premier et adoptent à son égard d’autres comportements de soumission. Bref, cet oiseau handicapé est devenu le mâle alpha incontesté du groupe.

Comment a-t-il fait pour prendre l’ascendant sur les autres ? Les chercheurs qui l’ont observé l’ont vu se battre 36 fois avec d’autres mâles et à chaque fois Bruce a remporté le combat. Les scientifiques avaient déjà remarqué que ce perroquet faisait preuve d’une intelligence exceptionnelle pour pallier son handicap, en utilisant par exemple des outils pour se nourrir. De la même manière, pour affronter ses rivaux, l’oiseau a développé ses propres techniques de combat. Il charge en étendant son cou, bec inférieur en avant. Et alors que les autres mâles concentrent leurs attaques sur le cou de leurs adversaires, lui frappe sur toutes les parties de leur corps.

On avait déjà vu des singes invalides devenir dominants mais c’était en nouant des alliances. Dans le cas de ce perroquet, c’est le handicap qui a conduit l’animal à innover et qui est devenu un atout. Parfois les études scientifiques prennent des allures de fables.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans Current BiologyOuverture dans un nouvel onglet

Sous les paisibles paysages de la Toscane se cachent 6 000 km3 de magma

Les chercheurs savaient que cette région de l’Italie était active en termes de géothermie, mais ils étaient loin de se douter qu’elle abritait sous ses paisibles paysages, 6 000 kilomètres cubes de magma. Cet immense réservoir de roche fondue se situe entre 8 et 15 kilomètres de profondeur. Son volume est comparable à celui du supervolcan de Yellowstone aux États-Unis. Mais en Toscane, contrairement au parc de Yellowstone, on n’observe pas en surface de dépôts éruptifs, de cratères ou encore d’émissions de gaz. C’est pourquoi le super-réservoir de magma tapi dans les entrailles de la région italienne était passé inaperçu jusqu’à présent.

Pour le découvrir, une équipe de chercheurs italo-suisse a employé une technique d’imagerie qui utilise les vibrations sonores générées par l’environnement (les vagues, le vent mais aussi les activités humaines). La façon dont ces ondes se propagent dans le sol dépend du milieu qu’elles traversent. En les enregistrant, les scientifiques ont pu déduire la présence de magma et même reconstituer l’image de ce réservoir, un peu comme s’ils avaient fait une échographie des profondeurs.

Et si vous aviez prévu de passer vos prochaines vacances en Toscane, n’annulez pas. Ce réservoir de magma donnera peut-être un jour naissance à un supervolcan mais ce ne sera pas avant plusieurs millions d’années.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans Communications earth & environmentOuverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel onglet et un communiqué de l'université de GenèveOuverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel onglet

Jupiter est plus petite que ce que l’on pensait

Elle reste la plus grande planète de notre système solaire mais les chercheurs ont affiné leurs mesures grâce à des données recueillies par la sonde spatiale Juno. Jupiter étant une planète gazeuse, ses contours ne sont pas nets. A sa frontière avec l’espace la pression du gaz qui la compose diminue progressivement. On situe arbitrairement la limite de la planète au niveau où la pression atteint 1 bar soit la pression atmosphérique terrestre au niveau de la mer.

Selon les nouvelles mesures, Jupiter est plus petite et plus aplatie aux pôles que ce que l’on croyait. Son rayon moyen a perdu 8 kilomètres. Il ne fait plus que 69 886 kilomètres. Ça ne va pas empêcher la Terre de tourner, mais comme le disent les auteurs de cette étude : « Il va falloir mettre à jour les manuels scolaires ».

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans Nature astronomyOuverture dans un nouvel onglet